Le Saint Injil de Jésus le Messie

(L’EVANGILE)

commenté par R.S. Abd-al-Haqq

avec nombreuses références au Coran pour faciliter l’étude de l'injil aux lecteurs et lectrices d’origine musulmane (Les commentaires sont en italiques)

En fin de l'Injil :

Index des versets de la Bible et du Coran mentionnés

Index alphabétique des notes

L’INJIL DE JESUS LE MESSIE
RAPPORTÉ PAR YAHIA
.
Un des apôtres de Jésus le Messie ('Isa al Masih)





Dis aux hommes des Écritures: Vous ne vous appuierez sur rien de solide, tant que vous n'observerez pas le Pentateuque, l'Évangile, et ce que votre Seigneur a fait descendre d'en haut... Coran, Al-Maidah (5.68)

 

 

L’EVANGILE DE JESUS-CHRIST SELON SAINT JEAN
I II III IV V VI VII VIII IX X XI XII XIII XIV XV XVI XVII XVIII XIX XX XXI
Annexes (index des citations)

 

 

Vous sondez les Ecritures, - dit Jésus - parce que vous pensez avoir en elles la vie éternelle: ce sont elles qui rendent témoignage de moi. (Jean 5:39)

 

INJIL

Le mot "évangile", tout comme le mot arabe : "Injil", viennent du mot grec "euangelion", qui signifie: Bonne Nouvelle. Les Evangiles font partie des 27 livres du Nouveau Testament et qui nous sont parvenus en grec. En parlant de l’Evangile, le Nouveau Testament lui donne les qualificatifs suivants : "l’Evangile de Jésus-Christ" (9 fois),"l’Evangile de Dieu" (8 fois), "l’Evangile de la gloire de Christ, qui est l'image de Dieu" (2 Corinthiens 4:4), "l’Evangile de votre salut" (Ephésiens 1:13), "l’Evangile de paix" (Ephésiens 6:15), "l’ Evangile de la gloire du Dieu bienheureux" (1 Timothée 1:11), "la Parole vivante et permanente de Dieu" (1Pierre 1:23) "l’Evangile éternel" (Apocalypse 14:6). En plus de 40 endroits, le Nouveau Testament appelle l’évangile "Parole de Dieu" ou "Parole du Seigneur". L’Evangile vient donc de Dieu et est destiné à apporter aux humains le salut, c’est-à-dire la réconciliation avec Dieu et la paix avec lui. Mais l’apôtre Paul met ses lecteurs en garde contre toute altération du texte sacré : "Mais, quand nous-mêmes, quand un ange du ciel annoncerait un autre Evangile que celui que nous vous avons prêché, qu'il soit anathème!" ( Galates 1:8). "Je vous rappelle, frères, l'Evangile que je vous ai annoncé,... et par lequel vous êtes sauvés, si vous le retenez tel que je vous l'ai annoncé; autrement, vous auriez cru en vain" (1 Corinthiens 15: 1-2). Le même apôtre déclare qu’il ne falsifie, ni n’altère la parole de Dieu (2 Corinthiens 2 :17 ; 4 :2). Et Jude déclare que la foi a été transmise aux saints (c’est-à-dire aux croyants) une fois pour toutes (Jude 3). C’est pourquoi, le texte que nous avons sous nos yeux est complet et non altéré.

Le Coran reproche à des juifs d’avoir altéré le Livre en le récitant et en le communiquant (Al-Baqara, 2.75 ; Al-Imran, 3.78), d’en avoir caché une partie (Al-Anam, 6.91) ou d’en avoir altéré le sens (An-Nisaa, 4.46 ; Al-Maidah, 5.13 et 41). Mais jamais le Coran ne parle d’altération des manuscrits ! Au contraire, il affirme l’inaltérabilité de la Parole de Dieu en plusieurs endroits (Al-Maidah, 5.48 ; Al-Anam, 6.34 et 115 ; Yunus,10.64; Al-Hijr,15.9 ; Al-Kahf,18.27 ; Al-Fath, 48.23).

Le Coran parle en onze endroits de l’Evangile et reconnaît qu’ il vient de Dieu (Al-Imran, 3.3, 48, 65 ; An-Nisaa, 4.110 ; Al-Hadid,57.27), qu’ il est "une direction et une lumière" (Al-Maidah, 5.46) . Ibn Ishaq, dans la "Sirat Rasoulallah" mentionne l’apôtre Jean et son évangile. Comme nous l’avons indiqué en exergue le Coran recommande de s’appuyer sur le Pentateuque et l’Evangile : " Dis aux hommes des Écritures: Vous ne vous appuierez sur rien de solide, tant que vous n'observerez pas le Pentateuque, l'Évangile, et ce que votre Seigneur a fait descendre d'en haut..." (Al-Maidah, 5.68 ; voir aussi Al-Baqara, 2.136).

Que l’Evangile que vous avez sous les yeux devienne pour vous, chère lectrice et cher lecteur, la direction et la lumière venant de Dieu, pour votre salut éternel.

Remarque importante : Nous avons utilisé, pour la Bible, la traduction Segond, 1910 et pour le Coran, la traduction de Kasimirski 1891. Pour ne pas alourdir le présent ouvrage, il n’a pas été possible de citer "in extenso" tous les textes bibliques et coraniques mentionnés dans les commentaires. Nous invitons donc nos lecteurs à se procurer une Bible et un Coran, afin d’y trouver "in extenso" tous les textes indiqués. En cas de difficulté à trouver la Bible, veuillez consulter le site internet suivant: http://www.info-bible.org

 

Injil - Chapitre I

I.1 Au commencement était la Parole (ou le Verbe, en grec : le logos), et le logos était avec Dieu, et le logos était Dieu.

I.2 Il était au commencement avec Dieu.

1.2: Dès le début de son Evangile, Jean souligne la nature divine du logos, c’est-à-dire de Jésus-Christ. Le Coran, lui aussi qualifie Jésus de "Verbe d’Allah (kalimatullah)". Les anges dirent à Marie : "Allah t'annonce son Verbe (bikalimatin minhu). Il se nommera le Messie, Jésus fils de Marie..."(Al-Imran,3.45) ; Jésus est appelé le "Verbe émané d’Allah"(bikalimatin mina Allahi) en Al-Imran,3.39. Et en An-Nisaa,4.171, il est encore qualifié de "rasoolu Allahi wakalimatuhu (prophète d’Allah et sa parole) jetée en Marie". Le Coran ne dit pas de Jésus qu’il est "une" parole d’Allah, mais qu’il est "sa" parole jetée en Marie. La Parole ou Verbe (kalima) ne peut désigner que deux choses : elle est, soit une prérogative intrinsèque à Dieu, soit une faculté extrinsèque . Si l’on admet qu’il s’agit d’une faculté extrinsèque, alors le texte coranique signifierait qu’Allah a "jeté" cette faculté en Marie : il se serait alors amputé d’une de ses facultés, ce qui est inconcevable, puisque Dieu ne saurait être privé d’une de ses facultés. Mais si "kalima" désigne une faculté intrinsèque, cela signifie qu’elle fait partie de l’essence divine, et cela de toute éternité. Alors le texte coranique signifie que la Parole éternelle s’est incarnée, ce qui rejoint la doctrine chrétienne.

Pour comprendre la relation qui unit la Parole à Dieu, il faut se souvenir que Dieu a la capacité d’écouter (Al-Baqara,2.127) et d’aimer (Al-Baqara,2.195). En raison de son immuabilité (Al-Ahzab 33.62), la capacité d’écouter et d’aimer sont éternelles. Avant la création des djinns, des anges et des hommes, de qui Dieu était-il à l’écoute? Qui aima-t-il de toute éternité?

En répondant que Dieu n’avait personne à écouter et à aimer avant la création, on soutient qu’il lui manquait quelque chose. Mais, s’il lui manque quelque chose, il n’est plus ni parfait, ni indépendant, donc pas Dieu. Ce n’est que dans la mesure où il a un vis-à-vis qu’il peut aimer et avec lequel il peut dialoguer de toute éternité qu’il est un Dieu parfait et indépendant. La personne qui est le vis-à-vis éternel est le" logos" (la Parole ou le Verbe), appelé encore "Fils". L’évangile selon Jean proclame que le "Père aime le fils" (Jean 3:35, Jean 5:20) et cela même avant la fondation du monde (Jean 17:24) et que le Fils lui-aussi "aime le Père"(Jean 14:31). Le mot "fils" (en grec : uios) est la traduction du mot hébreu "ben" ou du mot araméen "bar". Ces mots indiquent non seulement la filiation, mais aussi l’origine, l’appartenance, l’ essence, la nature. [On trouve ainsi le mot "fils" dans les expressions suivantes : "fils du tonnerre" (Marc 3:17), "fils de la géhenne" (Matthieu 23.15), "fils de la rébellion" (Ephésiens 2.2 ; 5.6 ; Colossiens 3.6 ), "fils de la perdition" (2 Thessaloniciens 2.3) ].

L’expression "fils de Dieu" signifie donc que le "logos" appartient à Dieu, qu’il en a l’essence et la nature. Elle est employée pour dire que le Père et Fils sont d’essence divine, et non qu’il y a antériorité temporelle, car la qualité de Père n’existe qu’à partir du moment où il y a un Fils. Le Père et le Fils sont donc synchrones et ne constituent pas deux divinités, mais deux personnes dans un seul et même Dieu. Le véhicule de cet amour , le trait-d’union entre Père et Fils est l’Esprit-Saint, la troisième personne de la Trinité (mieux: la Tri-unité) divine.

Le mot "fils", dans la Bible, ne correspond pas au terme arabe "walad", mais à "ibn" . C’est ce dernier terme qu’ utilise le Coran pour parler du fils de Marie: "ibni Maryama" (Al-Maidah,5.46 ; Al-Hadid,57.27), "ibnu maryama qawla alhaqq" (fils de Marie, parole de vérité (Maryam,19.34). Et lorsque le Coran annonce à Marie la venue d’un enfant sage et pur (Maryam,19.19 ; As-Saffat, 37.101 ; Az-Zariyat, 51.28) , il utilise le terme de "ghoulâm". Le Coran affirme en maints endroits que Dieu n’a pas de "walad", mais ne déclare nulle part que Dieu n’a pas de "ibn". Le mot "ibn" peut, en effet, aussi s’entendre figurativement, comme dans l’expression : "ibn as-sabil"( le voyageur, littéralement le "fils du chemin"), que l’on trouve plusieurs fois dans le Coran (Al-Baqara, 2.177 et 215; An-Nisaa, 4.36 ; Al-Anfal, 8.41 ; Al-Tauba, 9.60 ; Al-Isra, 17.26 ; Ar-Rum; 30.38 ;Al-Hashr, 59.7). Dans un seul endroit , le Coran utilise, à propos de Jésus, l’expression "ibnou Allahi": "Les juifs disent: Ozaïr est fils d'Allah (ibnou Allahi) . Les chrétiens disent : Le Messie est fils d'Allah (ibnou Allahi)..."(At-Tauba, 9.30). Bien que le Coran qualifie ces affirmations d’illusoires, il n’ajoute pas: Dieu n’a pas de "ibn" , alors que dans les passages où est utilisée le mot "walad" , le Coran précise régulièrement qu’Allah ne saurait avoir de "walad", car "walad" signifie progéniture, plutôt que fils ( Al-Baqara, 2.116 ; Al-Anam, 6.101;Yunus,10.68; Al-Isra,17.111; Al-Kahf, 18.4 ; Maryam,19.35, 88, Az-Zumar, 39.4).

En fait, la Trinité que le Coran réfute est constituée d’Allah, de Marie et de Jésus : " Allah dit alors à Jésus: As-tu jamais dit aux hommes: Prenez pour dieux moi et ma mère, à côté d'Allah unique? - Par ta gloire! non. Comment aurais-je pu dire ce qui n'est pas vrai? Si je l'avais dit, ne le saurais-tu pas? Tu sais ce qui est au fond de mon âme, et moi j'ignore ce qui est au fond de la tienne, car toi seul connais les secrets" (Al-Maidah,5.116; voir aussi An-Nisaa,4.171). Cette trinité ne correspond pas à celle de la Bible, qui proclame en maints endroits qu’il n’y a qu’ un seul Dieu (Malachie 2:10 ; Romains 3:30 ; 1 Corinthiens 8:4 et 6 ; Ephésiens 4:6 ; 1 Timothée 2:5 ; Jacques 2:19). Mais ce Dieu unique est constitué du Père, du logos ou Fils et du Saint-Esprit.

La filialité divine de Jésus est déjà affirmée dans l’Ancien Testament (Psaume 2:12 ; Proverbes 30 :4 ; Esaïe 9 :5) . Elle est confirmée dans plus de 50 passages du Nouveau Testament : Jésus y est même qualifié de "Dieu" pas seulement en Jean 1:1, mais encore en Jean 20 :28 ; Actes 20 :28 ; Romains 9:5 ;

2 Corinthiens 4:4 ; Philippiens 2 :6 ; Colossiens 1 :15 ; Hébreux 1:8-9 ; 1 Jean 5:20). "Car Dieu était en Christ, réconciliant le monde avec lui-même..." (2 Corinthiens 5:19)."Car en lui (en Jésus-Christ) habite corporellement toute la plénitude de la divinité" (Colossiens 2:9)."Je suis dans le Père - affirme Jésus - et le Père est en moi" (Jean 14:10, 11 ; Jean 10:38)."Moi et le Père, nous sommes un" (Jean 10:30 ; 17:22). "Celui qui m’a vu a vu le Père" (Jean 14:9)(voir aussi 14.28).

I.3 Toutes choses ont été faites par lui, et rien de ce qui a été fait n'a été fait sans lui.

1. 3 : Les premiers mots de la Bible (de la Torah ou Taurat) parlent de la Création en ces termes : "Au commencement Dieu (Elohîm) créa" (Genèse 1:1). Le mot utilisé pour désigner Dieu est "Elohîm", pluriel d’ "Eloah". Or le mot"Elohîm"régit ici, et en d’autres endroits, le singulier. Dans le récit de la Genèse, Dieu utilise souvent le pronom : "nous". Il en est de même dans le Coran, où ce pronom "nous", appliqué à Allah se trouve plus de 2000 fois. On a voulu voir en ce "nous" un "pluriel de majesté". Mais aucun des rois juifs ou païens, des prophètes, des chefs religieux, des chefs de clan n’a utilisé de pluriel de majesté , ni sous l’Ancienne, ni sous la Nouvelle Alliance. Il faut donc voir dans ce pluriel l’indice d’une pluripersonnalité au sein d’une essence divine unique. Malachie, qui exerça son ministère prophétique vers 440-430 avant J.-C., proclama : "N'avons-nous pas tous un seul père? N'est-ce pas un seul Dieu qui nous a créés?" (Malachie 2:10). Et l’Eternel déclare : " Moi, l'Eternel, j'ai fait toutes choses, seul j'ai déployé les cieux, seul j'ai étendu la terre" (Esaïe [740-680 av. J.-C.] 44:24). Mais l’Evangile de Jean précise, tout comme les épîtres aux Colossiens 1:16 et aux Hébreux 1:2, que c’est la parole qui a tout créé, ce que déclarait déjà le psalmiste :"Les cieux ont été faits par la parole de l'Eternel, et toute leur armée par le souffle (en hébreu : Rouakh = Esprit) de sa bouche"( Psaume 33 : 6). L’intervention de l’Esprit de Dieu dans la création est aussi soulignée par Job : " L'esprit de Dieu m'a créé, et le souffle du Tout-Puissant m'anime" (Job 33:4).

Or, Ecclésiaste 12 :1 (3) dit : "Souviens-toi de ton créateur (littéralement : des créateurs de toi) pendant les jours de ta jeunesse". Au Psaume 149:2, il est aussi question de "ceux qui ont créé Israël".

En l’Eternel, qui est le seul créateur, cohabitent trois personnes co-actives et en parfaite connivence: le Père, la Parole (logos) ou Fils, et l’Esprit.

Pour le Coran, le Créateur (al-Khâliq) est Allah. Le verbe créer (khalaqa) a, dans le Coran, pour sujet uniquement Allah, sauf en Al-Imran,3.49 où il a pour sujet Jésus qui dit :"Je formerai (littéralement : je créerai, [akhlouhou] ) de boue la figure d'un oiseau, je soufflerai sur lui, et par la permission d'Allah l'oiseau sera vivant...". Jésus, pour le Coran, est le seul - en dehors d’Allah - à avoir le pouvoir créateur.

I.4 En elle était la vie, et la vie était la lumière des hommes.

I.5 La lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l'ont point reçue.

1.5 : Jésus lui-même confirme être la lumière : " Je suis la lumière du monde; celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie" ( Jean 8:12). Nous avons déjà vu dans la note 1.0 que le Coran appelle l’Evangile une "lumière (nouroun)". Et il accorde ce même qualificatif au Pentateuque (Al-Maidah,5.44, 46).

I.6 Il y eut un homme envoyé de Dieu: son nom était Jean.(Yahia, dans le Coran; il ne s’agit pas de l’apôtre Jean, l’auteur de cet évangile, mais de Jean-Baptiste) (voir 13.23 ; 19.27 ; 21.25).

I.7 Il vint pour servir de témoin, pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous crussent par lui.

I.8 Il n'était pas la lumière, mais il parut pour rendre témoignage à la lumière.

1.8 : La venue de Jean-Baptiste (Yahia) avait été prophétisée par le prophète Esaïe[740-680 av. J.-C.] en Esaïe 40 :3. Jésus dit de Jean-Baptiste qu’il était "plus qu'un prophète" (Matthieu 11:9). "Je vous le dis en vérité, parmi ceux qui sont nés de femmes, il n'en a point paru de plus grand que Jean-Baptiste" ( Matthieu 11:11). Avant la naissance de Jean-Baptiste, son père, Zacharie, selon le Coran, fut interpellé par des anges qui lui dirent : "Allah t'annonce la naissance de Jean, qui confirmera la vérité du Verbe d'Allah (bikalimatin mina Allah) ; il sera grand, chaste, un prophète du nombre des justes" (Al-Imran,3.39). Il est encore question de Yahia dans le Coran en Al-Anam,6.85 ; Maryam,19.7 ; An-Anbiyaa, 21.90. A sa naissance, selon l’évangile, son père, Zacharie prophétisa en ces termes : " Béni soit le Seigneur, le Dieu d'Israël, de ce qu'il a visité et racheté son peuple,/ et nous a suscité un puissant Sauveur dans la maison de David, son serviteur,/ comme il l'avait annoncé par la bouche de ses saints prophètes des temps anciens, / ...Et toi (Yahia), petit enfant, tu seras appelé prophète du Très-Haut; car tu marcheras devant la face du Seigneur, pour préparer ses voies,/ afin de donner à son peuple la connaissance du salut par le pardon de ses péchés,/ grâce aux entrailles de la miséricorde de notre Dieu, en vertu de laquelle le soleil levant nous a visités d'en haut,/ pour éclairer ceux qui sont assis dans les ténèbres et dans l'ombre de la mort, pour diriger nos pas dans le chemin de la paix" (Luc 1:68-79).

I.9 Cette lumière était la véritable lumière, qui, en venant dans le monde, éclaire tout homme.

I.10 Elle était dans le monde, et le monde a été fait par elle, et le monde ne l'a point connue (voir note 1.3).

I.11 Elle est venue chez les siens, et les siens ne l'ont point reçue.

I.12 Mais à tous ceux qui l'ont reçue,
à ceux qui croient en son nom, elle a donné le pouvoir
de devenir enfants de Dieu
(voir note 3.16),

I.13 (12) lesquels sont nés, (13) non du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l'homme, mais de Dieu.

1.13 : La mission de Jésus est clairement définie dès le début de l’Evangile : éclairer tout homme, afin qu’il croit en lui et devienne ainsi un "enfant de Dieu". Cette adoption ne résulte pas de la volonté de l’homme, mais d’une initiative divine. Cependant, elle nécessite le consentement de l’Homme. Dieu laisse l’Homme libre de choisir , d’être sauvé ou de ne pas être sauvé. Nous exhortons nos lecteurs à accepter, par la foi, le salut que Dieu leur offre en Jésus-Christ, mort pour nos péchés (Romains 6:10).

I.14 Et la Parole (le Logos) a été faite chair (c’est ce qu’on appelle : l’incarnation de la Parole), et elle a habité parmi nous, pleine de grâce et de vérité; et nous avons contemplé sa gloire, une gloire comme la gloire du Fils unique venu du Père.

1.14 : Le Coran confère à Jésus des qualités et des pouvoirs attribués à nul autre mortel : il le qualifie de Verbe de Dieu (kalimatullah) (Al-Imran, 3.39), d’ esprit (roûhoun) émanant d’ Allah (an-Nisaa,4.171), qui est fortifié par l’Esprit de sainteté (bi-rouhi al-quoduosi) (Al-Baqara,2.253), qui est juste, sans péché (Al-Imran, 3.39), qui est illustre en ce monde et dans l’autre, un proche de Dieu (Al-Imran, 3.45), capable de guérir le lépreux et l’aveugle, de ressusciter les morts, d’opérer des miracles (Al-Maidah,5.110, 112, 114), qui est une "miséricorde (rahmatan)" de Dieu (Maryam,19.21), qui a été élevé au ciel (An-Nisaa,4.158), qui reviendra du ciel pour inaugurer les Temps de la Fin (Az-Zukhruf,43.61), et, selon la Sunna, il anéantira l’Antichrist.

La Parole est qualifiée ici par Jean de "pleine de grâce (plèrès charitos)". Cette expression (plèrès charitos) est encore utilisée en Actes 6.8 où elle est appliquée au martyr Etienne. Elle est quelquefois utilisée, abusivement, pour qualifier Marie, la mère de Jésus. En fait, l’ange salua Marie en ces termes : " Je te salue, toi à qui une grâce a été faite (kécharitôménè ) (Luc 1:28).

I.15 Jean (voir note 1.8) lui a rendu témoignage, et s'est écrié: C'est celui dont j'ai dit: Celui qui vient après moi m'a précédé, car il était avant moi.

1.15 : Jean affirme ici, une fois de plus, la préexistence de Jésus (voir Jean 10:1). Jésus lui-même affirme sa préexistence en plusieurs occasions : Jean 6:62 ; 8:58; 16:28 ; 17:5 ; 17:24). La préexistence de Jésus est encore attestée en Ephésiens 1:4 ; 1 Pierre 1:20 ; Apocalypse 13:8.

I.16 Et nous avons tous reçu de sa plénitude, et grâce pour grâce;

I.17 car la loi a été donnée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus-Christ.

1.17 : Moïse (Moosa) [1526-1406 av. J.-C. - selon certains exégètes], éduqué par la fille de Pharaon, eut la mission de libérer les juifs du joug égyptien et de les conduire au pays de Canaan (Nombres 13:17; Coran Al-Maidah,5.21 ; Al-Isra,17.104). Moïse fut aussi l’auteur du Pentateuque (ou Torah) (Exode 24:4 ; Nombres 33:2 ; Coran Al-Baqara,2.47 ; Al-Anam 6.154 ; Al-Muminun,23.49 ). C’est à Moïse que Dieu révéla Son Nom : "Dieu dit à Moïse: Je suis celui qui suis. Et il ajouta: C'est ainsi que tu répondras aux enfants d'Israël: Celui qui s'appelle "je suis" m'a envoyé vers vous. / Dieu dit encore à Moïse: Tu parleras ainsi aux enfants d'Israël: L'Eternel (en hébreu figure ici le tétragramme : YHWH , voir 1.17 ), le Dieu de vos pères, le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob, m'envoie vers vous. Voilà mon nom pour l'éternité, voilà mon nom de génération en génération" (Exode 3:14-15). Moïse annonça aussi la venue du Messie :"(Parole de l’Eternel): Je leur susciterai du milieu de leurs frères un prophète comme toi, je mettrai mes paroles dans sa bouche, et il leur dira tout ce que je lui commanderai. / Et si quelqu'un n'écoute pas mes paroles qu'il dira en mon nom, c'est moi qui lui en demanderai compte" (Deutéronome 18:18-19 ). Jésus se réfère sept fois à Moïse dans l’ évangile de Jean (3:14; 5:45 et 46 ; 6:32 ; 7.19, 22 et 23); il parle aussi du " livre de Moïse" en Marc 12:26. Le Coran mentionne Moïse (Moosa) 174 fois. "Nous avons donné le livre de la loi à Moïse, et nous l'avons fait suivre par d'autres envoyés; nous avons accordé à Jésus, fils de Marie, des signes manifestes et nous l'avons fortifié par l'esprit de la sainteté" (Al-Baqara,2.87). Moïse apparut à Jésus, à Pierre, Jacques et Jean, sur la montagne de la Transfiguration, en compagnie d’Elie (Matthieu 17:3).

I.18 Personne n'a jamais vu Dieu; le Fils unique, qui est dans le sein du Père, est celui qui l'a fait connaître.

I.19 Voici le témoignage de Jean (voir note 1.8), lorsque les Juifs envoyèrent de Jérusalem des sacrificateurs et des Lévites, pour lui demander: Toi, qui es-tu?

1.19 : C’est la première fois que nous trouvons ici l’expression: "les Juifs" que Jean utilisera encore une trentaine de fois au cours de son Evangile pour désigner les dirigeants qui étaient hostiles à Jésus. A ceux-ci, il faut opposer "la foule"(Jean 6:24, 7:31, 7:40 ; 12:18...), ainsi que certains chefs religieux (Nicodème [Jean 3:1] , Arimathée [Marc 15.43] ), qui eux, étaient bienveillants vis-à-vis de Jésus . Les sacrificateurs ou prêtres étaient, sous l’ancienne alliance, les médiateurs entre Dieu et les hommes et offraient les sacrifices prescrits par la loi. Avec leurs collaborateurs, les lévites, ils enseignaient aussi la loi au peuple.

I.20 Il (Jean-Baptiste) déclara, et ne le nia point, il déclara qu'il n'était pas le Christ.

I.21 Et ils lui demandèrent: Quoi donc? es-tu Elie? Et il dit: Je ne le suis point. Es-tu le prophète? Et il répondit: Non.

1.21 : Elie, en hébreu " Eliah et Eliahou", en grec "Elias", dans le Coran "Ilyas" (Al-Anam,6.85; As-Saffat,37.123, 130) était l’un des plus grands prophètes. Il exerça son ministère prophétique dans les années 875-848 avant J.-C. Dieu lui a accordé d’opérer de nombreux miracles. A la fin de sa vie, un char de feu et des chevaux de feu apparurent "et Elie monta au ciel dans un tourbillon" (2 Rois 2:11). Selon Malachie [440-430 av. J.-C.]4:5 , Elie devait revenir avant "le jour de l’Eternel...ce jour grand et redoutable". C’est la raison de la question des envoyés de Jérusalem. Elie apparut sur la montagne de la Transfiguration, à côté de Moïse. En cette occasion, Jésus confirma qu’Elie reviendra, "rétablir toutes choses"(Matthieu 17:11). Puis il ajouta: "... Elie est déjà venu, ...ils ne l'ont pas reconnu, et ...ils l'ont traité comme ils ont voulu. De même le Fils de l'homme souffrira de leur part" (Matthieu 17:12 ). Jean-Baptiste, qui marcha devant Dieu "avec l'esprit et la puissance d'Elie" (Luc 1:17) , avait été emprisonné , puis décapité (Marc 6:24 -27). Elie était une sorte de préfiguration de Jean-Baptiste, lequel est lui-une préfiguration du prophète Elie qui doit revenir.

I.22 Ils lui dirent alors: Qui es-tu? afin que nous donnions une réponse à ceux qui nous ont envoyés. Que dis-tu de toi-même?

I.23 Moi, dit-il, je suis la voix de celui qui crie dans le désert: Aplanissez le chemin du Seigneur, comme a dit Esaïe, le prophète.("Une voix crie: Préparez au désert le chemin de l'Eternel, aplanissez dans les lieux arides une route pour notre Dieu" (Esaïe [740-680 av. J.-C.] 40:3).

I.24 Ceux qui avaient été envoyés étaient des pharisiens (les pharisiens sont de stricts observateurs de la loi, mais à la pratique religieuse généralement très formaliste).

I.25 Ils lui firent encore cette question: Pourquoi donc baptises-tu, si tu n'es pas le Christ, ni Elie, ni le prophète?

I.26 Jean leur répondit: Moi, je baptise d'eau, mais au milieu de vous il y a quelqu'un que vous ne connaissez pas,

I.27 (26) qui vient après moi; (27) je ne suis pas digne de délier la courroie de ses souliers (voir note 1.8 ).

I.28 Ces choses se passèrent à Béthanie ( ou Béthabara , localité sur les rives du Jourdain ), au delà du Jourdain, où Jean baptisait.

(Voir note 1.33 )

I.29 Le lendemain, il vit Jésus venant à lui, et il dit:

Voici l'Agneau de Dieu, qui ôte le péché du monde.

1.29 : Lorsqu’Abraham était sur le point de sacrifier son fils, ce dernier lui demanda où était l’agneau du sacrifice. Son père lui répondit : " Mon fils, Dieu se pourvoira lui-même de l'agneau pour l'holocauste". (Genèse 22:8). Puis l’Eternel lui envoya un bélier. L’agneau était donc encore à venir. Esaïe, en annonçant la venue du Serviteur de l’Eternel (le Messie), écrivit : " Il a été maltraité et opprimé, et il n'a point ouvert la bouche, semblable à un agneau qu'on mène à la boucherie, à une brebis muette devant ceux qui la tondent; il n'a point ouvert la bouche" ( Esaïe [740-680 av. J.-C.]53:7). Et c’est en Jésus que Jean-Baptiste a reconnu cet agneau annoncé et attendu.

I.30 C'est celui dont j'ai dit: Après moi vient un homme qui m'a précédé, car il était avant moi.

I.31 Je ne le connaissais pas, mais c'est afin qu'il fût manifesté à Israël que je suis venu baptiser d'eau.

I.32 Jean rendit ce témoignage: J'ai vu l'Esprit descendre du ciel comme une colombe et s'arrêter sur lui.

I.33 Je ne le connaissais pas, mais celui qui m'a envoyé baptiser d'eau, celui-là m'a dit: Celui sur qui tu verras l'Esprit descendre et s'arrêter, c'est celui qui baptise du Saint-Esprit (voir note 15.13).

1.33 : Lors du baptême de Jésus par Jean-Baptiste, " les cieux s'ouvrirent, et il vit l'Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui. Et voici, une voix fit entendre des cieux ces paroles : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j'ai mis toute mon affection" (Matthieu 3:16-17).

Le baptême que pratiquait Jean-Baptiste était un rite connu à cette époque : le "baptême de repentance, pour la rémission des péchés" (Marc 1:4). Jésus n’ayant commis aucun péché (Jean 8.46 ; Hébreux 7:26 ; Coran Al-Imran,3.46) n’avait pas besoin de repentance. Jean-Baptiste le reconnaissait et essaya de s’opposer au baptême de Jésus en lui disant : " C’est moi qui ai besoin d'être baptisé par toi, et tu viens à moi!" (Matthieu 3:14). Par son baptême, Jésus s’identifia aux pécheurs qu’ il est venu sauver. L’apôtre Paul écrira : "Celui qui n'a point connu le péché, (Dieu) l'a fait devenir péché pour nous, afin que nous devenions en lui justice de Dieu" (2 Corinthiens 5:21).

Mais avant de quitter la terre, Jésus institua le baptême au Nom du Dieu trinitaire comme signe d’appartenance au peuple de la Nouvelle Alliance : "Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au Nom (à noter:"au Nom" est au singulier! ) du Père, du Fils et du Saint-Esprit" (Matthieu 28:19). Dans tous les baptêmes mentionnés dans le Nouveau Testament, la foi précède le baptême : Actes 2.41 ; 8.36-37 ; 16.14-15 ; 18.8 ; 22.16. Par le baptême, le chrétien s’identifie au Christ mort et ressuscité pour lui :"Nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême en sa mort, afin que, comme Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, de même nous aussi nous marchions en nouveauté de vie. / En effet, si nous sommes devenus une même plante avec lui par la conformité à sa mort, nous le serons aussi par la conformité à sa résurrection" (Romains 6:4-5). "Ayant été ensevelis avec lui par le baptême, vous êtes aussi ressuscités en lui et avec lui, par la foi en la puissance de Dieu, qui l'a ressuscité des morts" (Colossiens 2:12). Le baptême est aussi une demande ou un engagement d’une bonne conscience envers Dieu: "Cette eau (celle du déluge) était une figure du baptême, qui n'est pas la purification des souillures du corps, mais l'engagement d'une bonne conscience envers Dieu, et qui maintenant vous sauve, vous aussi, par la résurrection de Jésus-Christ" (1 Pierre 3:21).

I.34 Et j'ai vu, et j'ai rendu témoignage qu'il est le Fils de Dieu.

I.35 Le lendemain, Jean était encore là, avec deux de ses disciples;

I.36 et, ayant regardé Jésus qui passait, il dit: Voilà l'Agneau de Dieu (voir 1.29).

I.37 Les deux disciples l'entendirent prononcer ces paroles, et ils suivirent Jésus.

I.38 Jésus se retourna, et voyant qu'ils le suivaient, il leur dit: Que cherchez-vous? Ils lui répondirent: Rabbi, ce qui signifie Maître, où demeures-tu?

I.39 Venez, leur dit-il, et voyez. Ils allèrent, et ils virent où il demeurait; et ils restèrent auprès de lui ce jour-là. C'était environ la dixième heure (environ 16 heures).

I.40 André, frère de Simon Pierre, était l'un des deux qui avaient entendu les paroles de Jean, et qui avaient suivi Jésus.

I.41 Ce fut lui qui rencontra le premier son frère Simon, et il lui dit: Nous avons trouvé le Messie ce qui signifie Christ.

1.41 : C’est la première fois que nous rencontrons les mots "Messie" et "Christ" appliqués à Jésus. "Messie" est la transcription française du mot hébreu "Mashiah"qui signifie l’ "oint" (celui qui a reçu l’onction) ; "Christ" est la transcription française du mot grec "Christos" et qui a la même signification que "Messie". Le mot "Messie" se rencontre 31 fois dans l’Ancien Testament et s’applique à ceux qui ont reçu l’onction royale (David, 2 Samuel 19.22), à ceux qui ont reçu l’onction sacerdotale (Exode 40.15) et à ceux qui ont reçu l’onction prophétique (1 Rois 19:16). Mais, dans plusieurs passages , le mot "Messie" s’applique au Messie à venir. Au Psaume 2, l’oint est encore appelé Fils (Psaume 2.2 , 7, 12). En Daniel 9.25-26, il est question d’un Oint qui sera retranché. C’est bien à Jésus-Christ que font allusion les deux passages prophétiques précédents, ainsi que le suivant : "L'Esprit du Seigneur, l'Éternel, est sur moi, car l'Éternel m'a donné l'onction. Il m'a envoyé pour porter de bonnes nouvelles à ceux qui sont humiliés; pour panser ceux qui ont le coeur brisé, pour proclamer aux captifs leur libération et aux prisonniers leur élargissement" (Esaïe 61.1). Le Coran applique en 9 endroits le titre de Messie (al-Massih) à Jésus : "Un jour les anges dirent à Marie : Allah t'annonce son Verbe (kalimatuhu). Il se nommera le Messie (al-Massih), Jésus fils de Marie, illustre dans ce monde et dans l'autre, et un des familiers (d'Allah) (Al-Imran,3.45; voir aussi An-Nisaa,4.157, 171, 172; Al-Maidah,5.17, 72, 75 ; At-Tauba,9.30, 31).

I.42 Et il le conduisit vers Jésus. Jésus, l'ayant regardé, dit: Tu es Simon, fils de Jonas ; tu seras appelé Céphas ce qui signifie Pierre.

I.43 Le lendemain, Jésus voulut se rendre en Galilée, et il rencontra Philippe. Il lui dit: Suis-moi.

I.44 Philippe était de Bethsaïda, de la ville d'André et de Pierre.

I.45 Philippe rencontra Nathanaël, et lui dit : Nous avons trouvé celui de qui Moïse a écrit dans la loi et dont les prophètes ont parlé, Jésus de Nazareth, fils de Joseph.

1.45 : "Vous sondez les Ecritures, parce que vous pensez avoir en elles la vie éternelle: ce sont elles qui rendent témoignage de moi" (Jean 5:39). Les Ecritures de l’Ancienne Alliance contiennent de nombreuses prophéties concernant le Messie et qui se sont pleinement accomplies en lui. Ci-après un tableau de quelques prophéties et de leur accomplissement. "Dis aux hommes des Écritures: Vous ne vous appuierez sur rien de solide, tant que vous n'observerez pas le Pentateuque, l'Évangile..." (Coran Al-Maidah,5.68).

Evénements prophétisésProphéties
(Dates approximatives)
Accomplissement
Naissance d’une viergeEs 4.17 (740-680 av.J.C) Mt 1.22-23
naissance à BethléhemMi 5.1 (745-715 av. J.C)Mt 2.1
De la tribu de JudaGn 49.10Mt 1.1,3
Descendant de DavidEs 11.1 (740-680 av.J.C)
Jr 23.5 (626-585 av. J.C)
Mt 1.6 ; 9.27
Ro 1.3
Massacre d’enfants à sa naissanceJr 31.15Mt 2.16-18
Chemin préparéEs 40.3
Mal 3.1 (440-430 av. J.C.)
Mt 11.10
Prédication en parabolesPs 78.2 (10° siècle av.J.C.)Mt 13.31-35
Guérisons des aveuglesEs 29.18Mt 9.27
Guérisons des sourdsEs 35.5Mc 7.32
Guérisons des boiteuxEs 35.6Jn 5.2
Guérisons des muetsEs 32.4Mt 9.32
Sa présence au TempleMal 3.1
Aggée 2.7-9 (520 av. J.C.)
Lc 2.22
Lc 22.46, 53
Entrée à Jérusalem sur un âneZa 9.9 (520-480 av. J.C.)Mt 21.4-5
Trahi par un disciple et vendu
pour 30 pièces d’argent
Ps 41.9-10
Za 11.12, 13
Jn 17.12
Mt 27.3-7
Frappé, maltraitéEs 50.6Jn 19.1-5
Cloué à la croixPs 22.17Mc 15.25
Prière pour ses bourreauxEs 53.12Lc 23.34
Ses vêtements tirés au sortPs 22.19Jn 19.23-24
A reçu du fiel et du vinaigrePs 69.22Mt 27.33-38
Apparemment abandonné de DieuPs 22.2Mt 27.46
Aucun de ses os n’est briséEx 12.46 Jn 19.33,36
Sa mort expiatoireEs 53.5-121 Pi 2.24 ; 1Pierre 3.18
Obscurcissement du soleilAm 8.9 (760-750 av. J.C.)Mt 27.45
Sa résurrection Ps 16.10; Es 53.10Mc 16.6;Ac 2.31
Son Ascension au cielPs 110.1; Os 5.15 (750-715 av. J.C.)Ac 1.9; Ep 4.8
Dispensation du St-EspritJo 2.28-29 (830 av. J.C. )Ac 2.16, 32, 33

I.46 Nathanaël lui dit: Peut-il venir de Nazareth quelque chose de bon? Philippe lui répondit: Viens, et vois.

1.46 : Jésus est née à Bethléhem en Judée (Matthieu 2.2 ; Jean 7.42). Pour se soustraire au massacre des jeunes enfants, perpétré par le roi Hérode (Matthieu 2.16), Marie et Joseph s’enfuirent, avec l’enfant Jésus en Egypte. Après la mort d’Hérode, Joseph, avec Marie et Jésus vinrent "demeurer dans une ville appelée Nazareth, afin que s'accomplît ce qui avait été annoncé par les prophètes: Il sera appelé Nazaréen" (Matthieu 2:23).

Esaïe avait prophétisé en ces termes : "Puis un rameau sortira du tronc d'Isaï, et un rejeton (en hébreu: netser) naîtra de ses racines. L'Esprit de l'Eternel reposera sur lui..." (Esaïe [740-680 av. J.-C.] 11.1, 2a). Or Nazareth ("Netseret") est simplement la forme féminine de "netser". Il y a là un jeu de mot évident ; le Messie est doublement "netser" : d'abord en tant que rejeton d'Isaï, ensuite en tant qu' habitant de Netseret.

I.47 Jésus, voyant venir à lui Nathanaël, dit de lui: Voici vraiment un Israélite, dans lequel il n'y a point de fraude.

I.48 D'où me connais-tu? lui dit Nathanaël. Jésus lui répondit: Avant que Philippe t'appelât, quand tu étais sous le figuier, je t'ai vu.

I.49 Nathanaël répondit et lui dit: Rabbi, tu es le Fils de Dieu, tu es le roi d'Israël.

1.49 : Jésus a reconnu devant le gouverneur Pilate qu’il était le roi des Juifs (Matthieu 27.11). Et l’Apocalypse le qualifie de " Seigneur des seigneurs et de Roi des rois"(Apocalypse 17:14). Par l’épître aux Philippiens, nous apprenons que Jésus " existant en forme de Dieu, n'a point regardé comme une proie à arracher d'être égal avec Dieu, / mais s'est dépouillé lui-même, en prenant une forme de serviteur, en devenant semblable aux hommes;/ et ayant paru comme un simple homme, / il s'est humilié lui-même, se rendant obéissant jusqu'à la mort, même jusqu'à la mort de la croix./ C'est pourquoi aussi Dieu l'a souverainement élevé, et lui a donné le nom qui est au-dessus de tout nom,/ afin qu'au nom de Jésus tout genou fléchisse dans les cieux, sur la terre et sous la terre" (Philippiens 2.6-10).

I.50 Jésus lui répondit: Parce que je t'ai dit que je t'ai vu sous le figuier, tu crois; tu verras de plus grandes choses que celles-ci.

I.51 Et il lui dit: En vérité, en vérité, vous verrez désormais le ciel ouvert et les anges de Dieu monter et descendre sur le Fils de l'homme.

1.51 : Jésus fait allusion ici au songe de Jacob (que le Coran mentionne 29 fois): "Il (Jacob) eut un songe. Et voici, une échelle était appuyée sur la terre, et son sommet touchait au ciel. Et voici, les anges de Dieu montaient et descendaient par cette échelle" (Genèse 28:12 ). Cette échelle était le lien qui unissait ciel et terre. En raison de sa parfaite divinité et de sa parfaite humanité, Jésus, le seul médiateur entre Dieu et les hommes (1 Timothée 2.5), représente cette échelle de communication entre le ciel et la terre.

Mais les anges - des esprits au service de Dieu (Hébreux 1 : 13-14) - étaient présents tout au long de la vie de Jésus. C’est l’ange Gabriel qui annonça à Marie la naissance miraculeuse de Jésus ((Luc 1 : 26 : Coran A1l-Imran,3.42 et 45). Les anges étaient présents à la naissance de Jésus (Luc 2:9-10; 13-15) ; ils le servirent après son jeûne de quarante jours ( Matthieu 4:11) et le fortifièrent durant son agonie (Luc 22:43). Ils étaient présents lors de sa résurrection et de son ascension (Matthieu 28:2,5 ; Jean 20 : 12 ; Actes 1 : 11) et l’accompagneront à son Retour glorieux (Matthieu 16:27 ; 25:31; 2 Thessaloniciens 1:7).

 

Injil - Chapitre II

II.1 Trois jours après, il y eut des noces à Cana en Galilée. La mère de Jésus était là,

II.2 et Jésus fut aussi invité aux noces avec ses disciples.

2.2 : Jésus n’a pas décliné l’invitation à cette fête de noce. Le mariage a été institué par Dieu, dès la création d’Eve : Lorsque Dieu présenta Eve à Adam, celui-ci dit : "Voici cette fois celle qui est os de mes os et chair de ma chair! on l'appellera femme( en hébreu :"ischah"), parce qu'elle a été prise de l'homme ( en hébreu : "isch"). C'est pourquoi l'homme quittera son père et sa mère, et s'attachera à sa femme, et ils deviendront une seule chair"(Genèse 2:23-24). Le mariage, monogame, avait été instauré dans le but de durer. "Ainsi ils ne sont plus deux, mais ils sont une seule chair. Que l'homme donc ne sépare pas ce que Dieu a joint" ( Matthieu 19:6). Bien qu’il y eut des polygames sous l’Ancienne Alliance (Abraham, Jacob, Moïse Gédéon, Elqana, Saül, David, Salomon, Roboam et d'autres encore), c’est la monogamie qui était encouragée :"Que ta source soit bénie, et fais ta joie de la femme de ta jeunesse, / biche des amours, gazelle pleine de grâce: Sois en tout temps enivré de ses charmes, sans cesse épris de son amour" (Proverbes 5:18-19). Le Coran diffère de la Révélation biblique, en ce qui concerne le mariage. Il tolère la polygamie (jusqu’à 4 épouses, sans compter les concubines) (An-Nisaa,4.3), avec une prérogative particulière pour le Prophète Mohammed (Al-Ahzab,33.50).)

II.3 Le vin ayant manqué, la mère de Jésus lui dit: Ils n'ont plus de vin.

II.4 Jésus lui répondit: Femme, qu'y a-t-il entre moi et toi? Mon heure n'est pas encore venue.

II.5 Sa mère dit aux serviteurs: Faites ce qu'il vous dira.

2.5 : Les évangiles selon Matthieu et Luc insistent sur la naissance virginale de Jésus (Matthieu 1.23; Luc 1.27 ), accomplissement de la prophétie d’Esaïe 7.14 : "C'est pourquoi le Seigneur lui-même vous donnera un signe, Voici, la jeune fille deviendra enceinte, elle enfantera un fils, et elle lui donnera le nom d'Emmanuel". ( Esaïe utilise ici le mot hébreu : "`almah", qui signifie :" vierge" en Genèse 24.43 et Exode 2.8). Le Coran parle aussi de la naissance virginale en plusieurs endroits (An-Anbiyaa,21.91;At-Tahrim, 66.12). Mais les évangiles ne parlent nulle part d’une virginité perpétuelle de Marie. (Voir note 2.12 concernant les frères de Jésus).L’évangile de Jean insiste surtout sur les aspects et la portée théologiques des événements de la vie de Jésus.

Après les noces de Cana, Marie joue ensuite un rôle

discret dans les Evangiles. Les dernières paroles d’elles sont celles qu’elle prononça aux noces de Cana : "Faites ce qu’il vous dira". On retrouve Marie au pied de la croix (Jean 19 : 25), puis après la résurrection de Jésus, dans le livre des Actes : "Tous (c’est-à-dire les apôtres) d'un commun accord persévéraient dans la prière, avec les femmes, et Marie, mère de Jésus, et avec les frères de Jésus " (Actes 1:14). Marie, dans cette liste, n’est pas citée en premier et il n’en sera plus question ensuite dans tout le Nouveau Testament . Le Coran mentionne Marie, la mère de Jésus, 33 fois. Comme nous l’avons déjà vu (note 2.5)), Le Coran reconnaît que Marie a enfanté Jésus miraculeusement, sans intervention humaine. Pour le Coran, la vierge Marie vécut au Temple de Jérusalem, où elle aurait été nourri miraculeusement (Al-Imran,3.37). Cet événement n’est pas relaté dans les Evangiles canoniques, mais dans un écrit apocryphe (Le Protoévangile de Jacques,VII, VIII).

II.6 Or, il y avait là six vases de pierre, destinés aux purifications des Juifs, et contenant chacun deux ou trois mesures (une mesure: environ 40 litres).

II.7 Jésus leur dit: Remplissez d'eau ces vases. Et ils les remplirent jusqu'au bord.

II.8 Puisez maintenant, leur dit-il, et portez-en à l'ordonnateur du repas. Et ils en portèrent.

II.9 Quand l'ordonnateur du repas eut goûté l'eau changée en vin, - ne sachant d'où venait ce vin, tandis que les serviteurs, qui avaient puisé l'eau, le savaient bien, - il appela l'époux,

II.10 et lui dit: Tout homme sert d'abord le bon vin, puis le moins bon après qu'on s'est enivré; toi, tu as gardé le bon vin jusqu'à présent.

2.10 : L’Ancien Testament interdisait l’usage de vin aux Naziréens (Nombres 6.3) pendant la durée de leur consécration, aux sacrificateurs durant leur fonction sacerdotale (Lévitique 10 :9), aux Rois (Proverbes 31:4-6); le Nouveau Testament demande de n’en faire qu’ un usage modéré (Ephésiens 5:18 ; 1 Timothée 3:3; 3:8 ; 5:23; Tite 2:3). Le Coran interdit l’ivresse durant la prière (An-Nisaa,4.43) et recommande de s’abstenir de vin (Al-Maidah,5.90), bien que du vin exquis soit promis aux habitants du paradis (Al-Mutaffifo, 83.25).

II.11 Tel fut, à Cana en Galilée, le premier des miracles que fit Jésus. Il manifesta sa gloire, et ses disciples crurent en lui.

2.11 : Les disciples furent les douze premiers partisans de Jésus, encore appelés "Apôtres". Ce furent: "Simon appelé Pierre, et André, son frère; Jacques, fils de Zébédée, et Jean, son frère; /Philippe, et Barthélemy (ou Nathanaël de Cana en Galilée); Thomas, et Matthieu, le publicain; Jacques, fils d'Alphée, et Thaddée (ou Jude, fils de Jacques ) / Simon le Cananite (le zélote), et Judas l'Iscariot, celui qui livra Jésus" (Matthieu 10:2-4 ; Luc 6 :14-16 ; Jean 1.45-49 ; 21.2). Le Coran parle des apôtres de Jésus (al-hawâriyyoûna) en Al-Imran,3.52 ; Al-Maidah, 5.111 et 112, As-Saff,61.14 et les appelle : "auxiliaires ou aides d’Allah (ansarou allahi)"en Al-Imran,3.52 et As-Saff,61.14.

Mais le terme de "disciples" est aussi réservé aux croyants, c’est-à-dire aux chrétiens (Actes 11 : 26). L’évangile en donne les caractéristiques : préférer Jésus à tout et à tous et porter sa croix (Luc 14 :26-27, 33), demeurer dans sa parole (Jean : 8.31), avoir de l’amour les uns pour les autres (Jean 13 :35), porter beaucoup de fruit (Jean : 15.8). Avant de remonter au ciel, Jésus donna cet ordre aux douze : "Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, /et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la fin du monde" (Matthieu 28:19-20 ).(voir aussi 15.20).

 

II.12 Après cela, il descendit à Capernaüm (au nord-ouest du lac de Galilée), avec sa mère, ses frères et ses disciples, et ils n'y demeurèrent que peu de jours.

2.12 : Il est question ici des frères de Jésus. Ce sont "Jacques, Joseph, Simon et Jude" (Matthieu 13:55 ; Marc 6.3). Jésus avait aussi des soeurs, dont le Nouveau Testament ne donne pas les noms (Matthieu 13:56 ; Marc 6:3). L’apôtre Paul parle de Jacques, en l’appelant " le frère du Seigneur" (Galates 1:19 ). Il déclare ailleurs que certains apôtres, dont Céphas (Pierre), et "les frères du Seigneur" étaient mariés (1Corinthiens 9:5).

Les frères de Jésus accompagnaient souvent Marie (Jean 2:12; Matthieu 12:47 ; Luc 8:19), et il est dit d’eux qu’ils ne croyaient pas en lui (Jean 7:5). Ce n’est qu’après la résurrection qu’ils crurent en Jésus (Actes 1.14). Il est difficile d’admettre que ces " frères" étaient seulement des cousins ou de proches parents. En effet, les apôtres Jean et Jacques étaient des cousins de Jésus, et ils croyaient en lui. Et, pour parler de "cousin", le Nouveau Testament utilise le mot grec "anepsios" (Colossiens 4.10), et, pour parler de "parenté", il utilise les expressions "oi par autou" (Marc 3:21) ou "suggénéia" (Luc 1.61 ; Actes 7.3, 14) ou "suggénis" (Luc1:36) ou "suggenès" (Marc 6:4; Luc 1:58 ; 2:44 ; 14:12 ; 21:16 ; Jean 18:26 ; Actes 10 :24 ; Romains 9:3 ; 16:7, 11, 21).

L’évangile dit que Joseph ne connut point Marie "jusqu'à ce qu'elle eût enfanté un fils"( Matthieu 1:25). Ce fils est appelé "premier-né" (Luc 2:7, 23) et jamais "fils unique" de Marie.

Certains veulent voir dans les "frères" de Jésus, des demi-frères, c’est-à-dire des enfants que Joseph aurait eu d’un précédent mariage, selon "L’histoire de Joseph le charpentier" (livre apocryphe datant du IV ème ou V ème siècle).Ces demi-frères seraient donc plus âgés que Jésus. Mais alors, où étaient ces "soit- disant demi-frères" lors de la naissance de Jésus, lors de la fuite en Egypte? Où étaient-ils, lorsqu’ à douze ans, Jésus était resté à Jérusalem, à l’insu de ses parents ? Ceux-ci "le cherchèrent parmi leurs parents et leurs connaissances" (Luc2:44) et non pas parmi ses (demi-)frères. On ne comprendrait pas non plus pourquoi des demi-frères, plus âgés que Jésus - qui avait environ trente ans (Luc 3:23) lorsqu’il commença son ministère - vivaient encore auprès de Marie (Matthieu 12: 46 et parallèles) et l’accompagnaient régulièrement.

II.13 La Pâque des Juifs était proche, et Jésus monta à Jérusalem.

2.13 : La Pâque est l’une des trois solennités où les Juifs devaient se rendre au Temple. Cette fête commémorait la sortie d’Egypte: " Cette nuit sera célébrée en l'honneur de l'Eternel, parce qu'il les fit sortir du pays d'Egypte; cette nuit sera célébrée en l'honneur de l'Eternel par tous les enfants d'Israël et par leurs descendants" (Exode 12:42). A la Pâque, les Juifs immolaient un agneau sans défaut qui devait être rôti au feu et mangé "avec des pains sans levain et des herbes amères" (Exode 12:5, 8).

II.14 Il trouva dans le temple les vendeurs de boeufs, de brebis et de pigeons, (pour servir aux divers sacrifices) et les changeurs assis.

II.15 Ayant fait un fouet avec des cordes, il les chassa tous du temple, ainsi que les brebis et les boeufs; il dispersa la monnaie des changeurs, et renversa les tables;

II.16 et il dit aux vendeurs de pigeons: Otez cela d'ici, ne faites pas de la maison de mon Père une maison de trafic.

II.17 Ses disciples se souvinrent qu'il est écrit : Le zèle de ta maison me dévore (Psaume 69.10).

II.18 Les Juifs, prenant la parole, lui dirent: Quel miracle nous montres-tu, pour agir de la sorte?

II.19 Jésus leur répondit: Détruisez ce temple, et en trois jours je le relèverai.

II.20 Les Juifs dirent: Il a fallu quarante-six ans pour bâtir ce temple, et toi, en trois jours tu le relèveras!

II.21 Mais il parlait du temple de son corps.

II.22 C'est pourquoi, lorsqu'il fut ressuscité des morts, ses disciples se souvinrent qu'il avait dit cela, et ils crurent à l'Ecriture et à la parole que Jésus avait dite.

II.23 Pendant que Jésus était à Jérusalem, à la fête de Pâque (Voir note 2.13), plusieurs crurent en son nom, voyant les miracles qu'il faisait.

2.23 : Les miracles de Jésus furent innombrables et ne sont pas tous consignés dans les évangiles. L’apôtre Jean conclut son évangile par cette affirmation : "Jésus a fait encore beaucoup d'autres choses; si on les écrivait en détail, je ne pense pas que le monde même pût contenir les livres qu'on écrirait"(Jean 21:25). Mais les miracles consignés dans le Nouveau Testament sont suffisants pour confirmer la divine autorité de Jésus. Celle-ci s’est exercée :

Premièrement, sur le monde physique : transformation de l’eau en vin (Jean 2:11) ; deux multiplications de pains et de poissons (Matthieu 14 :19-20 ; 15:36) ; deux pêches miraculeuses (Luc 5:6 ; Jean 21:6) ; la marche sur l’eau (Jean 6:19) ; la traversée des portes closes à deux reprises (Jean 20:19 et 26), la tempête apaisée (Jean 6:18). Après ce miracle, les disciples furent dans l’étonnement et se dirent : "Quel est donc celui-ci, qui commande même au vent et à l'eau, et à qui ils obéissent ?" (Luc 8:25). Jésus a accompli ce miracle de sa propre autorité.

Deuxièmement, sur les maladies : Jésus guérissait toute maladie et toute infirmité (Matthieu 4:23 ; 9:35 ; 12:15). Les évangiles mentionnent tout particulièrement les guérisons suivantes : paralysie (Luc 5:18) ; état grabataire (Jean 5:5) ; cécité (Jean 9:8); surdité et mutisme (Matthieu 9.32) ; lèpre (Luc 5:12 ;17:12); hydropisie (Luc 14:2) ; hémorroïsse (perte de sang) (Luc 8:43) ; main sèche (paralysée) (Luc 6:6) ; fièvre (Luc 4:38) ; inflexion du corps (Luc 13:11); traumatisme de l’oreille (Luc 22:51). Jésus demanda quelquefois aux malades : "Croyez-vous que je puisse faire cela ?"(Matthieu 9:28). Au lépreux, il déclara : "Je le veux, sois pur"(Matthieu 8:3 ; Marc 1:41 ; Luc 5:13). Au paralytique, Jésus dit : " Je te l'ordonne... lève-toi, prends ton lit, et va dans ta maison" (Marc 2:11).

Troisièmement, sur le monde spirituel : Jésus chassa un grand nombre de démons (Matthieu 8:28 ; 9:32 ; 12:22 ; 17:17; Luc 13:11). A l’esprit impur qui rendait un enfant sourd et muet, Jésus commande : " Esprit muet et sourd, je te l'ordonne, sors de cet enfant, et n'y rentre plus" (Marc 9:25)

Quatrièmement, sur la mort : Jésus ressuscita de nombreux morts (Jean 11:39-44 ; Luc 7:11 ; Luc 8 : 41, 55). Au fils mort de la veuve de Naïn, Jésus ordonna : "Jeune homme, je te le dis, lève-toi!" (Luc 7:14).

Le Coran mentionne quelques-uns de ces miracles et en rajoute quelques autres : Jésus parle déjà au berceau; il anime des figurines d’oiseau en argile (voir 1.3), il guérit l’aveugle et le lépreux, et il ressuscite des morts et fait descendre du ciel une table garnie (Al-Maidah,5.110, 114). Le Coran précise que Jésus accomplit ces miracles "avec la permission d’Allah".

Bien que Jésus ait opéré par sa propre autorité, il reconnaît qu’il agit "selon l'ordre que le Père lui a donné"(Jean 14:3). Il y a accord parfait entre le Père et le Fils, car le Père est en Jésus, et Jésus est en son Père (Jean 10:38 ; 14:10 et 11). (voir 1.2; 1.3; 8.24; 14.28)

II.24 Mais Jésus ne se fiait point à eux, parce qu'il les connaissait tous,

II.25 et parce qu'il n'avait pas besoin qu'on lui rendît témoignage d'aucun homme; car il savait lui-même ce qui était dans l'homme.

Injil - Chapitre III

III.1 Mais il y eut un homme d'entre les pharisiens, nommé Nicodème (voir notes 1.19 et 4.9), un chef des Juifs,

III.2 qui vint, lui, auprès de Jésus, de nuit, et lui dit: Rabbi, nous savons que tu es un docteur venu de Dieu; car personne ne peut faire ces miracles que tu fais, si Dieu n'est avec lui.

III.3 Jésus lui répondit: En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu.

III.4 Nicodème lui dit: Comment un homme peut-il naître quand il est vieux? Peut-il rentrer dans le sein de sa mère et naître?

III.5 Jésus répondit: En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît d'eau et d'Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu.

III.6 Ce qui est né de la chair est chair, et ce qui est né de l'Esprit est esprit (voir note 16.13).

III.7 Ne t'étonne pas que je t'aie dit:

Il faut que vous naissiez de nouveau.

3.7 : Cette nouvelle naissance, opérée par le Saint-Esprit, est encore appelée "nouvelle création". " Si quelqu'un est en Christ, il est une nouvelle créature (ou une nouvelle création). Les choses anciennes sont passées; voici, toutes choses sont devenues nouvelles. / Et tout cela vient de Dieu, qui nous a réconciliés avec lui par le Christ, et qui nous a donné le ministère de la réconciliation. / Car Dieu était en Christ, réconciliant le monde avec lui-même, en n'imputant point aux hommes leurs offenses.... " ( 2 Corinthiens 5:17-19). "Car ce n'est rien que d'être circoncis ou incirconcis; ce qui est quelque chose, c'est d'être une nouvelle créature" (Galates 6:15). Cette transformation est encore qualifiée par l’apôtre Paul de "régénération et renouvellement du Saint-Esprit" (Tite 3.5). La nouvelle naissance est le gage de notre salut ; sans elle, il n’y a point de salut (Jean 3.3, 5, 7). Elle a lieu lorsque l’homme repentant se détourne de son passé sans Dieu et se tourne vers Dieu, en acceptant Jésus-Christ comme son Seigneur et son Sauveur. Alors l’Esprit de Dieu entre dans sa vie et le renouvelle.

III.8 Le vent souffle où il veut, et tu en entends le bruit; mais tu ne sais d'où il vient, ni où il va. Il en est ainsi de tout homme qui est né de l'Esprit (voir note 16.13).

III.9 Nicodème lui dit: Comment cela peut-il se faire?

III.10 Jésus lui répondit: Tu es le docteur d'Israël, et tu ne sais pas ces choses!

III.11 En vérité, en vérité, je te le dis, nous disons ce que nous savons, et nous rendons témoignage de ce que nous avons vu; et vous ne recevez pas notre témoignage.

III.12 Si vous ne croyez pas quand je vous ai parlé des choses terrestres, comment croirez-vous quand je vous parlerai des choses célestes?

III.13 Personne n'est monté au ciel, si ce n'est celui qui est descendu du ciel, le Fils de l'homme qui est dans le ciel.

III.14 Et comme Moïse éleva le serpent dans le désert, il faut de même que le Fils de l'homme soit élevé,

III.15 afin que quiconque croit en lui ait la vie éternelle.

3.15 : Ici, Jésus fait allusion à un événement qui s’était produit lors de l’exode (la sortie d’Egypte). Les juifs avaient murmuré contre Moïse et contre Dieu. "Alors l'Eternel envoya contre le peuple des serpents brûlants; ils mordirent le peuple, et il mourut beaucoup de gens en Israël. / Le peuple vint à Moïse, et dit: Nous avons péché, car nous avons parlé contre l'Eternel et contre toi. Prie l'Eternel, afin qu'il éloigne de nous ces serpents. Moïse pria pour le peuple. / L'Eternel dit à Moïse: Fais-toi un serpent brûlant, et place-le sur une perche; quiconque aura été mordu, et le regardera, conservera la vie. /Moïse fit un serpent d'airain, et le plaça sur une perche; et quiconque avait été mordu par un serpent, et regardait le serpent d'airain, conservait la vie" (Nombres 21:6-9 ). Mais les enfants d’Israël en firent vite un objet d’idolâtrie: " Il (le roi Ezéchias, fils d’Achaz, roi de Juda) fit disparaître les hauts lieux, brisa les statues, abattit les idoles, et mit en pièces le serpent d'airain que Moïse avait fait, car les enfants d'Israël avaient jusqu'alors brûlé des parfums devant lui: on l'appelait Nehuschtan" (2 Rois 18:4 ) ].

C’est ici la première allusion à la crucifixion de Jésus. Celle-ci avait été prophétisée, en particulier au Psaume 22 : " Car des chiens m'environnent, une bande de scélérats rôdent autour de moi, ils ont percé mes mains et mes pieds" ( Psaume 22:17). Jésus ressuscité montra les traces de la crucifixion à Thomas et lui dit : "Avance ici ton doigt, et regarde mes mains ; avance aussi ta main, et mets-la dans mon côté; et ne sois pas incrédule, mais crois. Thomas lui répondit : Mon Seigneur et mon Dieu! " (Jean 20:27-28). Au chapitre 19 et au verset 37 de l’ évangile, Jean cite Zacharie [520-480 av. J.-C.] : "Alors je répandrai sur la maison de David et sur les habitants de Jérusalem un esprit de grâce et de supplication, et ils tourneront les regards vers moi, celui qu'ils ont percé. Ils pleureront sur lui comme on pleure sur un fils unique, ils pleureront amèrement sur lui comme on pleure sur un premier-né" ( Zacharie 12:10). Le Coran émet des doutes concernant la crucifixion : " Ils (les Juifs) disent: Nous avons mis à mort le Messie, Jésus fils de Marie, l'envoyé d'Allah. Non, ils ne l'ont point tué, ils ne l'ont point crucifié; un homme qui lui ressemblait fut mis à sa place (littéralement : il lui fut ressemblé pour eux,[walakin subbiha lahum] ) et ceux qui disputaient là-dessus ont été eux-mêmes dans le doute. Ils ne le savaient pas de science certaine, ils ne faisaient que suivre une opinion. Ils ne l'ont point tué réellement" (An-Nisaa,4.157). Comme c’est l’unique texte du Coran qui conteste la réalité de la crucifixion, et qu’il est adressé aux seuls Juifs (jamais le Coran ne reproche aux Chrétiens de croire en la crucifixion), il est légitime d’interpréter ce texte ainsi: "Les Juifs ont dit qu’ils ont tué le Messie à la Croix ; cela leur est bien apparu ainsi ; mais ils ne l’ont pas tué pour de bon, puisqu’il est ressuscité". C’est l’interprétation d’Ikwân al-Safa (983), de Abu Hâtim Razî (934) et de Mû’ayyad Chîrazî (1077). Quant à ceux qui croient en une substitution, ils sont, selon Razî en désaccord sur la personne qui aurait été crucifié à la place de Jésus. Mais le Coran reconnaît qu’à présent le Christ est auprès de Dieu. "Allah l'a élevé à lui" (An-Nisaa,4.158).

Le Coran reconnaît cependant l’éventualité de la mort de Jésus, lorsqu’il affirme : "Certes, c'est moi qui vais te rappeler à moi [le verbe" tawaffa" utilisé ici signifie aussi: faire mourir] , et c'est moi qui t'élève à moi"(Al-Baqara,3.55).

L’éventualité de la mort de Jésus apparaît aussi dans les propres paroles de Jésus, rapportées par le Coran : " La paix sera sur moi au jour où je naquis et au jour où je mourrai, et au jour où je serai ressuscité" (Maryam,19.33). Jésus utilise ici les mêmes paroles que celles appliquées à Jean-Baptiste en Maryam,19.15. Qu’un prophète puisse être crucifié ressort aussi de Al-Baqara,2.87 qui dit : "Toutes les fois qu'un envoyé (d'Allah) vous a apporté une révélation qui ne flattait pas vos passions, vous vous êtes enflés d'orgueil; vous avez traité les uns de menteurs et vous en avez assassiné d'autres".

 

III.16 Car Dieu a tant aimé le monde
qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu'il ait la vie éternelle

3.16 : Ce verset résume en quelques mots le message de tout l’Evangile.

Le salut résulte de la seule foi :" Car c'est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c'est le don de Dieu. / Ce n'est point par les oeuvres, afin que personne ne se glorifie. / Car nous sommes son ouvrage, ayant été créés en Jésus-Christ pour de bonnes oeuvres, que Dieu a préparées d'avance, afin que nous les pratiquions" (Ephésiens 2:8-10). Les bonnes oeuvres ne produisent pas le salut, mais en résultent. Ce salut est réservée à "quiconque croit". Car Dieu veut " que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité" (1 Timothée 2:4). Et Dieu "... use de patience envers vous, ne voulant pas qu'aucun périsse, mais voulant que tous arrivent à la repentance"(2 Pierre 3:9).

Ce salut est un don gratuit de Dieu en faveur des hommes qui se tournent vers lui : "Car tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu; / et ils sont gratuitement justifiés par sa grâce, par le moyen de la rédemption qui est en Jésus-Christ. / C'est lui que Dieu a destiné, par son sang, à être, pour ceux qui croiraient victime propitiatoire" (Romains 3.23-25).

Bien que le Coran proclame : "Allah ne veut pas le mal des humains" (Al-Imran,3.108), il affirme en bien des endroits que "Allah égare celui qu'il veut, et conduit celui qu'il veut dans le sentier droit". (Al-Imran, 3.129 ; Maryam, 5.40 ; Al-Anam,6.39 ; Ibrahim,14.4 ; An-Nahl,16.93 ; Al-Ankabut, 29.21 ; Fatir,35.8 ; Al-Fath, 48.14 ; Al-Muddathir,74.31. Le Coran fait ensuite dépendre le salut des efforts (Al-Imran,3.133), de la pratique de bonnes oeuvres (An-Nisaa, 4.124; An-Nahl, 16.32) ou du sacrifice de sa vie (Al-Hajj,22.58).

Le salut, selon l’Evangile, résulte, par contre, non des oeuvres, mais de la seule foi. Il ne s’agit pas d’une foi en une doctrine, mais d’une foi en une personne, celle du Sauveur Jésus-Christ. La foi qui sauve a un triple aspect : connaissance du Sauveur et de son enseignement, confiance en son oeuvre et ses promesses et conformité à ses exigences et ses commandements.

III.17 Dieu, en effet, n'a pas envoyé son Fils (lors de sa première venue) dans le monde pour qu'il juge le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui. (Mais Jésus exercera le jugement à sa deuxième venue, c’est-à-dire à son retour (Jean 5:22 ; Actes 17:31 ; Romains 2:16).

III.18 Celui qui croit en lui n'est point jugé; mais celui qui ne croit pas est déjà jugé, parce qu'il n'a pas cru au nom du Fils unique de Dieu.

III.19 Et ce jugement c'est que, la lumière étant venue dans le monde, les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, parce que leurs oeuvres étaient mauvaises.

III.20 Car quiconque fait le mal hait la lumière, et ne vient point à la lumière, de peur que ses oeuvres ne soient dévoilées;

III.21 mais celui qui agit selon la vérité vient à la lumière, afin que ses oeuvres soient manifestées, parce qu'elles sont faites en Dieu.

III.22 Après cela, Jésus, accompagné de ses disciples, se rendit dans la terre de Judée (territoire situé au Sud de Jérusalem, entre la mer Morte et la mer Méditerranée); et là il demeurait avec eux, et il baptisait.

III.23 Jean aussi baptisait à Enon, près de Salim, parce qu'il y avait là beaucoup d'eau; et on y venait pour être baptisé.

3.23 : Baptiser signifie "immerger". Cela était possible à Enon," parce qu’il y avait là beaucoup d’eau". (Voir aussi notes 1.28 , 1.33)

III.24 Car Jean n'avait pas encore été mis en prison.

III.25 Or, il s'éleva de la part des disciples de Jean une dispute avec un Juif touchant la purification.

III.26 Ils vinrent trouver Jean, et lui dirent: Rabbi, celui qui était avec toi au delà du Jourdain (ce cours d’eau coulant du nord au Sud de la Terre Sainte, se jette d’abord dans la mer ou lac de Galilée et rejoint ensuite la mer Morte), et à qui tu as rendu témoignage, voici, il baptise, et tous vont à lui.

III.27 Jean répondit: Un homme ne peut recevoir que ce qui lui a été donné du ciel.

III.28 Vous-mêmes m'êtes témoins que j'ai dit: Je ne suis pas le Christ, mais j'ai été envoyé devant lui.

III.29 Celui à qui appartient l'épouse, c'est l'époux; mais l'ami de l'époux, qui se tient là et qui l'entend, éprouve une grande joie à cause de la voix de l'époux: aussi cette joie, qui est la mienne, est parfaite.

III.30 Il faut qu'il croisse, et que je diminue.

III.31 Celui qui vient d'en haut est au-dessus de tous; celui qui est de la terre est de la terre, et il parle comme étant de la terre. Celui qui vient du ciel est au-dessus de tous,

III.32 il rend témoignage de ce qu'il a vu et entendu, et personne ne reçoit son témoignage.

III.33 Celui qui a reçu son témoignage a certifié que Dieu est vrai;

III.34 car celui que Dieu a envoyé dit les paroles de Dieu, parce que Dieu ne lui donne pas l'Esprit avec mesure (voir note 16.13).

III.35 Le Père aime le Fils, et il a remis toutes choses entre ses mains.

III.36 Celui qui croit au Fils a la vie éternelle;

celui qui ne croit pas au Fils ne verra point la vie,

mais la colère de Dieu demeure sur lui.

Injil - Chapitre IV

IV.1 Le Seigneur sut que les pharisiens avaient appris qu'il faisait et baptisait plus de disciples que Jean.

IV.2 Toutefois Jésus ne baptisait pas lui-même, mais c'étaient ses disciples.

IV.3 Alors il quitta la Judée (voir Jean III.26) , et retourna en Galilée (située au Nord de la Terre Sainte).

IV.4 Comme il fallait qu'il passât par la Samarie (située entre la Judée et la Galilée),

IV.5 il arriva dans une ville de Samarie, nommée Sychar, près du champ que Jacob avait donné à Joseph, son fils.

IV.6 Là se trouvait le puits de Jacob. Jésus, fatigué du voyage, était assis au bord du puits. C'était environ la sixième heure (environ midi).

IV.7 Une femme de Samarie vint puiser de l'eau. Jésus lui dit: Donne-moi à boire.

IV.8 Car ses disciples étaient allés à la ville pour acheter des vivres.

IV.9 La femme samaritaine lui dit: Comment toi, qui es Juif, me demandes-tu à boire, à moi qui suis une femme samaritaine? -Les Juifs, en effet, n'ont pas de relations avec les Samaritains. -

IV.10 Jésus lui répondit: Si tu connaissais le don de Dieu et qui est celui qui te dit: Donne-moi à boire! tu lui aurais toi-même demandé à boire, et il t'aurait donné de l'eau vive.

IV.11 Seigneur, lui dit la femme, tu n'as rien pour puiser, et le puits est profond; d'où aurais-tu donc cette eau vive?

IV.12 Es-tu plus grand que notre père Jacob, qui nous a donné ce puits, et qui en a bu lui-même, ainsi que ses fils et ses troupeaux?

IV.13 Jésus lui répondit:

Quiconque boit de cette eau aura encore soif;

IV.14 mais celui qui boira de l'eau que je lui donnerai

n'aura jamais soif, et l'eau que je lui donnerai

deviendra en lui une source d'eau qui jaillira

jusque dans la vie éternelle.

IV.15 La femme lui dit: Seigneur, donne-moi cette eau, afin que je n'aie plus soif, et que je ne vienne plus puiser ici.

IV.16 Va, lui dit Jésus, appelle ton mari, et viens ici.

IV.17 La femme répondit: Je n'ai point de mari. Jésus lui dit: Tu as eu raison de dire: Je n'ai point de mari.

IV.18 Car tu as eu cinq maris, et celui que tu as maintenant n'est pas ton mari. En cela tu as dit vrai (voir aussi note 8.4).

4.18 : Si cette femme a eu cinq maris, c’est qu’elle a souvent été répudiée. Mais, nous dit Jésus, la répudiation résulte de la dureté de coeur (Matthieu 19.8). Le divorce n’est autorisée qu’en cas d’infidélité invétérée (en grec: " pornéia") (Matthieu 5.32, 19.6,9 ; Marc 10.9) ou si un conjoint non croyant veut se séparer de son conjoint croyant (1 Corinthiens 7.15). La répudiation, bien qu’encadrée, n’est pas interdite dans le Coran (Al-Baqara,2.226-230 et 242; At-Talaq, 65.1-2).

IV.19 Seigneur, lui dit la femme, je vois que tu es prophète.

IV.20 Nos pères ont adoré sur cette montagne; et vous dites, vous, que le lieu où il faut adorer est à Jérusalem.

IV.21 Femme, lui dit Jésus, crois-moi, l'heure vient où ce ne sera ni sur cette montagne ni à Jérusalem que vous adorerez le Père.

IV.22 Vous adorez ce que vous ne connaissez pas; nous, nous adorons ce que nous connaissons, car le salut vient des Juifs.

IV.23 Mais l'heure vient, et elle est déjà venue, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité; car ce sont là les adorateurs que le Père demande.

IV.24 Dieu est Esprit, et il faut que ceux qui l'adorent
l'adorent en esprit et en vérité.

4.24 : Les Samaritains pensaient qu’il fallait adorer Dieu sur le mont Garizim en Samarie, les Juifs pensaient que c’était à Jérusalem qu’il fallait adorer. Jésus qui respectait la Loi, se rendit à Jérusalem " trois fois par année"(Exode 23.17, Deutéronome 16.16). Dans sa réponse à la Samaritaine, Jésus lui rappelle que le salut - c’est-à-dire le Messie - venait du sein du peuple juif. Mais Jésus affirme ici que Dieu accorde la priorité à l’attitude intérieure plutôt qu’ aux pèlerinages

(Hadjj : voir Al-Baqara, 2.196 ; Al-Hajj,22.27). L’apôtre Paul dira que "fête, nouvelle lune, sabbats" n’ étaient que " l’ombre des choses à venir", la réalité étant en Christ (Colossiens 2.16-17).

IV.25 La femme lui dit: Je sais que le Messie doit venir celui qu'on appelle Christ; quand il sera venu, il nous annoncera toutes choses.

IV.26 Jésus lui dit : Je le suis, moi qui te parle.

IV.27 Là-dessus arrivèrent ses disciples, qui furent étonnés de ce qu'il parlait avec une femme. Toutefois aucun ne dit: Que demandes-tu? ou: De quoi parles-tu avec elle?

IV.28 Alors la femme, ayant laissé sa cruche, s'en alla dans la ville, et dit aux gens:

IV.29 Venez voir un homme qui m'a dit tout ce que j'ai fait; ne serait-ce point le Christ?

IV.30 Ils sortirent de la ville, et ils vinrent vers lui.

IV.31 Pendant ce temps, les disciples le pressaient de manger, disant: Rabbi, mange.

IV.32 Mais il leur dit: J'ai à manger une nourriture que vous ne connaissez pas.

IV.33 Les disciples se disaient donc les uns aux autres: Quelqu'un lui aurait-il apporté à manger?

IV.34 Jésus leur dit: Ma nourriture est de faire la volonté de celui qui m'a envoyé, et d'accomplir son oeuvre.

IV.35 Ne dites-vous pas qu'il y a encore quatre mois jusqu'à la moisson? Voici, je vous le dis, levez les yeux, et regardez les champs qui déjà blanchissent pour la moisson.

IV.36 Celui qui moissonne reçoit un salaire, et amasse des fruits pour la vie éternelle, afin que celui qui sème et celui qui moissonne se réjouissent ensemble.

IV.37 Car en ceci ce qu'on dit est vrai: Autre est celui qui sème, et autre celui qui moissonne.

IV.38 Je vous ai envoyés moissonner ce que vous n'avez pas travaillé; d'autres ont travaillé, et vous êtes entrés dans leur travail.

IV.39 Plusieurs Samaritains de cette ville crurent en Jésus à cause de cette déclaration formelle de la femme: Il m'a dit tout ce que j'ai fait.

IV.40 Aussi, quand les Samaritains vinrent le trouver, ils le prièrent de rester auprès d'eux. Et il resta là deux jours.

IV.41 Un beaucoup plus grand nombre crurent à cause de sa parole;

IV.42 et ils disaient à la femme: Ce n'est plus à cause de ce que tu as dit que nous croyons; car nous l'avons entendu nous-mêmes, et nous savons qu'il est vraiment le Sauveur du monde.

IV.43 Après ces deux jours, Jésus partit de là, pour se rendre en Galilée;

IV.44 car il avait déclaré lui-même qu'un prophète n'est pas honoré dans sa propre patrie.

IV.45 Lorsqu'il arriva en Galilée, il fut bien reçu des Galiléens, qui avaient vu tout ce qu'il avait fait à Jérusalem pendant la fête; car eux aussi étaient allés à la fête.

IV.46 Il retourna donc à Cana en Galilée, où il avait changé l'eau en vin. Il y avait à Capernaüm (voir II.12) un officier du roi, dont le fils était malade.

IV.47 Ayant appris que Jésus était venu de Judée en Galilée, il alla vers lui, et le pria de descendre et de guérir son fils, qui était près de mourir.

IV. 48 Jésus lui dit: Si vous ne voyez des miracles et des prodiges, vous ne croyez point.

IV. 49 L'officier du roi lui dit: Seigneur, descends avant que mon enfant meure.

IV. 50 Va, lui dit Jésus, ton fils vit. Et cet homme crut à la parole que Jésus lui avait dite, et il s'en alla.

IV. 51 Comme déjà il descendait, ses serviteurs venant à sa rencontre, lui apportèrent cette nouvelle: Ton enfant vit.

IV. 52 Il leur demanda à quelle heure il s'était trouvé mieux; et ils lui dirent: Hier, à la septième heure (vers 13 heures), la fièvre l'a quitté.

IV. 53 Le père reconnut que c'était à cette heure-là que Jésus lui avait dit: Ton fils vit. Et il crut, lui et toute sa maison.

IV. 54 Jésus fit encore ce second miracle lorsqu'il fut venu de Judée en Galilée.

Injil - Chapitre V

V.1 Après cela, il y eut une fête des Juifs, et Jésus monta à Jérusalem.

V.2 Or, à Jérusalem, près de la porte des brebis, il y a une piscine qui s'appelle en hébreu Béthesda (ce qui signifie : Maison de miséricorde), et qui a cinq portiques.

V.3 Sous ces portiques étaient couchés en grand nombre des malades, des aveugles, des boiteux, des paralytiques, qui attendaient le mouvement de l'eau;

V.4 car un ange descendait de temps en temps dans la piscine, et agitait l'eau; et celui qui y descendait le premier après que l'eau avait été agitée était guéri, quelle que fût sa maladie.

V.5 Là se trouvait un homme malade depuis trente-huit ans.

V.6 Jésus, l'ayant vu couché, et sachant qu'il était malade depuis longtemps, lui dit: Veux-tu être guéri?

5.6 : On constate que Jésus respecte la liberté de ses auditeurs. Il n’impose pas la guérison physique. De même, il n’impose pas la guérison spirituelle. Cependant, le désir de Dieu c’est que tous les hommes soient sauvés : "(Dieu) qui veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité (1 Timothée 2:4). Jésus invite tous les hommes à venir à lui pour être sauvés : "Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos" (Matthieu 11:28). "...je ne mettrai pas dehors celui qui vient à moi (Jean 6:37). Vous, amis lecteurs, vous êtes invités à venir à Jésus pour être sauvés.

V.7 Le malade lui répondit: Seigneur, je n'ai personne pour me jeter dans la piscine quand l'eau est agitée, et, pendant que j'y vais, un autre descend avant moi.

V.8 Lève-toi, lui dit Jésus, prends ton lit, et marche.

V.9 Aussitôt cet homme fut guéri; il prit son lit, et marcha. C'était un jour de sabbat.

V.10 Les Juifs dirent donc à celui qui avait été guéri: C'est le sabbat; il ne t'est pas permis d'emporter ton lit.

5.10 : Le sabbat était le jour de repos, que les enfants d’Israël devaient consacrer à l’Eternel. "On travaillera six jours; mais le septième jour est le sabbat, le jour du repos, consacré à l'Eternel. Celui qui fera quelque ouvrage le jour du sabbat, sera puni de mort. / Les enfants d'Israël observeront le sabbat, en le célébrant, eux et leurs descendants, comme une alliance perpétuelle" (Exode 31:15-16 ). Jésus déclare qu’il est le "Maître du sabbat"(Matthieu 12.8) et donne à ses contemporains la vraie signification du sabbat : " Le sabbat a été fait pour l'homme, et non l'homme pour le sabbat" (Marc 2.27). "Il est donc permis de faire du bien les jours de sabbat " (Matthieu 12:12). Les Chrétiens, peuple de la Nouvelle Alliance (Jérémie 31.31, Psaume 102.19) ont coutume de se réunir le premier jour de la semaine, c’est-à-dire le dimanche, qui correspond au jour de la résurrection de Jésus (Jean 20.1 ; Actes 22.7 ; 1 Corinthiens 16.2). Dans l’Eglise primitive, certains considéraient que tous les jours étaient égaux, alors que d’autres faisaient des distinctions entre les jours de la semaine. "Tel fait une distinction entre les jours - écrit l’apôtre Paul - tel autre les estime tous égaux. Que chacun ait en son esprit une pleine conviction. Celui qui distingue entre les jours agit ainsi pour le Seigneur....(Romains 14:5-6). L’apôtre Paul reproche aux Galates d’attacher trop d’importance à l’observance de certains "jours, mois, temps et années"(Galates 4.10) et il écrit aux Colossiens : " Que personne donc ne vous juge ... au sujet d'une fête, d'une nouvelle lune, ou des sabbats: c'était l'ombre des choses à venir, mais le corps (la réalité) est en Christ" (Colossiens 2:16-17). Le Coran enseigne que, dans le passé, des transgresseurs du sabbat auraient été transformés en singes (Al-Baqara,2.65). Une légende du Talmud (Sanhédrin XI, 109 a) rapporte qu’au moment de la construction de la tour de Babel, certains rebelles furent transformés en singes.

 

V.11 Il leur répondit: Celui qui m'a guéri m'a dit: Prends ton lit, et marche.

V.12 Ils lui demandèrent: Qui est l'homme qui t'a dit: Prends ton lit, et marche?

V.13 Mais celui qui avait été guéri ne savait pas qui c'était; car Jésus avait disparu de la foule qui était en ce lieu.

V.14 Depuis, Jésus le trouva dans le temple, et lui dit: Voici, tu as été guéri; ne pèche plus, de peur qu'il ne t'arrive quelque chose de pire.

V.15 Cet homme s'en alla, et annonça aux Juifs que c'était Jésus qui l'avait guéri.

V.16 C'est pourquoi les Juifs poursuivaient Jésus, parce qu'il faisait ces choses le jour du sabbat.

V.17 Mais Jésus leur répondit: Mon Père agit jusqu'à présent; moi aussi, j'agis.

V.18 A cause de cela, les Juifs cherchaient encore plus à le faire mourir, non seulement parce qu'il violait le sabbat, mais parce qu'il appelait Dieu son propre Père,

se faisant lui-même égal à Dieu.

V.19 Jésus reprit donc la parole, et leur dit: En vérité, en vérité, je vous le dis, le Fils ne peut rien faire de lui-même, il ne fait que ce qu'il voit faire au Père; et tout ce que le Père fait, le Fils aussi le fait pareillement.

V.20 Car le Père aime le Fils, et lui montre tout ce qu'il fait; et il lui montrera des oeuvres plus grandes que celles-ci, afin que vous soyez dans l'étonnement.

V.21 Car, comme le Père ressuscite les morts et donne la vie, ainsi le Fils donne la vie à qui il veut.

V.22 Le Père ne juge personne, mais il a remis tout jugement au Fils,

V.23 afin que tous honorent le Fils comme ils honorent le Père. Celui qui n'honore pas le Fils

n'honore pas le Père qui l'a envoyé.

V.24 En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui écoute ma parole, et qui croit à celui qui m'a envoyé,

a la vie éternelle et ne vient point en jugement,

mais il est passé de la mort à la vie (voir note 17.17).

5.24 : Jésus utilise ici le présent et dit que celui qui croit "a" la vie éternelle, et non pas qu’il "aura" éventuellement la vie éternelle, lors de la résurrection. Mêmes affirmations en Jean 3:16 ; 3:36 ; 6.47 ; 6: 54; Romains 6:23 ;1 Jean 2:25 ; 5.11 ). "Je vous ai écrit ces choses, afin que vous sachiez que vous avez la vie éternelle, vous qui croyez au nom du Fils de Dieu"(1 Jean 5:13). C’est dès que nous naissons de nouveau par la foi (voir note 3.16), que nous recevons la vie éternelle. C’est là la bonne nouvelle de l’Evangile: avoir l’assurance de son salut ! Mais si la vie éternelle est acquise dès ici-bas, c’est donc maintenant qu’il faut la saisir. "Plus tard", peut devenir "trop tard", car".... il est réservé aux hommes de mourir une seule fois, après quoi vient le jugement" (Hébreux 9:27). Une fois mort, notre sort est scellé pour l’éternité. La Bible ne parle nulle part d’un lieu de purgation permettant d’expier nos péchés, mais de deux endroits seulement : le ciel ou paradis et l’enfer ou géhenne (Luc 16:23 ; Matthieu 25:46). Aussi, nous vous exhortons à accepter dès maintenant la vie éternelle que Jésus vous a acquise par son sacrifice à la croix ! (voir aussi note 3.16).

V.25 En vérité, en vérité, je vous le dis, l'heure vient, et elle est déjà venue, où les morts entendront la voix du Fils de Dieu; et ceux qui l'auront entendue vivront.

V.26 Car, comme le Père a la vie en lui-même, ainsi il a donné au Fils d'avoir la vie en lui-même.

V.27 Et il lui a donné le pouvoir de juger, parce qu'il est Fils de l'homme.

V.28 Ne vous étonnez pas de cela; car l'heure vient où tous ceux qui sont dans les sépulcres entendront sa voix, et en sortiront.

V.29 Ceux qui auront fait le bien ressusciteront pour la vie,

mais ceux qui auront fait le mal

ressusciteront pour le jugement.

V.30 Je ne puis rien faire de moi-même: selon que j'entends, je juge; et mon jugement est juste, parce que je ne cherche pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé.

V.31 Si c'est moi qui rends témoignage de moi-même, mon témoignage n'est pas vrai.

V.32 Il y en a un autre qui rend témoignage de moi, et je sais que le témoignage qu'il rend de moi est vrai.

V.33 Vous avez envoyé vers Jean, et il a rendu témoignage à la vérité.

V.34 Pour moi ce n'est pas d'un homme que je reçois le témoignage; mais je dis ceci, afin que vous soyez sauvés.

V.35 Jean était la lampe qui brûle et qui luit, et vous avez voulu vous réjouir une heure à sa lumière.

V.36 Moi, j'ai un témoignage plus grand que celui de Jean; car les oeuvres que le Père m'a donné d'accomplir, ces oeuvres mêmes que je fais, témoignent de moi que c'est le Père qui m'a envoyé.

V. 37 Et le Père qui m'a envoyé a rendu lui-même témoignage de moi. Vous n'avez jamais entendu sa voix, vous n'avez point vu sa face,

V.38 et sa parole ne demeure point en vous, parce que vous ne croyez pas à celui qu'il a envoyé (voir note 17.17 ).

V.39 Vous sondez les Ecritures, parce que vous pensez avoir en elles la vie éternelle: ce sont elles qui rendent témoignage de moi (voir 1.46).

V.40 Et vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie!

V.41 Je ne tire pas ma gloire des hommes.

V.42 Mais je sais que vous n'avez point en vous l'amour de Dieu.

V.43 Je suis venu au nom de mon Père, et vous ne me recevez pas; si un autre vient en son propre nom, vous le recevrez.

V.44 Comment pouvez-vous croire, vous qui tirez votre gloire les uns des autres, et qui ne cherchez point la gloire qui vient de Dieu seul?

V.45 Ne pensez pas que moi je vous accuserai devant le Père; celui qui vous accuse, c'est Moïse, en qui vous avez mis votre espérance.

V.46 Car si vous croyiez Moïse, vous me croiriez aussi, parce qu'il a écrit de moi.

V.47 Mais si vous ne croyez pas à ses écrits, comment croirez-vous à mes paroles?

5.47 : (Parole de Jésus) : 19 Il y avait un homme riche, qui était vêtu de pourpre et de fin lin, et qui chaque jour menait joyeuse et brillante vie.20 Un pauvre, nommé Lazare, était couché à sa porte, couvert d'ulcères,21 et désireux de se rassasier des miettes qui tombaient de la table du riche; et même les chiens venaient encore lécher ses ulcères.22 Le pauvre mourut, et il fut porté par les anges dans le sein d'Abraham. Le riche mourut aussi, et il fut enseveli.23 Dans le séjour des morts, il leva les yeux; et, tandis qu'il était en proie aux tourments, il vit de loin Abraham, et Lazare dans son sein.24 Il s'écria: Père Abraham, aie pitié de moi, et envoie Lazare, pour qu'il trempe le bout de son doigt dans l'eau et me rafraîchisse la langue; car je souffre cruellement dans cette flamme.25 Abraham répondit: Mon enfant, souviens-toi que tu as reçu tes biens pendant ta vie, et que Lazare a eu les maux pendant la sienne; maintenant il est ici consolé, et toi, tu souffres.26 D'ailleurs, il y a entre nous et vous un grand abîme, afin que ceux qui voudraient passer d'ici vers vous, ou de là vers nous, ne puissent le faire.27 Le riche dit: Je te prie donc, père Abraham, d'envoyer Lazare dans la maison de mon père;28 car j'ai cinq frères. C'est pour qu'il leur atteste ces choses, afin qu'ils ne viennent pas aussi dans ce lieu de tourments.29 Abraham répondit: Ils ont Moïse et les prophètes; qu'ils les écoutent.30 Et il dit: Non, père Abraham, mais si quelqu'un des morts va vers eux, ils se repentiront.31 Et Abraham lui dit: S'ils n'écoutent pas Moïse et les prophètes, ils ne se laisseront pas persuader quand même quelqu'un des morts ressusciterait" (Luc 16:19-31).

Le Coran, comme nous l’avons vu en exergue de ce commentaire, ordonne aussi aux gens ayant reçu les Écritures de s’appuyer sur elles (Al-Maidah,5.68).

Injil - Chapitre VI

VI.1 Après cela, Jésus s'en alla de l'autre côté de la mer de Galilée, de Tibériade (ville au bord du lac de Galilée ou lac de Tibériade).

VI.2 Une grande foule le suivait, parce qu'elle voyait les miracles qu'il opérait sur les malades.

VI.3 Jésus monta sur la montagne, et là il s'assit avec ses disciples.

VI.4 Or, la Pâque était proche, la fête des Juifs ( Voir note 2.13 ).

VI.5 Ayant levé les yeux, et voyant qu'une grande foule venait à lui, Jésus dit à Philippe: Où achèterons-nous des pains, pour que ces gens aient à manger?

VI.6 Il disait cela pour l'éprouver, car il savait ce qu'il allait faire.

VI.7 Philippe lui répondit: Les pains qu'on aurait pour deux cents deniers ne suffiraient pas pour que chacun en reçût un peu.

VI.8 Un de ses disciples, André, frère de Simon Pierre, lui dit:

VI.9 Il y a ici un jeune garçon qui a cinq pains d'orge et deux poissons; mais qu'est-ce que cela pour tant de gens?

VI.10 Jésus dit: Faites-les asseoir. Il y avait dans ce lieu beaucoup d'herbe. Ils s'assirent donc, au nombre d'environ cinq mille hommes.

VI.11 Jésus prit les pains, rendit grâces, et les distribua à ceux qui étaient assis; il leur donna de même des poissons, autant qu'ils en voulurent.

VI.12 Lorsqu'ils furent rassasiés, il dit à ses disciples: Ramassez les morceaux qui restent, afin que rien ne se perde.

VI.13 Ils les ramassèrent donc, et ils remplirent douze paniers avec les morceaux qui restèrent des cinq pains d'orge, après que tous eurent mangé.

VI.14 Ces gens, ayant vu le miracle que Jésus avait fait, disaient: Celui-ci est vraiment le prophète qui doit venir dans le monde.

VI.15 Et Jésus, sachant qu'ils allaient venir l'enlever pour le faire roi, se retira de nouveau sur la montagne, lui seul.

VI.16 Quand le soir fut venu, ses disciples descendirent au bord de la mer.

VI.17 Etant montés dans une barque, ils traversaient la mer pour se rendre à Capernaüm (voir II.12). Il faisait déjà nuit, et Jésus ne les avait pas encore rejoints.

VI.18 Il soufflait un grand vent, et la mer était agitée.

VI.19 Après avoir ramé environ vingt-cinq ou trente stades, ils virent Jésus marchant sur la mer et s'approchant de la barque. Et ils eurent peur.

VI.20 Mais Jésus leur dit: C'est moi; n'ayez pas peur!

VI.21 Ils voulaient donc le prendre dans la barque, et aussitôt la barque aborda au lieu où ils allaient.

VI.22 La foule qui était restée de l'autre côté de la mer avait remarqué qu'il ne se trouvait là qu'une seule barque, et que Jésus n'était pas monté dans cette barque avec ses disciples, mais qu'ils étaient partis seuls.

VI.23 Le lendemain, comme d'autres barques étaient arrivées de Tibériade près du lieu où ils avaient mangé le pain après que le Seigneur eut rendu grâces,

VI.24 les gens de la foule, ayant vu que ni Jésus ni ses disciples n'étaient là, montèrent eux-mêmes dans ces barques et allèrent à Capernaüm à la recherche de Jésus.

VI.25 Et l'ayant trouvé au delà de la mer, ils lui dirent: Rabbi, quand es-tu venu ici?

VI.26 Jésus leur répondit: En vérité, en vérité, je vous le dis, vous me cherchez, non parce que vous avez vu des miracles, mais parce que vous avez mangé des pains et que vous avez été rassasiés.

VI.27 Travaillez, non pour la nourriture qui périt, mais pour celle qui subsiste pour la vie éternelle, et que le Fils de l'homme vous donnera; car c'est lui que le Père, que Dieu a marqué de son sceau.

VI.28 Ils lui dirent :

Que devons-nous faire, pour faire les oeuvres de Dieu?

VI.29 Jésus leur répondit:

L'oeuvre de Dieu, c'est que vous croyiez en celui qu'il a envoyé.

VI.30 Quel miracle fais-tu donc, lui dirent-ils, afin que nous le voyions, et que nous croyions en toi? Que fais-tu?

VI.31 Nos pères ont mangé la manne dans le désert, selon ce qui est écrit: Il leur donna le pain du ciel à manger.

VI.32 Jésus leur dit: En vérité, en vérité, je vous le dis, Moïse ne vous a pas donné le pain du ciel, mais mon Père vous donne le vrai pain du ciel;

VI.33 car le pain de Dieu, c'est celui qui descend du ciel et qui donne la vie au monde.

VI.34 Ils lui dirent: Seigneur, donne-nous toujours ce pain.

VI.35 Jésus leur dit:

Je suis le pain de vie. Celui qui vient à moi n'aura jamais faim, et celui qui croit en moi n'aura jamais soif.

6.35 : Ici commence la série de sept affirmations de Jésus sur lui-même et introduites par l’expression "Je suis". Ainsi, Jésus affirme être : le pain de vie (Jean 6:35), la lumière du monde (Jean 8:12), la porte des brebis (Jean 10:7), le bon berger (Jean 10:11), la résurrection et la vie (Jean 11:25), le chemin, la vérité et la vie (Jean 14:6), le vrai cep (Jean 15:1). Mais l’expression : "Je suis", sans attribut, fait inévitablement penser au "Je suis" d’Exode 3:14: "Dieu dit à Moïse: Je suis celui qui suis. Et il ajouta: C'est ainsi que tu répondras aux enfants d'Israël: Celui qui s'appelle "je suis" m'a envoyé vers vous". (voir Jean 8:24, 28, 58 ; Jean 18:6). Voir 6.56.

VI.36 Mais, je vous l'ai dit, vous m'avez vu, et vous ne croyez point.

VI.37 Tous ceux que le Père me donne viendront à moi, et je ne mettrai pas dehors celui qui vient à moi;

VI.38 car je suis descendu du ciel pour faire, non ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé.

VI.39 Or, la volonté de celui qui m'a envoyé, c'est que je ne perde rien de tout ce qu'il m'a donné, mais que je le ressuscite au dernier jour.

VI.40 La volonté de mon Père, c'est que quiconque voit le Fils et croit en lui ait la vie éternelle; et je le ressusciterai au dernier jour.

VI.41 Les Juifs murmuraient à son sujet, parce qu'il avait dit: Je suis le pain qui est descendu du ciel.

VI.42 Et ils disaient: N'est-ce pas là Jésus, le fils de Joseph, celui dont nous connaissons le père et la mère? Comment donc dit-il: Je suis descendu du ciel?

VI.43 Jésus leur répondit: Ne murmurez pas entre vous.

VI.44 Nul ne peut venir à moi, si le Père qui m'a envoyé ne l'attire; et je le ressusciterai au dernier jour.

VI.45 Il est écrit dans les prophètes: Ils seront tous enseignés de Dieu. Ainsi quiconque a entendu le Père et a reçu son enseignement vient à moi.

VI.46 C'est que nul n'a vu le Père, sinon celui qui vient de Dieu; celui-là a vu le Père.

VI.47 En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi a la vie éternelle.

VI.48 Je suis le pain de vie.

VI.49 Vos pères ont mangé la manne dans le désert, et ils sont morts.

6.49 : La manne est l’aliment miraculeux que Dieu envoya aux israélites dans le désert, lors de l’exode (Exode 16:31). Le Coran mentionne la manne en Al-Baqara, 2.57 ; Al-Araf,7.160 ; Taha,20.80).

VI.50 C'est ici le pain qui descend du ciel, afin que celui qui en mange ne meure point.

VI.51 Je suis le pain vivant qui est descendu du ciel. Si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternellement; et le pain que je donnerai, c'est ma chair, que je donnerai pour la vie du monde.

VI.52 Là-dessus, les Juifs disputaient entre eux, disant: Comment peut-il nous donner sa chair à manger?

VI.53 Jésus leur dit: En vérité, en vérité, je vous le dis, si vous ne mangez la chair du Fils de l'homme, et si vous ne buvez son sang, vous n'avez point la vie en vous-mêmes.

VI.54 Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang a la vie éternelle; et je le ressusciterai au dernier jour.

VI.55 Car ma chair est vraiment une nourriture, et mon sang est vraiment un breuvage.

VI.56 Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang demeure en moi, et je demeure en lui.

6.56 : Quand Jésus déclare qu’il est : le pain de vie (Jean 6:35), la lumière du monde (Jean 8:12), la porte des brebis (Jean 10:7), le chemin (Jean 14:6), le vrai cep (Jean 15:1), il utilise un langage allégorique ou métaphorique. Dans ses paraboles - on en dénombre plus de 30 dans les évangiles - Jésus utilise les mêmes figures de style. L’affirmation du verset VI.56 est aussi une métaphore. Il ne s’agit pas de devenir anthropophage et manger la chair de Jésus, ni de devenir vampire, en buvant son sang, mais il s’agit de nous approprier l’oeuvre et l’enseignement de Jésus. Il déclare lui-même en VI.63 que ses paroles sont "esprit et vie", et ne sont donc pas à prendre physiquement. Il en est de même, lorsque Jésus institua la Sainte-Cène. "Pendant qu'ils mangeaient, Jésus prit du pain; et, après avoir rendu grâces, il le rompit, et le donna aux disciples, en disant: Prenez, mangez, ceci est mon corps (qui est rompu pour vous). / Il prit ensuite une coupe; et, après avoir rendu grâces, il la leur donna, en disant: Buvez-en tous; / car ceci est mon sang, le sang de l'alliance, qui est répandu pour plusieurs, pour la rémission des péchés ( Faites ceci en mémoire de moi toutes les fois que vous en boirez)" (Matthieu 26 :26-28 ; 1 Corinthiens 11 :24-25). Comme Jésus était présent à ce repas, les apôtres comprirent que la rémission des péchés était liée aux souffrances physiques de Jésus et à l’ effusion de son sang. Ils ne voyaient dans les paroles de Jésus nul indice d’une transsubstantiation. Ils savaient que "le Dieu qui a fait le monde et tout ce qui s'y trouve, étant le Seigneur du ciel et de la terre, n'habite point dans des temples faits de main d'homme" , donc pas dans un tabernacle ! (Actes 17:24 ; 1 Rois 8:27 ; Esaïe 66:1). "Car Christ ... est entré dans le ciel même, afin de comparaître maintenant pour nous devant la face de Dieu" (Hébreux 9:24). "Repentez-vous donc et convertissez-vous, pour que vos péchés soient effacés, afin que des temps de rafraîchissement viennent de la part du Seigneur, / et qu'il envoie celui qui vous a été destiné, Jésus-Christ, / que le ciel doit recevoir jusqu'aux temps du rétablissement de toutes choses, dont Dieu a parlé anciennement par la bouche de ses saints prophètes" (Actes 3:19 -21). Depuis son Ascension, la demeure de Jésus est le ciel, ( et non dans un tabernacle), et ceci, jusqu’au jour de son retour.

VI.57 Comme le Père qui est vivant m'a envoyé, et que je vis par le Père, ainsi celui qui me mange vivra par moi.

VI.58 C'est ici le pain qui est descendu du ciel. Il n'en est pas comme de vos pères qui ont mangé la manne et qui sont morts: celui qui mange ce pain vivra éternellement.

VI.59 Jésus dit ces choses dans la synagogue, enseignant à Capernaüm.

VI.60 Plusieurs de ses disciples, après l'avoir entendu, dirent: Cette parole est dure; qui peut l'écouter?

VI.61 Jésus, sachant en lui-même que ses disciples murmuraient à ce sujet, leur dit: Cela vous scandalise-t-il?

VI.62 Et si vous voyez le Fils de l'homme monter où il était auparavant?...

6.62 : C’est ici, de la part de Jésus, une allusion très claire à son ascension, à son retour au ciel. Voici ce que dit le livre des Actes: "Après qu'il eut souffert, il leur apparut vivant, et leur en donna plusieurs preuves, se montrant à eux pendant quarante jours, et parlant des choses qui concernent le royaume de Dieu... Après avoir dit cela, il fut élevé pendant qu'ils le regardaient, et une nuée le déroba à leurs yeux. / Et comme ils avaient les regards fixés vers le ciel pendant qu'il s'en allait, voici, deux hommes vêtus de blanc leur apparurent, / et dirent: Hommes Galiléens, pourquoi vous arrêtez-vous à regarder au ciel? Ce Jésus, qui a été enlevé au ciel du milieu de vous, viendra de la même manière que vous l'avez vu allant au ciel"(Actes 1.3, 9-11). L’apôtre Paul déclara : ".... Christ est mort; bien plus, il est ressuscité, il est à la droite de Dieu, et il intercède pour nous!" (Romains 8:34). Le Coran lui aussi reconnaît que présentement Jésus est au ciel auprès de Dieu: "Allah l'a élevé à lui, et Allah est puissant et sage" (An-Nisaa,4.158).

VI.63 C'est l'esprit qui vivifie; la chair ne sert de rien. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et vie (voir note 16.13).

VI.64 Mais il en est parmi vous quelques-uns qui ne croient point. Car Jésus savait dès le commencement qui étaient ceux qui ne croyaient point, et qui était celui qui le livrerait.

VI.65 Et il ajouta: C'est pourquoi je vous ai dit que nul ne peut venir à moi, si cela ne lui a été donné par le Père.

VI.66 Dès ce moment, plusieurs de ses disciples se retirèrent, et ils n'allaient plus avec lui.

VI.67 Jésus donc dit aux douze: Et vous, ne voulez-vous pas aussi vous en aller?

VI.68 Simon Pierre lui répondit:

Seigneur, à qui irions-nous?

Tu as les paroles de la vie éternelle.

VI.69 Et nous avons cru et nous avons connu que

tu es le Christ, le Saint de Dieu.

VI.70 Jésus leur répondit: N'est-ce pas moi qui vous ai choisis, vous les douze? Et l'un de vous est un démon!

VI.71 Il parlait de Judas Iscariot, fils de Simon; car c'était lui qui devait le livrer, lui, l'un des douze.

6.71 : Judas, en effet, se rendit auprès des chefs religieux et leur demanda : Que voulez-vous me donner, et je vous le livrerai? Et ils lui payèrent trente pièces d'argent (Matthieu 26:15). Zacharie [520-480 av. J.-C.] prophétisa ainsi : "Je leur dis: Si vous le trouvez bon, donnez-moi mon salaire; sinon, ne le donnez pas. Et ils pesèrent pour mon salaire trente sicles d'argent. / L'Eternel me dit: Jette-le au potier, ce prix magnifique auquel ils m'ont estimé! Et je pris les trente sicles d'argent, et je les jetai dans la maison de l'Eternel, pour le potier"(Zacharie11:12-13).

Injil - Chapitre VII

VII. 1 Après cela, Jésus parcourait la Galilée, car il ne voulait pas séjourner en Judée (voir 4.5), parce que les Juifs cherchaient à le faire mourir.

VII. 2 Or, la fête des Juifs, la fête des Tabernacles, était proche.

7.2 : "Parle aux enfants d'Israël, et dis: Le quinzième jour de ce septième mois, ce sera la fête des tabernacles en l'honneur de l'Eternel, pendant sept jours" (Lévitique 23:34). C’est une des trois solennités où les juifs se rendaient à Jérusalem (Deutéronome 16:16).

VII. 3 Et ses frères lui dirent: Pars d'ici, et va en Judée (voir 4.5), afin que tes disciples voient aussi les oeuvres que tu fais.

VII. 4 Personne n'agit en secret, lorsqu'il désire paraître: si tu fais ces choses, montre-toi toi-même au monde.

VII. 5 Car ses frères non plus ne croyaient pas en lui.

7.5 : Ses frères ne vinrent à la foi qu’après la résurrection de Jésus (Actes 1:14).

VII. 6 Jésus leur dit: Mon temps n'est pas encore venu, mais votre temps est toujours prêt.

VII. 7 Le monde ne peut vous haïr; moi, il me hait, parce que je rends de lui le témoignage que ses oeuvres sont mauvaises.

VII. 8 Montez, vous, à cette fête; pour moi, je n'y monte point (encore), parce que mon temps n'est pas encore accompli.

VII. 9 Après leur avoir dit cela, il resta en Galilée.

VII. 10 Lorsque ses frères furent montés à la fête, il y monta aussi lui-même, non publiquement, mais comme en secret.

VII. 11 Les Juifs le cherchaient pendant la fête, et disaient: Où est-il?

VII. 12 Il y avait dans la foule grande rumeur à son sujet. Les uns disaient: C'est un homme de bien. D'autres disaient: Non, il égare la multitude.

VII. 13 Personne, toutefois, ne parlait librement de lui, par crainte des Juifs.

VII.14 Vers le milieu de la fête, Jésus monta au temple. Et il enseignait.

VII.15 Les Juifs s'étonnaient, disant: Comment connaît-il les Ecritures, lui qui n'a point étudié?

VII.16 Jésus leur répondit: Ma doctrine n'est pas de moi, mais de celui qui m'a envoyé.

VII. 17 Si quelqu'un veut faire sa volonté, il connaîtra si ma doctrine est de Dieu, ou si je parle de mon chef.

VII. 18 Celui qui parle de son chef cherche sa propre gloire; mais celui qui cherche la gloire de celui qui l'a envoyé, celui-là est vrai, et il n'y a point d'injustice en lui.

VII. 19 Moïse ne vous a-t-il pas donné la loi? Et nul de vous n'observe la loi. Pourquoi cherchez-vous à me faire mourir?

VII. 20 La foule répondit: Tu as un démon. Qui est-ce qui cherche à te faire mourir?

VII. 21 Jésus leur répondit: J'ai fait une oeuvre, et vous en êtes tous étonnés.

VII. 22 Moïse vous a donné la circoncision, -non qu'elle vienne de Moïse, car elle vient des patriarches, -et vous circoncisez un homme le jour du sabbat.

VII. 23 Si un homme reçoit la circoncision le jour du sabbat, afin que la loi de Moïse ne soit pas violée, pourquoi vous irritez-vous contre moi de ce que j'ai guéri un homme tout entier le jour du sabbat?

VII. 24 Ne jugez pas selon l'apparence, mais jugez selon la justice.

VII. 25 Quelques habitants de Jérusalem disaient: N'est-ce pas là celui qu'ils cherchent à faire mourir?

VII. 26 Et voici, il parle librement, et ils ne lui disent rien! Est-ce que vraiment les chefs auraient reconnu qu'il est le Christ?

VII. 27 Cependant celui-ci, nous savons d'où il est; mais le Christ, quand il viendra, personne ne saura d'où il est.

VII. 28 Et Jésus, enseignant dans le temple, s'écria: Vous me connaissez, et vous savez d'où je suis! Je ne suis pas venu de moi-même: mais celui qui m'a envoyé est vrai, et vous ne le connaissez pas.

VII. 29 Moi, je le connais; car je viens de lui, et c'est lui qui m'a envoyé.

VII. 30 Ils cherchaient donc à se saisir de lui, et personne ne mit la main sur lui, parce que son heure n'était pas encore venue.

VII. 31 Plusieurs parmi la foule crurent en lui, et ils disaient: Le Christ, quand il viendra, fera-t-il plus de miracles que n'en a fait celui-ci?

VII. 32 Les pharisiens entendirent la foule murmurant de lui ces choses. Alors les principaux sacrificateurs et les pharisiens envoyèrent des huissiers pour le saisir.

VII. 33 Jésus dit: Je suis encore avec vous pour un peu de temps, puis je m'en vais vers celui qui m'a envoyé.

VII. 34 Vous me chercherez et vous ne me trouverez pas, et vous ne pouvez venir où je serai.

VII. 35 Sur quoi les Juifs dirent entre eux: Où ira-t-il, que nous ne le trouvions pas? Ira-t-il parmi ceux qui sont dispersés chez les Grecs, et enseignera-t-il les Grecs?

VII. 36 Que signifie cette parole qu'il a dite: Vous me chercherez et vous ne me trouverez pas, et vous ne pouvez venir où je serai?

VII. 37 Le dernier jour, le grand jour de la fête, Jésus, se tenant debout, s'écria: Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à moi, et qu'il boive.

VII. 38 Celui qui croit en moi, des fleuves d'eau vive

couleront de son sein,

comme dit l'Ecriture.

VII. 39 Il dit cela de l'Esprit que devaient recevoir ceux qui croiraient en lui; car l'Esprit n'était pas encore (répandu), parce que Jésus n'avait pas encore été glorifié (voir note 16.13).

VII. 40 Des gens de la foule, ayant entendu ces paroles, disaient: Celui-ci est vraiment le prophète.

VII. 41 D'autres disaient: C'est le Christ. Et d'autres disaient: Est-ce bien de la Galilée que doit venir le Christ?

VII. 42 L'Ecriture ne dit-elle pas que c'est de la postérité de David, et du village de Bethléhem, où était David, que le Christ doit venir?(voir note 1.16).

VII. 43 Il y eut donc, à cause de lui, division parmi la foule.

VII. 44 Quelques-uns d'entre eux voulaient le saisir, mais personne ne mit la main sur lui.

VII. 45 Ainsi les huissiers retournèrent vers les principaux sacrificateurs et les pharisiens. Et ceux-ci leur dirent: Pourquoi ne l'avez-vous pas amené?

VII. 46 Les huissiers répondirent: Jamais homme n'a parlé comme cet homme.

VII. 47 Les pharisiens leur répliquèrent: Est-ce que vous aussi, vous avez été séduits?

VII. 48 Y a-t-il quelqu'un des chefs ou des pharisiens qui ait cru en lui?

VII. 49 Mais cette foule qui ne connaît pas la loi, ce sont des maudits!

VII. 50 Nicodème, qui était venu de nuit vers Jésus, et qui était l'un d'entre eux, leur dit:

VII. 51 Notre loi condamne-t-elle un homme avant qu'on l'entende et qu'on sache ce qu'il a fait?

VII. 52 Ils lui répondirent: Es-tu aussi Galiléen? Examine, et tu verras que de la Galilée il ne sort point de prophète(voir note 1.16).

VII. 53 Et chacun s'en retourna dans sa maison.

Injil - Chapitre VIII

VIII. 1 Jésus se rendit à la montagne des oliviers.

VIII. 2 Mais, dès le matin, il alla de nouveau dans le temple, et tout le peuple vint à lui. S'étant assis, il les enseignait.

VIII. 3 Alors les scribes (interprètes de la loi) et les pharisiens amenèrent une femme surprise en adultère; et, la plaçant au milieu du peuple,

VIII. 4 ils dirent à Jésus: Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d'adultère.

8.4 : L’adultère, interdit par le décalogue ["Tu ne commettras point d'adultère" (Exode 20:14) ] a été vivement réprimé : "Si un homme commet un adultère avec une femme mariée, s'il commet un adultère avec la femme de son prochain, l'homme et la femme adultères seront punis de mort" (Lévitique 20:10). "...Ne vous y trompez pas: ni les impudiques, ni les idolâtres, ni les adultères... n'hériteront le royaume de Dieu (1 Corinthiens 6:9-10). Le Coran châtie sévèrement les adultères : "Vous infligerez à l'homme et à la femme adultères cent coups de fouet à chacun. Que la compassion ne vous entrave pas dans l'accomplissement de ce précepte d'Allah, si vous croyez en Allah et au jour dernier. Que le supplice ait lieu en présence d'un certain nombre de croyants." (An-Nur,24.2). Le châtiment devait frapper le couple adultère, et pas seulement la femme (voir aussi note 4.18 et 8.6).

VIII. 5 Moïse, dans la loi, nous a ordonné de lapider de telles femmes: toi donc, que dis-tu?

VIII. 6 Ils disaient cela pour l'éprouver, afin de pouvoir l'accuser. Mais Jésus, s'étant baissé, écrivait avec le doigt sur la terre.

8.6 : Les scribes et les pharisiens voulurent tendre un piège à Jésus. S’il avait dit qu’il fallait la lapider, il se serait opposé aux autorités romaines qui interdirent aux Juifs de prononcer la condamnation à mort. S’il avait répondu par la négative, on aurait pu l’accuser d’infidélité vis-à-vis de la Loi. Les scribes et les pharisiens essayèrent aussi de le piéger en lui demandant s’il était permis de payer le tribu à César (Matthieu 22.15). En répondant par la négative, on pouvait l’accuser de subversion. En répondant par la positive, on pouvait l’accuser de collaboration avec les autorités païennes. Alors Jésus leur réclama une pièce de monnaie et leur demanda de qui était l’effigie et l’inscription sur cette pièce de monnaie. Ils répondirent : "De César". Alors il leur dit: "Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu" (Matthieu 22.21).

VIII. 7 Comme ils continuaient à l'interroger, il se releva et leur dit:

Que celui de vous qui est sans péché

jette le premier la pierre contre elle.

VIII. 8 Et s'étant de nouveau baissé, il écrivait sur la terre.

VIII. 9 Quand ils entendirent cela, accusés par leur conscience, ils se retirèrent un à un, depuis les plus âgés jusqu'aux derniers; et Jésus resta seul avec la femme qui était là au milieu.

VIII. 10 Alors s'étant relevé, et ne voyant plus que la femme, Jésus lui dit: Femme, où sont ceux qui t'accusaient? Personne ne t'a-t-il condamnée?

VIII. 11 Elle répondit: Non, Seigneur. Et Jésus lui dit: Je ne te condamne pas non plus: va, et ne pèche plus.

VIII. 12 Jésus leur parla de nouveau, et dit: Je suis la lumière du monde; celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie.

VIII. 13 Là-dessus, les pharisiens lui dirent: Tu rends témoignage de toi-même; ton témoignage n'est pas vrai.

VIII. 14 Jésus leur répondit: Quoique je rende témoignage de moi-même, mon témoignage est vrai, car je sais d'où je suis venu et où je vais; mais vous, vous ne savez d'où je viens ni où je vais.

VIII. 15 Vous jugez selon la chair; moi, je ne juge personne.

VIII. 16 Et si je juge, mon jugement est vrai, car je ne suis pas seul; mais le Père qui m'a envoyé est avec moi.

VIII. 17 Il est écrit dans votre loi que le témoignage de deux hommes est vrai;

VIII. 18 je rends témoignage de moi-même, et le Père qui m'a envoyé rend témoignage de moi.

VIII. 19 Ils lui dirent donc: Où est ton Père? Jésus répondit: Vous ne connaissez ni moi, ni mon Père. Si vous me connaissiez, vous connaîtriez aussi mon Père.

VIII. 20 Jésus dit ces paroles, enseignant dans le temple, au lieu où était le trésor; et personne ne le saisit, parce que son heure n'était pas encore venue.

VIII. 21 Jésus leur dit encore: Je m'en vais, et vous me chercherez, et vous mourrez dans votre péché; vous ne pouvez venir où je vais.

VIII. 22 Sur quoi les Juifs dirent: Se tuera-t-il lui-même, puisqu'il dit: Vous ne pouvez venir où je vais?

VIII. 23 Et il leur dit: Vous êtes d'en bas; moi, je suis d'en haut. Vous êtes de ce monde; moi, je ne suis pas de ce monde.

VIII. 24 C'est pourquoi je vous ai dit que vous mourrez dans vos péchés;

car si vous ne croyez pas ce que je suis ,

vous mourrez dans vos péchés

( littéralement : si vous ne croyez pas que Moi : Je suis).

8.24 : Nos péchés ne peuvent être effacés sans sacrifice expiatoire agréé par Dieu. Or le sacrifice expiatoire ne peut être agréé par Dieu qu’à une double condition : premièrement, le sacrificateur doit être parfait et deuxièmement, la victime expiatoire doit être parfaite. (La perfection est un attribut divin). Or Jésus est ce sacrificateur parfait : "Il nous convenait, en effet, d'avoir un souverain sacrificateur comme lui, saint, innocent, sans tache, séparé des pécheurs, et plus élevé que les cieux" (Hébreux 7:26). Et Jésus a aussi été la victime parfaite"qui s'est donné lui-même pour nos péchés, afin de nous arracher du présent siècle mauvais..."( Galates 1:4) . "... ce n'est pas par des choses périssables, par de l'argent ou de l'or, que vous avez été rachetés de la vaine manière de vivre que vous aviez héritée de vos pères, mais par le sang précieux de Christ, comme d'un agneau sans défaut et sans tache" (1 Pierre 1:18-19, voir aussi Romains 3:25 ; 1 Jean 2:2 ; 4:10 ). "Car Dieu était en Christ, réconciliant le monde avec lui-même, en n'imputant point aux hommes leurs offenses, et il a mis en nous la parole de la réconciliation./ Nous faisons donc les fonctions d'ambassadeurs pour Christ, comme si Dieu exhortait par nous; nous vous en supplions au nom de Christ: Soyez réconciliés avec Dieu!" (2 Corinthiens 5:19-20).(voir aussi 1.2; 1.3; 14.28).

VIII. 25 Qui es-tu? lui dirent-ils. Jésus leur répondit: Ce que je vous dis dès le commencement.

VIII. 26 J'ai beaucoup de choses à dire de vous et à juger en vous; mais celui qui m'a envoyé est vrai, et ce que j'ai entendu de lui, je le dis au monde.

VIII. 27 Ils ne comprirent point qu'il leur parlait du Père.

VIII. 28 Jésus donc leur dit: Quand vous aurez élevé le Fils de l'homme, alors vous connaîtrez ce que je suis (littéralement : que Moi: Je suis), et que je ne fais rien de moi-même, mais que je parle selon ce que le Père m'a enseigné.

VIII. 29 Celui qui m'a envoyé est avec moi; il ne m'a pas laissé seul, parce que je fais toujours ce qui lui est agréable.

VIII. 30 Comme Jésus parlait ainsi, plusieurs crurent en lui.

VIII. 31 Et il dit aux Juifs qui avaient cru en lui: Si vous demeurez dans ma parole, vous êtes vraiment mes disciples;(voir note 17.17).

VIII. 32 vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous affranchira.

VIII. 33 Ils lui répondirent: Nous sommes la postérité d'Abraham, et nous ne fûmes jamais esclaves de personne; comment dis-tu: Vous deviendrez libres?

8.33 : Divers exégètes situent la vie d’Abraham entre 2166 et 1991 av. J.-C. Il est l’ancêtre des Hébreux, le père des croyants (Romains 4:16) et l’ami de Dieu (Jacques 2:27). Dieu lui donna, ainsi qu’à sa postérité le pays, "depuis le fleuve d’Egypte, jusqu’au grand fleuve, au fleuve d’Euphrate" (Genèse 15: 18). Dieu lui fit cette promesse, après l’avoir éprouvé en lui demandant de lui sacrifier son fils :"Toutes les nations de la terre seront bénies en ta postérité, parce que tu as obéi à ma voix" ( Genèse 22:18). Cette postérité, en qui toutes les nations seront bénies, c’est le Messie Jésus (Galates 3:16). Abraham était le père d’Ismaël et d’Isaac. L’Ancien Testament mentionne Abraham plus de 200 fois, le Nouveau Testament, plus de 70 fois et le Coran évoque "Ibrâhima" 60 fois. Il y est qualifié de "vrai croyant" (An-Nahl,16.120), de "serviteur" (Sad,38.45) doux, compatissant, enclin à l’indulgence (Hud,11.75). La foi d’Abraham - qui était une obéissance à Dieu - nous est donné en exemple : "Abraham crut à Dieu, et cela lui fut imputé à justice" (Romains 4:3). "...ce sont ceux qui ont la foi qui sont fils d'Abraham" ( Galates 3:7) . "Et si vous êtes à Christ, vous êtes donc la postérité d'Abraham, héritiers selon la promesse" (Galates 3:29 ).

VIII. 34 En vérité, en vérité, je vous le dis, leur répliqua Jésus, quiconque se livre au péché est esclave du péché.

VIII. 35 Or, l'esclave ne demeure pas toujours dans la maison; le fils y demeure toujours.

VIII.36 Si donc le Fils vous affranchit,

vous serez réellement libres.

VIII. 37 Je sais que vous êtes la postérité d'Abraham; mais vous cherchez à me faire mourir, parce que ma parole ne pénètre pas en vous.

VIII. 38 Je dis ce que j'ai vu chez mon Père; et vous, vous faites ce que vous avez entendu de la part de votre père

( note 17.17).

VIII. 39 Ils lui répondirent: Notre père, c'est Abraham. Jésus leur dit: Si vous étiez enfants d'Abraham, vous feriez les oeuvres d'Abraham.

VIII. 40 Mais maintenant vous cherchez à me faire mourir, moi qui vous ai dit la vérité que j'ai entendue de Dieu. Cela, Abraham ne l'a point fait.

VIII. 41 Vous faites les oeuvres de votre père. Ils lui dirent: Nous ne sommes pas des enfants illégitimes; nous avons un seul Père, Dieu.

VIII. 42 Jésus leur dit:

Si Dieu était votre Père, vous m'aimeriez,

car c'est de Dieu que je suis sorti et que je viens;

je ne suis pas venu de moi-même,

mais c'est lui qui m'a envoyé.

VIII. 43 Pourquoi ne comprenez-vous pas mon langage? Parce que vous ne pouvez écouter ma parole.

VIII. 44 Vous avez pour père le diable, et vous voulez accomplir les désirs de votre père. Il a été meurtrier dès le commencement, et il ne se tient pas dans la vérité, parce qu'il n'y a pas de vérité en lui. Lorsqu'il profère le mensonge, il parle de son propre fonds; car il est menteur et le père du mensonge.

VIII. 45 Et moi, parce que je dis la vérité, vous ne me croyez pas.

VIII. 46 Qui de vous me convaincra de péché? Si je dis la vérité, pourquoi ne me croyez-vous pas?

8.46 : Personne n’a jamais pu accuser Jésus de péché (Actes 3:14; 7:52; Hébreux 4:16 ; 1 Pierre 1:19; voir aussi la note 8.24). Le Coran et la Sunna reconnaissent de même que Jésus était sans péché (Maryam,19.19). Or La Bible proclame, en plusieurs endroits, qu’il n’y a, dans toute l’humanité "point de juste, pas même un seul"(Psaume 14:3 ; Psaume 53:4; Romains 3:10, 12, 23 ; 5:12). Même Marie, la mère de Jésus, appelle Dieu "mon Sauveur" et elle l’exalte d’avoir " jeté les yeux sur la bassesse de sa servante" ( Luc 1:47-48 ). Jean-Baptiste, bien qu’il soit le plus grand des humains (Matthieu 11:11) reconnaît son indignité, face à Jésus (Jean 1:27) et son besoin d’être baptisé par lui du baptême de repentance (Matthieu 3:14).

VIII. 47 Celui qui est de Dieu, écoute les paroles de Dieu; vous n'écoutez pas, parce que vous n'êtes pas de Dieu (note 17.17).

VIII. 48 Les Juifs lui répondirent: N'avons-nous pas raison de dire que tu es un Samaritain, et que tu as un démon?

VIII. 49 Jésus répliqua: Je n'ai point de démon; mais j'honore mon Père, et vous m'outragez.

VIII. 50 Je ne cherche point ma gloire; il en est un qui la cherche et qui juge.

VIII. 51 En vérité, en vérité, je vous le dis, si quelqu'un garde ma parole, il ne verra jamais la mort (voir note 17.17).

VIII. 52 Maintenant, lui dirent les Juifs, nous connaissons que tu as un démon. Abraham est mort, les prophètes aussi, et tu dis: Si quelqu'un garde ma parole, il ne verra jamais la mort.

VIII. 53 Es-tu plus grand que notre père Abraham, qui est mort? Les prophètes aussi sont morts. Qui prétends-tu être?

VIII. 54 Jésus répondit: Si je me glorifie moi-même, ma gloire n'est rien. C'est mon Père qui me glorifie, lui que vous dites être votre Dieu,

VIII. 55 et que vous ne connaissez pas. Pour moi, je le connais; et, si je disais que je ne le connais pas, je serais semblable à vous, un menteur. Mais je le connais, et je garde sa parole.

VIII. 56 Abraham, votre père, a tressailli de joie de ce qu'il verrait mon jour: il l'a vu, et il s'est réjoui.

VIII. 57 Les Juifs lui dirent: Tu n'as pas encore cinquante ans, et tu as vu Abraham!

VIII. 58 Jésus leur dit: En vérité, en vérité, je vous le dis, avant qu'Abraham fût, je suis (littéralement : avant qu’Abraham devint, Moi : Je suis).

VIII. 59 Là-dessus, ils prirent des pierres pour les jeter contre lui; mais Jésus se cacha, et il sortit du temple.

Injil - Chapitre IX

IX. 1 Jésus vit, en passant, un homme aveugle de naissance.

IX. 2 Ses disciples lui firent cette question: Rabbi, qui a péché, cet homme ou ses parents, pour qu'il soit né aveugle?

IX. 3 Jésus répondit: Ce n'est pas que lui ou ses parents aient péché; mais c'est afin que les oeuvres de Dieu soient manifestées en lui.

IX.4 Il faut que je fasse, tandis qu'il est jour, les oeuvres de celui qui m'a envoyé; la nuit vient, où personne ne peut travailler.

IX. 5 Pendant que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde.

IX. 6 Après avoir dit cela, il cracha à terre, et fit de la boue avec sa salive. Puis il appliqua cette boue sur les yeux de l'aveugle,

IX. 7 et lui dit: Va, et lave-toi au réservoir de Siloé nom qui signifie envoyé). Il y alla, se lava, et s'en retourna voyant clair.

IX. 8 Ses voisins et ceux qui auparavant l'avaient connu comme un mendiant disaient: N'est-ce pas là celui qui se tenait assis et qui mendiait?

IX. 9 Les uns disaient: C'est lui. D'autres disaient: Non, mais il lui ressemble. Et lui-même disait: C'est moi.

IX. 10 Ils lui dirent donc: Comment tes yeux ont-ils été ouverts?

IX. 11 Il répondit: L'homme qu'on appelle Jésus a fait de la boue, a oint mes yeux, et m'a dit: Va au réservoir de Siloé, et lave-toi. J'y suis allé, je me suis lavé, et j'ai recouvré la vue.

IX. 12 Ils lui dirent: Où est cet homme? Il répondit: Je ne sais.

IX. 13 Ils menèrent vers les pharisiens celui qui avait été aveugle.

IX. 14 Or, c'était un jour de sabbat que Jésus avait fait de la boue, et lui avait ouvert les yeux.

IX. 15 De nouveau, les pharisiens aussi lui demandèrent comment il avait recouvré la vue. Et il leur dit: Il a appliqué de la boue sur mes yeux, je me suis lavé, et je vois.

IX. 16 Sur quoi quelques-uns des pharisiens dirent: Cet homme ne vient pas de Dieu, car il n'observe pas le sabbat. D'autres dirent: Comment un homme pécheur peut-il faire de tels miracles? (9-17) Et il y eut division parmi eux.

IX. 17 Ils dirent encore à l'aveugle: Toi, que dis-tu de lui, sur ce qu'il t'a ouvert les yeux? Il répondit: C'est un prophète.

IX. 18 Les Juifs ne crurent point qu'il eût été aveugle et qu'il eût recouvré la vue jusqu'à ce qu'ils eussent fait venir ses parents.

IX. 19 Et ils les interrogèrent, disant: Est-ce là votre fils, que vous dites être né aveugle? Comment donc voit-il maintenant?

IX. 20 Ses parents répondirent: Nous savons que c'est notre fils, et qu'il est né aveugle;

IX. 21 mais comment il voit maintenant, ou qui lui a ouvert les yeux, c'est ce que nous ne savons. Interrogez-le lui-même, il a de l'âge, il parlera de ce qui le concerne.

IX. 22 Ses parents dirent cela parce qu'ils craignaient les Juifs; car les Juifs étaient déjà convenus que, si quelqu'un reconnaissait Jésus pour le Christ, il serait exclu de la synagogue.

IX. 23 C'est pourquoi ses parents dirent: Il a de l'âge, interrogez-le lui-même.

IX. 24 Les pharisiens appelèrent une seconde fois l'homme qui avait été aveugle, et ils lui dirent: Donne gloire à Dieu; nous savons que cet homme est un pécheur.

IX. 25 Il répondit: S'il est un pécheur, je ne sais; je sais une chose, c'est que j'étais aveugle et que maintenant je vois.

IX. 26 Ils lui dirent: Que t'a-t-il fait? Comment t'a-t-il ouvert les yeux?

IX. 27 Il leur répondit: Je vous l'ai déjà dit, et vous n'avez pas écouté; pourquoi voulez-vous l'entendre encore? Voulez-vous aussi devenir ses disciples?

IX. 28 Ils l'injurièrent et dirent: C'est toi qui es son disciple; nous, nous sommes disciples de Moïse.

IX. 29 Nous savons que Dieu a parlé à Moïse; mais celui-ci, nous ne savons d'où il est.

IX. 30 Cet homme leur répondit: Il est étonnant que vous ne sachiez d'où il est; et cependant il m'a ouvert les yeux.

IX. 31 Nous savons que Dieu n'exauce point les pécheurs; mais, si quelqu'un l'honore et fait sa volonté, c'est celui là qu'il exauce.

IX. 32 Jamais on n'a entendu dire que quelqu'un ait ouvert les yeux d'un aveugle-né.

IX. 33 Si cet homme ne venait pas de Dieu, il ne pourrait rien faire.

IX. 34 Ils lui répondirent: Tu es né tout entier dans le péché, et tu nous enseignes! Et ils le chassèrent.

IX. 35 Jésus apprit qu'ils l'avaient chassé; et, l'ayant rencontré, il lui dit: Crois-tu au Fils de Dieu?

IX. 36 Il répondit: Et qui est-il, Seigneur, afin que je croie en lui?

IX. 37 Tu l'as vu, lui dit Jésus, et celui qui te parle, c'est lui.

IX. 38 Et il dit: Je crois, Seigneur. Et il se prosterna devant lui.

IX. 39 Puis Jésus dit: Je suis venu dans ce monde pour un jugement, pour que ceux qui ne voient point voient, et que ceux qui voient deviennent aveugles.

IX. 40 Quelques pharisiens qui étaient avec lui, ayant entendu ces paroles, lui dirent: Nous aussi, sommes-nous aveugles?

IX. 41 Jésus leur répondit: Si vous étiez aveugles, vous n'auriez pas de péché. Mais maintenant vous dites: Nous voyons. C'est pour cela que votre péché subsiste.

Injil - Chapitre X

X.1 En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui n'entre pas par la porte dans la bergerie, mais qui y monte par ailleurs, est un voleur et un brigand.

X.2 Mais celui qui entre par la porte est le berger des brebis.

X.3 Le portier lui ouvre, et les brebis entendent sa voix; il appelle par leur nom les brebis qui lui appartiennent, et il les conduit dehors.

X.4 Lorsqu'il a fait sortir toutes ses propres brebis, il marche devant elles; et les brebis le suivent, parce qu'elles connaissent sa voix.

X.5 Elles ne suivront point un étranger; mais elles fuiront loin de lui, parce qu'elles ne connaissent pas la voix des étrangers.

X.6 Jésus leur dit cette parabole, mais ils ne comprirent pas de quoi il leur parlait.

X.7 Jésus leur dit encore: En vérité, en vérité, je vous le dis, je suis la porte des brebis.

X.8 Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et des brigands; mais les brebis ne les ont point écoutés.

X.9 Je suis la porte. Si quelqu'un entre par moi, il sera sauvé; il entrera et il sortira, et il trouvera des pâturages.

X.10 Le voleur ne vient que pour dérober, égorger et détruire; moi, je suis venu afin que les brebis aient la vie, et qu'elles soient dans l'abondance.

X.11 Je suis le bon berger. Le bon berger donne sa vie pour ses brebis.

X.12 Mais le mercenaire, qui n'est pas le berger, et à qui n'appartiennent pas les brebis, voit venir le loup, abandonne les brebis, et prend la fuite; et le loup les ravit et les disperse.

X.13 Le mercenaire s'enfuit, parce qu'il est mercenaire, et qu'il ne se met point en peine des brebis.

X.14 (13) Je suis le bon berger. (14) Je connais mes brebis, et elles me connaissent,

X.15 comme le Père me connaît et comme je connais le Père; et je donne ma vie pour mes brebis.

X.16 J'ai encore d'autres brebis, qui ne sont pas de cette bergerie; celles-là, il faut que je les amène; elles entendront ma voix, et il y aura un seul troupeau, un seul berger.

X.17 Le Père m'aime, parce que je donne ma vie, afin de la reprendre.

X.18 Personne ne me l'ôte, mais je la donne de moi-même; j'ai le pouvoir de la donner, et j'ai le pouvoir de la reprendre: tel est l'ordre que j'ai reçu de mon Père.

10.18 : Ici, Jésus précise qu’il va donner sa vie pour ses brebis. " le Fils de l'homme est venu, non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie comme la rançon de plusieurs"(Matthieu 20:28)"le Fils de l'homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu"(Luc 19:10). "Voici, nous montons à Jérusalem, et le Fils de l'homme sera livré aux principaux sacrificateurs et aux scribes. Ils le condamneront à mort, / et ils le livreront aux païens, pour qu'ils se moquent de lui, le battent de verges, et le crucifient ; et le troisième jour, il ressuscitera"(Matthieu 20.18-19). La résurrection de Jésus n’a pas seulement été prophétisée par lui-même, mais déjà par David, mille ans avant : "Car tu ne livreras pas mon âme au séjour des morts, tu ne permettras pas que ton bien-aimé voie la corruption (Psaume 16:10 ). L’apôtre Pierre rappela cette prophétie à ses auditeurs le jour de la Pentecôte (Actes 2.27). Le prophète Esaïe (741-681 av. J.-C.) avait parlé de la mort expiatoire de Jésus et de sa résurrection en ces termes : "On a mis son sépulcre parmi les méchants, son tombeau avec le riche, quoiqu'il n'eût point commis de violence et qu'il n'y eût point de fraude dans sa bouche. / Il a plu à l'Eternel de le briser par la souffrance... Après avoir livré sa vie en sacrifice pour le péché, il verra une postérité et prolongera ses jours; et l'oeuvre de l'Eternel prospérera entre ses mains (Esaïe 53.9-10). Le Coran met les paroles suivantes dans la bouche de Jésus : "La paix sera sur moi au jour où je naquis et au jour où je mourrai, et au jour où je serai ressuscité" (Al-Anbiyaa,21.91). Les Musulmans, qui n’acceptent pas la crucifixion de Jésus, pensent que ce n’est qu’après son retour sur terre (Az-Zukhruf,43.61), que Jésus mourra, puis ressuscitera. Cette interprétation ne tient compte, ni des prophéties de l’Ancien Testament, ni des paroles de Jésus, ni des Epîtres. Voici ce qu’écrit l’apôtre Paul : "Je vous rappelle, frères, l'Evangile que je vous ai annoncé, que vous avez reçu, dans lequel vous avez persévéré,/ et par lequel vous êtes sauvés, si vous le retenez tel que je vous l'ai annoncé; autrement, vous auriez cru en vain./ Je vous ai enseigné avant tout, comme je l'avais aussi reçu, que Christ est mort pour nos péchés, selon les Ecritures;/ qu'il a été enseveli, et qu'il est ressuscité le troisième jour, selon les Ecritures; / et qu'il est apparu à Céphas, puis aux douze./ Ensuite, il est apparu à plus de cinq cents frères à la fois, dont la plupart sont encore vivants, et dont quelques-uns sont morts. / Ensuite, il est apparu à Jacques, puis à tous les apôtres. / Après eux tous, il m'est aussi apparu à moi, comme à l'avorton" (1 Corinthiens 15.1-8). Notre justification dépend de la mort et de la résurrection de Jésus "lequel a été livré pour nos offenses, et est ressuscité pour notre justification". (Romains 4.25). "... pour que vous apparteniez ... à celui qui est ressuscité des morts, afin que nous portions des fruits pour Dieu" (Romains 7.4). "Christ est mort; bien plus, il est ressuscité, il est à la droite de Dieu, et il intercède pour nous! "(Romains 8:34).

X.19 Il y eut de nouveau, à cause de ces paroles, division parmi les Juifs.

X.20 Plusieurs d'entre eux disaient: Il a un démon, il est fou; pourquoi l'écoutez-vous?

X.21 D'autres disaient: Ce ne sont pas les paroles d'un démoniaque; un démon peut-il ouvrir les yeux des aveugles?

X.22 On célébrait à Jérusalem la fête de la Dédicace. C'était l'hiver.

10.22 : La fête de la Dédicace avait été institué par Judas Macchabés en 165 av. J.-C. pour célébrer la purification du temple qui avait été profané trois années avant par Antiochus Epiphane ; elle durait 8 jours et commençait le 25 de Kislèv (correspondant approximativement à décembre). Les Juifs commémorent encore aujourd’hui cette fête.

X.23 Et Jésus se promenait dans le temple, sous le portique de Salomon.

X.24 Les Juifs l'entourèrent, et lui dirent: Jusques à quand tiendras-tu notre esprit en suspens? Si tu es le Christ, dis-le nous franchement.

X.25 Jésus leur répondit: Je vous l'ai dit, et vous ne croyez pas. Les oeuvres que je fais au nom de mon Père rendent témoignage de moi.

X.26 Mais vous ne croyez pas, parce que vous n'êtes pas de mes brebis.

X.27 Mes brebis entendent ma voix; je les connais, et elles me suivent.

X.28 Je leur donne la vie éternelle;

et elles ne périront jamais,

et personne ne les ravira de ma main.

X.29 Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tous; et personne ne peut les ravir de la main de mon Père.

X.30 Moi et le Père nous sommes un.

X.31 Alors les Juifs prirent de nouveau des pierres pour le lapider.

X.32 Jésus leur dit: Je vous ai fait voir plusieurs bonnes oeuvres venant de mon Père: pour laquelle me lapidez-vous?

X.33 Les Juifs lui répondirent: Ce n'est point pour une bonne oeuvre que nous te lapidons, mais pour un blasphème, et parce que toi, qui es un homme, tu te fais Dieu.

X.34 Jésus leur répondit: N'est-il pas écrit dans votre loi: J'ai dit: Vous êtes des dieux?

X.35 Si elle a appelé dieux ceux à qui la parole de Dieu a été adressée, et si l'Ecriture ne peut être anéantie,

X.36 celui que le Père a sanctifié et envoyé dans le monde, vous lui dites: Tu blasphèmes! Et cela parce que j'ai dit: Je suis le Fils de Dieu.

X.37 Si je ne fais pas les oeuvres de mon Père, ne me croyez pas.

X.38 Mais si je les fais, quand même vous ne me croyez point, croyez à ces oeuvres, afin que vous sachiez et reconnaissiez que le Père est en moi et que je suis dans le Père.

X.39 Là-dessus, ils cherchèrent encore à le saisir, mais il s'échappa de leurs mains.

X.40 Jésus s'en alla de nouveau au delà du Jourdain, dans le lieu où Jean avait d'abord baptisé. Et il y demeura.

X.41 Beaucoup de gens vinrent à lui, et ils disaient: Jean n'a fait aucun miracle; mais tout ce que Jean a dit de cet homme était vrai.

X.42 Et, dans ce lieu-là, plusieurs crurent en lui.

 

Injil - Chapitre XI

XI.1 Il y avait un homme malade, Lazare, de Béthanie (à ne pas confondre avec Béthanie au-delà du Jourdain encore appelée Bétharaba (Jean 1.28), cette localité-ci est à trois kilomètres de Jérusalem),village de Marie et de Marthe, sa soeur.

XI.2 C'était cette Marie qui oignit de parfum le Seigneur et qui lui essuya les pieds avec ses cheveux, et c'était son frère Lazare qui était malade.

XI.3 Les soeurs envoyèrent dire à Jésus: Seigneur, voici, celui que tu aimes est malade.

XI.4 Après avoir entendu cela, Jésus dit: Cette maladie n'est point à la mort; mais elle est pour la gloire de Dieu, afin que le Fils de Dieu soit glorifié par elle.

XI.5 Or, Jésus aimait Marthe, et sa soeur, et Lazare.

XI.6 Lors donc qu'il eut appris que Lazare était malade, il resta deux jours encore dans le lieu où il était,

XI.7 et il dit ensuite aux disciples: Retournons en Judée.

XI.8 Les disciples lui dirent: Rabbi, les Juifs tout récemment cherchaient à te lapider, et tu retournes en Judée!

XI.9 Jésus répondit: N'y a-t-il pas douze heures au jour? Si quelqu'un marche pendant le jour, il ne bronche point, parce qu'il voit la lumière de ce monde;

XI.10 mais, si quelqu'un marche pendant la nuit, il bronche, parce que la lumière n'est pas en lui.

XI.11 Après ces paroles, il leur dit: Lazare, notre ami, dort; mais je vais le réveiller.

XI.12 Les disciples lui dirent: Seigneur, s'il dort, il sera guéri.

XI.13 Jésus avait parlé de sa mort, mais ils crurent qu'il parlait de l'assoupissement du sommeil.

XI.14 Alors Jésus leur dit ouvertement: Lazare est mort.

XI.15 Et, à cause de vous, afin que vous croyiez, je me réjouis de ce que je n'étais pas là. Mais allons vers lui.

XI.16 Sur quoi Thomas, appelé Didyme, dit aux autres disciples: Allons aussi, afin de mourir avec lui.

XI.17 Jésus, étant arrivé, trouva que Lazare était déjà depuis quatre jours dans le sépulcre.

XI.18 Et, comme Béthanie était près de Jérusalem, à quinze stades environ,

XI.19 beaucoup de Juifs étaient venus vers Marthe et Marie, pour les consoler de la mort de leur frère.

XI.20 Lorsque Marthe apprit que Jésus arrivait, elle alla au-devant de lui, tandis que Marie se tenait assise à la maison.

XI.21 Marthe dit à Jésus: Seigneur, si tu eusses été ici, mon frère ne serait pas mort.

XI.22 Mais, maintenant même, je sais que tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l'accordera.

XI.23 Jésus lui dit: Ton frère ressuscitera.

XI.24 Je sais, lui répondit Marthe, qu'il ressuscitera à la résurrection, au dernier jour.

XI. 25 Jésus lui dit:

Je suis la résurrection et la vie.

Celui qui croit en moi vivra, quand même il serait mort;

XI. 26 et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais.

Crois-tu cela?

XI. 27 Elle lui dit: Oui, Seigneur, je crois que tu es le Christ, le Fils de Dieu, qui devait venir dans le monde.

XI. 28 Ayant ainsi parlé, elle s'en alla. Puis elle appela secrètement Marie, sa soeur, et lui dit: Le maître est ici, et il te demande.

XI. 29 Dès que Marie eut entendu, elle se leva promptement, et alla vers lui.

XI.30 Car Jésus n'était pas encore entré dans le village, mais il était dans le lieu où Marthe l'avait rencontré.

XI.31 Les Juifs qui étaient avec Marie dans la maison et qui la consolaient, l'ayant vue se lever promptement et sortir, la suivirent, disant: Elle va au sépulcre, pour y pleurer.

XI.32 Lorsque Marie fut arrivée là où était Jésus, et qu'elle le vit, elle tomba à ses pieds, et lui dit: Seigneur, si tu eusses été ici, mon frère ne serait pas mort.

XI. 33 Jésus, la voyant pleurer, elle et les Juifs qui étaient venus avec elle, frémit en son esprit, et fut tout ému.

XI.34 Et il dit: Où l'avez-vous mis? Seigneur, lui répondirent-ils, viens et vois.

XI.35 Jésus pleura.

XI.36 Sur quoi les Juifs dirent: Voyez comme il l'aimait.

XI.37 Et quelques-uns d'entre eux dirent: Lui qui a ouvert les yeux de l'aveugle, ne pouvait-il pas faire aussi que cet homme ne mourût point?

XI.38 Jésus frémissant de nouveau en lui-même, se rendit au sépulcre. C'était une grotte, et une pierre était placée devant.

XI.39 Jésus dit: Otez la pierre. Marthe, la soeur du mort, lui dit: Seigneur, il sent déjà, car il y a quatre jours qu'il est là.

XI.40 Jésus lui dit: Ne t'ai-je pas dit que, si tu crois, tu verras la gloire de Dieu?

XI.41 Ils ôtèrent donc la pierre. Et Jésus leva les yeux en haut, et dit: Père, je te rends grâces de ce que tu m'as exaucé.

XI.42 Pour moi, je savais que tu m'exauces toujours; mais j'ai parlé à cause de la foule qui m'entoure, afin qu'ils croient que c'est toi qui m'as envoyé.

XI.43 Ayant dit cela, il cria d'une voix forte: Lazare, sors!

XI.44 Et le mort sortit, les pieds et les mains liés de bandes, et le visage enveloppé d'un linge. Jésus leur dit: Déliez-le, et laissez-le aller.

XI.45 Plusieurs des Juifs qui étaient venus vers Marie, et qui virent ce que fit Jésus, crurent en lui.

XI.46 Mais quelques-uns d'entre eux allèrent trouver les pharisiens, et leur dirent ce que Jésus avait fait.

XI.47 Alors les principaux sacrificateurs et les pharisiens assemblèrent le sanhédrin, et dirent: Que ferons-nous? Car cet homme fait beaucoup de miracles.

11.47 : Le sanhédrin était, du temps de Jésus, la plus haute autorité religieuse, formée de 70 membres parmi les pharisiens, les saducéens, les anciens du peuple, les anciens souverains sacrificateurs et leurs familles, les scribes (ou docteurs de la loi). Cette assemblée de 70 membres était présidée par le souverain sacrificateur en exercice. Jésus a dû comparaître devant le sanhédrin (Matthieu 26:59), mais plus tard aussi Pierre et Jean (Actes 4:5,6,15 ) les autres apôtres (Actes 5:21) et Etienne (Actes 6:15).

XI.48 Si nous le laissons faire, tous croiront en lui, et les Romains viendront détruire et notre ville et notre nation.

XI.49 L'un d'eux, Caïphe, qui était souverain sacrificateur cette année-là, leur dit: Vous n'y entendez rien;

XI.50 vous ne réfléchissez pas qu'il est dans votre intérêt qu'un seul homme meure pour le peuple, et que la nation entière ne périsse pas.

XI.51 Or, il ne dit pas cela de lui-même; mais étant souverain sacrificateur cette année-là, il prophétisa que Jésus devait mourir pour la nation.

XI.52 Et ce n'était pas pour la nation seulement; c'était aussi afin de réunir en un seul corps les enfants de Dieu dispersés.

XI.53 Dès ce jour, ils résolurent de le faire mourir.

XI.54 C'est pourquoi Jésus ne se montra plus ouvertement parmi les Juifs; mais il se retira dans la contrée voisine du désert, dans une ville appelée Ephraïm; et là il demeurait avec ses disciples.

XI.55 La Pâque (voir note 2.13) des Juifs était proche. Et beaucoup de gens du pays montèrent à Jérusalem avant la Pâque, pour se purifier.

XI.56 Ils cherchaient Jésus, et ils se disaient les uns aux autres dans le temple: Que vous en semble? Ne viendra-t-il pas à la fête?

XI.57 Or, les principaux sacrificateurs et les pharisiens avaient donné l'ordre que, si quelqu'un savait où il était, il le déclarât, afin qu'on se saisît de lui.

Injil - Chapitre XII

XII.1 Six jours avant la Pâque, Jésus arriva à Béthanie (voir 11.1), où était Lazare, qu'il avait ressuscité des morts.

XII. 2 Là, on lui fit un souper; Marthe servait, et Lazare était un de ceux qui se trouvaient à table avec lui.

XII. 3 Marie, ayant pris une livre d'un parfum de nard pur de grand prix, oignit les pieds de Jésus, et elle lui essuya les pieds avec ses cheveux; et la maison fut remplie de l'odeur du parfum.

XII. 4 Un de ses disciples, Judas Iscariot, fils de Simon, celui qui devait le livrer, dit:

XII. 5 Pourquoi n'a-t-on pas vendu ce parfum trois cents deniers, pour les donner aux pauvres?

XII. 6 Il disait cela, non qu'il se mît en peine des pauvres, mais parce qu'il était voleur, et que, tenant la bourse, il prenait ce qu'on y mettait.

XII. 7 Mais Jésus dit: Laisse-la garder ce parfum pour le jour de ma sépulture.

XII. 8 Vous avez toujours les pauvres avec vous, mais vous ne m'avez pas toujours.

XII. 9 Une grande multitude de Juifs apprirent que Jésus était à Béthanie (voir 11.1); et ils y vinrent, non pas seulement à cause de lui, mais aussi pour voir Lazare, qu'il avait ressuscité des morts.

XII. 10 Les principaux sacrificateurs délibérèrent de faire mourir aussi Lazare,

XII. 11 parce que beaucoup de Juifs se retiraient d'eux à cause de lui, et croyaient en Jésus.

XII. 12 Le lendemain, une foule nombreuse de gens venus à la fête ayant entendu dire que Jésus se rendait à Jérusalem,

XII. 13 prirent des branches de palmiers, et allèrent au-devant de lui, en criant: Hosanna! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur, le roi d'Israël!

XII. 14 Jésus trouva un ânon, et s'assit dessus, selon ce qui est écrit:

XII. 15 Ne crains point, fille de Sion ; Voici, ton roi vient, assis sur le petit d'une ânesse.

12.15 : Voici en quels termes Zacharie [ 520 - 480 av. J.-C.] prophétisa cet événement : " Sois transportée d'allégresse, fille de Sion! Pousse des cris de joie, fille de Jérusalem! Voici, ton roi vient à toi; il est juste et victorieux, il est humble et monté sur un âne, sur un âne, le petit d'une ânesse" (Zacharie 9:9 ).

XII. 16 Ses disciples ne comprirent pas d'abord ces choses; mais, lorsque Jésus eut été glorifié, ils se souvinrent qu'elles étaient écrites de lui, et qu'ils les avaient accomplies à son égard.

XII. 17 Tous ceux qui étaient avec Jésus, quand il appela Lazare du sépulcre et le ressuscita des morts, lui rendaient témoignage;

XII. 18 et la foule vint au-devant de lui, parce qu'elle avait appris qu'il avait fait ce miracle.

XII. 19 Les pharisiens se dirent donc les uns aux autres: Vous voyez que vous ne gagnez rien; voici, le monde est allé après lui.

XII. 20 Quelques Grecs, du nombre de ceux qui étaient montés pour adorer pendant la fête,

XII. 21 s'adressèrent à Philippe, de Bethsaïda en Galilée, et lui dirent avec instance: Seigneur, nous voudrions voir Jésus.

XII. 22 Philippe alla le dire à André, puis André et Philippe le dirent à Jésus.

XII. 23 Jésus leur répondit: L'heure est venue où le Fils de l'homme doit être glorifié.

XII. 24 En vérité, en vérité, je vous le dis, si le grain de blé qui est tombé en terre ne meurt, il reste seul; mais, s'il meurt, il porte beaucoup de fruit.

XII. 25 Celui qui aime sa vie la perdra,

et celui qui hait sa vie dans ce monde

la conservera pour la vie éternelle.

XII. 26 Si quelqu'un me sert, qu'il me suive; et là où je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu'un me sert, le Père l'honorera.

XII. 27 Maintenant mon âme est troublée. Et que dirai-je?... Père, délivre-moi de cette heure?... Mais c'est pour cela que je suis venu jusqu'à cette heure.

XII. 28 Père, glorifie ton nom! Et une voix vint du ciel: Je l'ai glorifié, et je le glorifierai encore.

XII. 29 La foule qui était là, et qui avait entendu, disait que c'était un tonnerre. D'autres disaient: Un ange lui a parlé.

XII. 30 Jésus dit: Ce n'est pas à cause de moi que cette voix s'est fait entendre; c'est à cause de vous.

XII. 31 Maintenant a lieu le jugement de ce monde; maintenant le prince de ce monde sera jeté dehors.

XII. 32 Et moi, quand j'aurai été élevé de la terre,

j'attirerai tous les hommes à moi.

XII. 33 En parlant ainsi, il indiquait de quelle mort il devait mourir. -

XII. 34 La foule lui répondit: Nous avons appris par la loi que le Christ demeure éternellement; comment donc dis-tu: Il faut que le Fils de l'homme soit élevé? Qui est ce Fils de l'homme?

XII. 35 Jésus leur dit: La lumière est encore pour un peu de temps au milieu de vous. Marchez, pendant que vous avez la lumière, afin que les ténèbres ne vous surprennent point: celui qui marche dans les ténèbres ne sait où il va.

XII. 36 Pendant que vous avez la lumière, croyez en la lumière, afin que vous soyez des enfants de lumière. Jésus dit ces choses, puis il s'en alla, et se cacha loin d'eux.

XII. 37 Malgré tant de miracles qu'il avait faits en leur présence, ils ne croyaient pas en lui,

XII. 38 afin que s'accomplît la parole qu'Esaïe, le prophète, a prononcée: Seigneur, qui a cru à notre prédication? Et à qui le bras du Seigneur a-t-il été révélé?

XII. 39 Aussi ne pouvaient-ils croire, parce qu'Esaïe a dit encore:

XII. 40 Il a aveuglé leurs yeux; et il a endurci leur coeur, de peur qu'ils ne voient des yeux, qu'ils ne comprennent du coeur, qu'ils ne se convertissent, et que je ne les guérisse.

XII. 41 Esaïe dit ces choses, lorsqu'il vit sa gloire, et qu'il parla de lui (Esaïe [740-680 av. J.-C.] 6: 1 ; 6:9 ; 53:1).

XII. 42 Cependant, même parmi les chefs, plusieurs crurent en lui; mais, à cause des pharisiens, ils n'en faisaient pas l'aveu, dans la crainte d'être exclus de la synagogue.

XII. 43 Car ils aimèrent la gloire des hommes plus que la gloire de Dieu.

XII. 44 Or, Jésus s'était écrié :

Celui qui croit en moi croit, non pas en moi,

mais en celui qui m'a envoyé;

XII. 45 et celui qui me voit voit celui qui m'a envoyé.

XII. 46 Je suis venu comme une lumière dans le monde, afin que quiconque croit en moi ne demeure pas dans les ténèbres.

XII. 47 Si quelqu'un entend mes paroles et ne les garde point, ce n'est pas moi qui le juge; car je suis venu non pour juger le monde, mais pour sauver le monde.

XII. 48 Celui qui me rejette et qui ne reçoit pas mes paroles a son juge; la parole que j'ai annoncée, c'est elle qui le jugera au dernier jour (voir 17.17).

XII. 49 Car je n'ai point parlé de moi-même; mais le Père, qui m'a envoyé, m'a prescrit lui-même ce que je dois dire et annoncer (voir 17.17).

XII. 50 Et je sais que son commandement est la vie éternelle. C'est pourquoi les choses que je dis, je les dis comme le Père me les a dites.

Injil - Chapitre XIII

XIII. 1 Avant la fête de Pâque, Jésus, sachant que son heure était venue de passer de ce monde au Père, et ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, mit le comble à son amour pour eux.

XIII. 2 Pendant le souper, lorsque le diable avait déjà inspiré au coeur de Judas Iscariot, fils de Simon, le dessein de le livrer,

XIII. 3 Jésus, qui savait que le Père avait remis toutes choses entre ses mains, qu'il était venu de Dieu, et qu'il s'en allait à Dieu,

XIII. 4 se leva de table, ôta ses vêtements, et prit un linge, dont il se ceignit.

XIII. 5 Ensuite il versa de l'eau dans un bassin, et il se mit à laver les pieds des disciples, et à les essuyer avec le linge dont il était ceint.

XIII. 6 Il vint donc à Simon Pierre; et Pierre lui dit: Toi, Seigneur, tu me laves les pieds!

XIII. 7 Jésus lui répondit: Ce que je fais, tu ne le comprends pas maintenant, mais tu le comprendras bientôt.

XIII. 8 Pierre lui dit: Non, jamais tu ne me laveras les pieds. Jésus lui répondit: Si je ne te lave, tu n'auras point de part avec moi.

XIII. 9 Simon Pierre lui dit: Seigneur, non seulement les pieds, mais encore les mains et la tête.

XIII. 10 Jésus lui dit: Celui qui est lavé n'a besoin que de se laver les pieds pour être entièrement pur; et vous êtes purs, mais non pas tous.

XIII. 11 Car il connaissait celui qui le livrait; c'est pourquoi il dit: Vous n'êtes pas tous purs.

XIII. 12 Après qu'il leur eut lavé les pieds, et qu'il eut pris ses vêtements, il se remit à table, et leur dit: Comprenez-vous ce que je vous ai fait?

XIII.13 Vous m'appelez Maître et Seigneur; et vous dites bien, car je le suis.

XIII.14 Si donc je vous ai lavé les pieds, moi, le Seigneur et le Maître, vous devez aussi vous laver les pieds les uns aux autres;

XIII. 15 car je vous ai donné un exemple, afin que vous fassiez comme je vous ai fait.

XIII. 16 En vérité, en vérité, je vous le dis, le serviteur n'est pas plus grand que son seigneur, ni l'apôtre plus grand que celui qui l'a envoyé.

XIII. 17 Si vous savez ces choses, vous êtes heureux, pourvu que vous les pratiquiez.

XIII. 18 Ce n'est pas de vous tous que je parle; je connais ceux que j'ai choisis. Mais il faut que l'Ecriture s'accomplisse: Celui qui mange avec moi le pain a levé son talon contre moi.

XIII. 19 Dès à présent je vous le dis, avant que la chose arrive, afin que, lorsqu'elle arrivera, vous croyiez à ce que je suis.

XIII. 20 En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui reçoit celui que j'aurai envoyé me reçoit, et celui qui me reçoit, reçoit celui qui m'a envoyé.

XIII. 21 Ayant ainsi parlé, Jésus fut troublé en son esprit, et il dit expressément: En vérité, en vérité, je vous le dis, l'un de vous me livrera.

XIII. 22 Les disciples se regardaient les uns les autres, ne sachant de qui il parlait.

XIII. 23 Un des disciples, celui que Jésus aimait, était couché sur le sein de Jésus.

13.23 : L’apôtre Jean, pour se désigner lui-même, utilisa l’expression : "le disciple que Jésus aimait"(Jean 20:2 ; 21:7, 20). Il était fils de Zébédée et frère de Jacques. En comparant Matthieu 27:56 à Marc 15:16 et à Jean 19:25, on peut déduire que la mère de Jacques et de Jean était Salomé et que celle-ci était la soeur de Marie la mère de Jésus. Ainsi, Jacques et Jean étaient les cousins germains de Jésus. C’est sans doute la raison, pour laquelle, soutenus par leur mère, ils demandèrent à Jésus de leur accorder les meilleures places dans son royaume (Marc 10.37 ; Matthieu 20:21). Avec Pierre, ils formaient un trio particulièrement proche de Jésus (voir 21.17).

XIII. 24 Simon Pierre lui fit signe de demander qui était celui dont parlait Jésus.

XIII. 25 Et ce disciple, s'étant penché sur la poitrine de Jésus, lui dit: Seigneur, qui est-ce?

XIII. 26 Jésus répondit: C'est celui à qui je donnerai le morceau trempé. Et, ayant trempé le morceau, il le donna à Judas, fils de Simon, l'Iscariot.

XIII. 27 Dès que le morceau fut donné, Satan entra dans Judas. Jésus lui dit: Ce que tu fais, fais-le promptement.

XIII. 28 Mais aucun de ceux qui étaient à table ne comprit pourquoi il lui disait cela;

XIII. 29 car quelques-uns pensaient que, comme Judas avait la bourse, Jésus voulait lui dire: Achète ce dont nous avons besoin pour la fête, ou qu'il lui commandait de donner quelque chose aux pauvres.

XIII. 30 Judas, ayant pris le morceau, se hâta de sortir. Il était nuit.

XIII. 31 Lorsque Judas fut sorti, Jésus dit: Maintenant, le Fils de l'homme a été glorifié, et Dieu a été glorifié en lui.

XIII. 32 Si Dieu a été glorifié en lui, Dieu aussi le glorifiera en lui-même, et il le glorifiera bientôt.

XIII. 33 Mes petits enfants, je suis pour peu de temps encore avec vous. Vous me chercherez; et, comme j'ai dit aux Juifs: Vous ne pouvez venir où je vais, je vous le dis aussi maintenant.

XIII. 34 Je vous donne un commandement nouveau: Aimez-vous les uns les autres; comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les uns les autres.

XIII. 35 A ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples,

si vous avez de l'amour les uns pour les autres.

XIII. 36 Simon Pierre lui dit: Seigneur, où vas-tu? Jésus répondit: Tu ne peux pas maintenant me suivre où je vais, mais tu me suivras plus tard.

XIII. 37 Seigneur, lui dit Pierre, pourquoi ne puis-je pas te suivre maintenant? Je donnerai ma vie pour toi.

XIII. 38 Jésus répondit: Tu donneras ta vie pour moi! En vérité, en vérité, je te le dis, le coq ne chantera pas que tu ne m'aies renié trois fois.

Injil - Chapitre XIV

XIV.1 Que votre coeur ne se trouble point. Croyez en Dieu, et croyez en moi.

XIV.2 Il y a plusieurs demeures dans la maison de mon Père. Si cela n'était pas, je vous l'aurais dit. Je vais vous préparer une place.

XIV.3 Et, lorsque je m'en serai allé, et que je vous aurai préparé une place, je reviendrai, et je vous prendrai avec moi, afin que là où je suis vous y soyez aussi.

XIV.4 Vous savez où je vais, et vous en savez le chemin.

XIV.5 Thomas lui dit: Seigneur, nous ne savons où tu vas; comment pouvons-nous en savoir le chemin?

XIV.6 Jésus lui dit :

Je suis le chemin, la vérité, et la vie.

Nul ne vient au Père que par moi.

14.6 : Jésus ne dit pas ici qu’il est "un" chemin, mais qu’il est "le" chemin, le seul qui conduise au Père. C’est ce que les apôtres avaient bien compris. C’est pourquoi, l’apôtre Pierre déclare : "Il n'y a de salut en aucun autre; car il n'y a sous le ciel aucun autre nom qui ait été donné parmi les hommes, par lequel nous devions être sauvés" (Actes 4:12). L’apôtre Paul écrit : " Car il y a un seul Dieu, et aussi un seul médiateur entre Dieu et les hommes, Jésus-Christ homme / qui s'est donné lui-même en rançon pour tous..." (1Timothée 2:5-6).

XIV.7 Si vous me connaissiez, vous connaîtriez aussi mon Père. Et dès maintenant vous le connaissez, et vous l'avez vu.

XIV.8 Philippe lui dit: Seigneur, montre-nous le Père, et cela nous suffit.

XIV.9 Jésus lui dit: Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne m'as pas connu, Philippe! Celui qui m'a vu a vu le Père; comment dis-tu: Montre-nous le Père?

XIV.10 Ne crois-tu pas que je suis dans le Père, et que le Père est en moi? Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même; et le Père qui demeure en moi, c'est lui qui fait les oeuvres.

XIV.11 Croyez-moi, je suis dans le Père, et le Père est en moi; croyez du moins à cause de ces oeuvres.

XIV.12 En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi fera aussi les oeuvres que je fais, et il en fera de plus grandes, parce que je m'en vais au Père;

XIV.13 et tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai, afin que le Père soit glorifié dans le Fils.

XIV.14 Si vous demandez quelque chose en mon nom, je le ferai.

14.14 : Ici, Jésus nous apprend à qui nous devons adresser nos prières : au Père. En cela, il confirme ce que dit le psalmiste : ".. invoque-moi (l’Eternel) au jour de la détresse; je te délivrerai, et tu me glorifieras"(Psaume 50:15). Les croyants de l’Ancienne Alliance savaient que Hénoc (Genèse 5.28) et Elie (2 Rois 2.1) étaient montés au ciel; mais jamais ils ne les invoquaient dans leurs prières. Jésus a appris à ses disciples à prier : "En priant, ne multipliez pas de vaines paroles, comme les païens, qui s'imaginent qu'à force de paroles ils seront exaucés.// Voici donc comment vous devez prier: Notre Père qui es aux cieux! Que ton nom soit sanctifié; / que ton règne vienne; que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. / Donne-nous aujourd'hui notre pain quotidien; / pardonne-nous nos offenses, comme nous aussi nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés; / ne nous induis pas en tentation, mais délivre-nous du malin. Car c'est à toi qu'appartiennent, dans tous les siècles, le règne, la puissance et la gloire. Amen! (Matthieu 6.7 , 9 -13). Toutes les prières du Nouveau Testament ne sont adressées qu’ à Dieu ou à Jésus-Christ (Matthieu 6.9 ; Jean 9.31 ; Philippiens 4.6 ; 1 Jean 5.14 ; Actes 7.59 ; 9.14, 21 ; 1 Corinthiens 1.2 ;2 Timothée 2.22 ; Apocalypse 5.8...).

Il n’est donc pas question d’invoquer ni Marie, la mère de Jésus, ni les autres saints du paradis, ni les anges ou archanges, ni les esprits des personnes décédées, mais le Père seul. Quand Jean voulut se prosterner devant un ange, celui-ci le lui interdit formellement et lui demanda d’adorer Dieu (Apocalypse 19:10; 22:9 ). S’adresser aux morts ou aux esprits constitue une abomination que Dieu sanctionne par le retranchement (Lévitique 20:6, 23 ; Deutéronome 18:12).

Les idolâtres adressent leurs prières à leurs idoles ou images taillées, ce qu’interdit rigoureusement le décalogue (Exode 20:4; Deutéronome 5.8). La Bible appelle les idoles des "vanités" (Esaïe 41.24, 29), "incapables de faire ni mal, ni bien" (Jérémie 10.5); elles ne sont que "mensonges, sans souffle en elles" (Jérémie 10.14). L’apôtre Paul parle de même de l’inanité des idoles, mais déclare que ce qu’on leur sacrifie, "on le sacrifie à des démons" (1 Corinthiens 8.4 ; 10.19-20).

XIV.15 Si vous m'aimez, gardez mes commandements.

XIV.16 Et moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre consolateur (en grec : paraclètos) , afin qu'il demeure éternellement avec vous,

XIV.17 l'Esprit de vérité, que le monde ne peut recevoir, parce qu'il ne le voit point et ne le connaît point; mais vous, vous le connaissez, car il demeure avec vous, et il sera en vous (voir note 16.13).

14.17 : Beaucoup de musulmans pensent que ce "consolateur" est le prophète Mohammed, en s’appuyant sur ce texte coranique : "Jésus, fils de Marie, disait à son peuple: Ô enfants d'Israël! je suis l'apôtre d'Allah envoyé vers vous, pour confirmer le Pentateuque qui vous a été donné avant moi, et pour vous annoncer la venue d'un apôtre après moi, dont le nom sera Ahmed...(As-Saff,61.6). Selon eux, le mot "paraclètos" serait une altération du mot grec "périklutos", qui signifie : renommé, célèbre, qui a le même sens que le nom de"Ahmed". Mais cette interprétation ne colle pas, car Jésus a dit que ce "paraclètos" (périklutos) vivrait éternellement avec et dans ses disciples, ce qui a commencé à se réaliser à la première Pentecôte (Actes 2:4). Entre le 9ème et le 14 ème siècles, les Musulmans cherchèrent encore d’autres textes bibliques pour accréditer la venue de leur prophète. Ils citent Deutéronome 18.18 -20 où Moïse annonce la venue, parmi ses frères, d’un prophète comme lui. Or Mohammed n’est pas issu du judaïsme et n’a pas été instruit dans toute la sagesse des Egyptiens comme Moïse (Actes 3.22-23).Mohammed est qualifié de" prophète illettré ... signalé dans leurs livres, dans le Pentateuque et dans l'Évangile" Al-Araf,7.157).Ils citent aussi Genèse 16.10, qui promet une nombreuse descendance à Agar, mais qui ne parle pas de la venue d’un prophète. Ils citent encore Esaïe 9.5, mais qui est un texte messianique indubitable, puisqu’il qualifie le Messie de "Dieu-fort". D’autres se réfèrent à Esaïe 21.7-9 qui parle de cavaliers venus sur des ânes et des chameaux, brisant les idoles de Babylone. Ils y voient une prophétie sur l’entrée de Mohammed à la Mekke en 630 pour y briser les statuettes des idoles de la Kaaba. Mais le contexte immédiat montre que Babylone est à prendre au sens propre, puisqu’au verset 21.13, Esaïe doit prononcer une sentence spécifique sur l’Arabie. D’autres encore se réfèrent à Esaïe 42.1-4, mais qui est aussi une prophétie messianique, appliqué à Jésus en Matthieu 12.20. D’autres encore voient dans "l’oiseau de proie" de Esaïe 46.11 Mohammed, alors qu’il s’agit de Cyrus, venu de Perse, et désigné nommément comme l’accomplisseur des desseins de l’Eternel (Esaïe 44.28 ; 45.1). Dans le serviteur, dont la bouche est comme une épée pointue, et qui est ‘honoré’ aux yeux de l’Eternel, certains voient Mohammed (= honoré) et son inimitable éloquence (Esaïe 49.1-5).Mais le texte précise que ce serviteur doit ramener à Dieu Jacob et non Ismaël ! Dans l’appel de Jérémie à devenir "un prophète pour les nations" , certains veulent y voir Mohammed, prétextant que Jérémie, comme les autres prophètes juifs et Jésus lui-même se seraient limités au seul peuple juif. En réalité, les chapitres 46 à 51 du livre de Jérémie sont des prophéties de Jérémie à diverses nations. Le Psaume 72.1-19 est une prière adressée à Dieu pour le roi, dans laquelle est exprimé le voeu que les "nomades" (littéralement : les habitants du désert) s’inclinent devant le roi et que des rois étrangers envoient des présents ou payent le tribut. Des musulmans projettent ce psaume à forts accents messianiques sur Mohammed.

Dans le Cantique des Cantiques (chapitre 5, verset 16) on trouve le mot hébreu "mahamaddim" (charme) dans lequel certains veulent voir une allusion à Mohammed. Mais il n’est pas licite d’inscrire dans une simple homophonie une allusion prophétique. D’ autres textes bibliques encore évoqués n’ont pas plus d’assises.

XIV.18 Je ne vous laisserai pas orphelins, je viendrai à vous.

XIV.19 Encore un peu de temps, et le monde ne me verra plus; mais vous, vous me verrez, car je vis, et vous vivrez aussi.

XIV.20 En ce jour-là, vous connaîtrez que je suis en mon Père, que vous êtes en moi, et que je suis en vous.

XIV.21 Celui qui a mes commandements et qui les garde,

c'est celui qui m'aime;

et celui qui m'aime sera aimé de mon Père,

je l'aimerai, et je me ferai connaître à lui.

XIV.22 Jude, non pas l'Iscariot, lui dit: Seigneur, d'où vient que tu te feras connaître à nous, et non au monde?

XIV.23 Jésus lui répondit: Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole, et mon Père l'aimera; nous viendrons à lui, et nous ferons notre demeure chez lui (voir note 17.17).

XIV.24 Celui qui ne m'aime pas ne garde point mes paroles. Et la parole que vous entendez n'est pas de moi, mais du Père qui m'a envoyé (voir note 17.17).

XIV.25 Je vous ai dit ces choses pendant que je demeure avec vous.

XIV.26 Mais le consolateur, l'Esprit-Saint, que le Père enverra en mon nom, vous enseignera toutes choses, et vous rappellera tout ce que je vous ai dit (voir note 16.13).

XIV.27 Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. Je ne vous donne pas comme le monde donne. Que votre coeur ne se trouble point, et ne s'alarme point.

XIV.28 Vous avez entendu que je vous ai dit: Je m'en vais, et je reviens vers vous. Si vous m'aimiez, vous vous réjouiriez de ce que je vais au Père; car le Père est plus grand que moi.

14.28 : Ce texte, comme tous les textes isolés de leur contexte, présente des difficultés et semble plaider pour une inégalité entre le Père et le Fils. Or, Jésus parle ici de son départ. Il retrouvera alors la gloire qu’ il avait avant son incarnation. C’est la raison pour laquelle les disciples auraient dû se réjouir. Il leur dit que le Père resté dans la gloire est plus grand que lui, qui bien

" qu’ existant en forme de Dieu ... s'est dépouillé lui-même, en prenant une forme de serviteur, en devenant semblable aux hommes"(Philippiens 2:6-7). "Notre Seigneur Jésus-Christ, de riche qu'il était - nous dit l’apôtre Paul - s'est fait pauvre pour vous, afin que par sa pauvreté vous soyez enrichis" ( 2 Corinthiens 8:9). En s’incarnant, Jésus a volontairement renoncé à sa gloire antérieure et à certaines prérogatives divines. Mais il clame son égalité avec le Père en affirmant que quiconque l’ a vu, a vu le Père (14:9), qu’il est dans le Père et que le Père est en lui (14:10, 11).Dans la Trinité, il y a égalité et soumission réciproque entre les trois personnes : si Jésus se soumet toujours à la volonté du Père (Jean 6:38 ; Matthieu 26:39), il peut aussi lui imposer sa volonté: "Père, je veux que là où je suis ceux que tu m'as donnés soient aussi avec moi, afin qu'ils voient ma gloire, la gloire que tu m'as donnée, parce que tu m'as aimé avant la fondation du monde" (Jean 17:24).

Jésus affirme d’une part que le Père enverra le Saint-Esprit en son nom (Jean 14:26) et d’autre part que c’est lui qui enverra l’Esprit de vérité de la part du Père (Jean 15:26). Il y a donc une connivence tellement parfaite au sein de la Trinité, que la distinction entre personnes s’estompe.

Cette fusion entre Père et Fils apparaît déjà dans les textes prophétiques messianiques :" Car un enfant nous est né, un fils nous est donné, et la domination reposera sur son épaule; on l'appellera Admirable, Conseiller, Dieu puissant, Père éternel, Prince de la paix" (Esaïe 9:5). Esaïe [740-680 av. J-C.] a donc appelé le Fils qui est donné : Dieu Puissant et Père Eternel !

En Ezéchiel [593-571 av. J.-C.] (34 :11, 14, 15 et 23), l’Eternel s’identifie avec le Messie : " Car ainsi parle le Seigneur, l'Eternel: Voici, j'aurai soin moi-même de mes brebis, et j'en ferai la revue. // Je les ferai paître dans un bon pâturage...// C’est moi qui ferai paître mes brebis..//. J'établirai sur elles un seul pasteur, qui les fera paître, mon serviteur David (le Messie); il les fera paître, il sera leur pasteur." Enfin, David appelle son descendant : Seigneur : "David lui-même, animé par l'Esprit-Saint, a dit: Le Seigneur a dit à mon Seigneur: assieds-toi à ma droite, jusqu'à ce que je fasse de tes ennemis ton marchepied. / David lui-même l'appelle Seigneur; comment donc est-il son fils? ... ( Marc 12:36-37).

Il nous est difficile à comprendre les mystères du Dieu infiniment grand et c’est avec raison qu’un des 99 noms d’Allah est : l’ Inaccessible (al-Moutakabbir). Nous ne pouvons, en effet, connaître de Dieu que ce qu’il a bien voulu nous révéler dans sa Parole. (Voir aussi 1.1)

XIV.29 Et maintenant je vous ai dit ces choses avant qu'elles arrivent, afin que, lorsqu'elles arriveront, vous croyiez.

XIV.30 Je ne parlerai plus guère avec vous; car le prince du monde vient. Il n'a rien en moi;

XIV.31 mais afin que le monde sache que j'aime le Père, et que j'agis selon l'ordre que le Père m'a donné, levez-vous, partons d'ici.

Injil - Chapitre XV

XV.1 Je suis le vrai cep, et mon Père est le vigneron.

XV. 2 Tout sarment qui est en moi et qui ne porte pas de fruit, il le retranche; et tout sarment qui porte du fruit, il l'émonde, afin qu'il porte encore plus de fruit.

XV. 3 Déjà vous êtes purs, à cause de la parole que je vous ai annoncée.

XV. 4 Demeurez en moi, et je demeurerai en vous. Comme le sarment ne peut de lui-même porter du fruit, s'il ne demeure attaché au cep, ainsi vous ne le pouvez non plus, si vous ne demeurez en moi.

XV. 5 Je suis le cep, vous êtes les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure porte beaucoup de fruit, car sans moi vous ne pouvez rien faire.

XV. 6 Si quelqu'un ne demeure pas en moi, il est jeté dehors, comme le sarment, et il sèche; puis on ramasse les sarments, on les jette au feu, et ils brûlent.

XV. 7 Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez ce que vous voudrez, et cela vous sera accordé.

XV. 8 Si vous portez beaucoup de fruit,

c'est ainsi que mon Père sera glorifié,

et que vous serez mes disciples.

XV. 9 Comme le Père m'a aimé, je vous ai aussi aimés. Demeurez dans mon amour.

XV. 10 Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, de même que j'ai gardé les commandements de mon Père, et que je demeure dans son amour.

XV. 11 Je vous ai dit ces choses, afin que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite.

XV. 12 C'est ici mon commandement: Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés.

XV. 13 Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis.

XV. 14 Vous êtes mes amis, si vous faites ce que je vous commande.

XV. 15 Je ne vous appelle plus serviteurs, parce que le serviteur ne sait pas ce que fait son maître; mais je vous ai appelés amis, parce que je vous ai fait connaître tout ce que j'ai appris de mon Père.

XV. 16 Ce n'est pas vous qui m'avez choisi; mais moi, je vous ai choisis, et je vous ai établis, afin que vous alliez, et que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure, afin que ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donne.

XV. 17 Ce que je vous commande, c'est de vous aimer les uns les autres.

XV. 18 Si le monde vous hait, sachez qu'il m'a haï avant vous.

XV. 19 Si vous étiez du monde, le monde aimerait ce qui est à lui; mais parce que vous n'êtes pas du monde, et que je vous ai choisis du milieu du monde, à cause de cela le monde vous hait.

XV. 20 Souvenez-vous de la parole que je vous ai dite: Le serviteur n'est pas plus grand que son maître. S'ils m'ont persécuté, ils vous persécuteront aussi; s'ils ont gardé ma parole, ils garderont aussi la vôtre (voir 17.17).

15.20 : Jésus ne cache pas à des disciples (voir 2.11) ce qui les attend. Ici il leur promet des persécutions, ainsi que dans d’autres circonstances :"Il n'est personne - déclare Jésus - qui, ayant quitté, à cause de moi et à cause de la bonne nouvelle, sa maison, ou ses frères, ou ses soeurs, ou sa mère, ou son père, ou ses enfants, ou ses terres, / ne reçoive au centuple, présentement dans ce siècle-ci, des maisons, des frères, des soeurs, des mères, des enfants, et des terres, avec des persécutions, et, dans le siècle à venir, la vie éternelle" (Marc 10:29 -30). Mais Jésus proclame aussi :"Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des cieux est à eux!" (Matthieu 5:10). "Car celui qui voudra sauver sa vie la perdra, mais celui qui la perdra à cause de moi la trouvera. / Et que servirait-il à un homme de gagner tout le monde, s'il perdait son âme? ou, que donnerait un homme en échange de son âme?" (Matthieu 16:25-26). L’apôtre Paul lui aussi reconnaît : "Or, tous ceux qui veulent vivre pieusement en Jésus-Christ seront persécutés" (2 Timothée 3:12). Or, ces persécutions ne seront pas seulement déclenchées par les païens (Actes 14 :6 ; 2 Corinthiens 11:26) ou par les autorités civiles (Actes 12.1), mais encore par des autorités religieuses qui, en faisant mourir les disciples, croiront "rendre un culte à Dieu" (Jean 16:2). Devenir chrétien n’est donc pas un choix facile. Mais c’est la seule voie qui conduise au salut éternel. Que Dieu vous assiste dans le choix que vous avez à faire !

XV. 21 Mais ils vous feront toutes ces choses à cause de mon nom, parce qu'ils ne connaissent pas celui qui m'a envoyé.

XV. 22 Si je n'étais pas venu et que je ne leur eusse point parlé, ils n'auraient pas de péché; mais maintenant ils n'ont aucune excuse de leur péché.

XV. 23 Celui qui me hait, hait aussi mon Père.

XV. 24 Si je n'avais pas fait parmi eux des oeuvres que nul autre n'a faites, ils n'auraient pas de péché; mais maintenant ils les ont vues, et ils ont haï et moi et mon Père.

XV. 25 Mais cela est arrivé afin que s'accomplît la parole qui est écrite dans leur loi: Ils m'ont haï sans cause.

XV. 26 Quand sera venu le consolateur, que je vous enverrai de la part du Père, l'Esprit de vérité, qui vient du Père, il rendra témoignage de moi (voir note 16.13).

XV. 27 et vous aussi, vous rendrez témoignage, parce que vous êtes avec moi dès le commencement.

Injil - Chapitre XVI

XVI.1 Je vous ai dit ces choses, afin qu'elles ne soient pas pour vous une occasion de chute.

XVI. 2 Ils vous excluront des synagogues; et même l'heure vient où quiconque vous fera mourir croira rendre un culte à Dieu.

XVI. 3 Et ils agiront ainsi, parce qu'ils n'ont connu ni le Père ni moi.

XVI. 4 Je vous ai dit ces choses, afin que, lorsque l'heure sera venue, vous vous souveniez que je vous les ai dites. Je ne vous en ai pas parlé dès le commencement, parce que j'étais avec vous.

XVI. 5 Maintenant je m'en vais vers celui qui m'a envoyé, et aucun de vous ne me demande: Où vas-tu?

XVI. 6 Mais, parce que je vous ai dit ces choses, la tristesse a rempli votre coeur.

XVI. 7 Cependant je vous dis la vérité: il vous est avantageux que je m'en aille, car si je ne m'en vais pas, le consolateur ne viendra pas vers vous; mais, si je m'en vais, je vous l'enverrai.

XVI. 8 Et quand il sera venu, il convaincra le monde en ce qui concerne le péché, la justice, et le jugement:

XVI. 9 en ce qui concerne le péché, parce qu'ils ne croient pas en moi ;

XVI. 10 la justice, parce que je vais au Père, et que vous ne me verrez plus;

XVI. 11 le jugement, parce que le prince de ce monde est jugé.

XVI. 12 J'ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais vous ne pouvez pas les porter maintenant.

XVI. 13 Quand le consolateur sera venu, l'Esprit de vérité, il vous conduira dans toute la vérité; car il ne parlera pas de lui-même, mais il dira tout ce qu'il aura entendu, et il vous annoncera les choses à venir.

16.13 : Dans ce texte, le Saint-Esprit a les attributs d’une personne : il vient, il conduit, il parle, il entend, il annonce les choses à venir. Il n’est donc pas qu’une simple force active. Il est la troisième personne de la Trinité. La Bible dit que c’est lui qui inspire les prophètes (2 Pierre 1.21), que les hommes peuvent l’attrister (Esaïe 63.10 ; Ephésiens 4.30), lui résister (Actes 7.51), blasphémer contre lui (Matthieu 12.31). Il possède les attributs divins d’éternité (Hébreux 9.14), d’omniprésence (Psaume 139.7-10), d’omniscience (2 Corinthiens 2.10 -11), de toute-puissance (Job 33.4 ;Psaume 104.30). Certains textes appellent le Saint-Esprit : Dieu , tandis que d’autres lui assignent une place après du Père et du Fils (Actes 5.3 à comparer à Actes 5.4; 1 Corinthiens 12.4 à comparer à 1 Corinthiens 12.6 ; 2 Corinthiens 1.21-22 ; 2 Corinthiens 3.17 ; 2 Corinthiens 13.13 ; Galates 4.6 ; Ephésiens 2.18 ; Tite 3.4-6 ; Hébreux 9.14 ; Hébreux 10.15-18 à comparer à Jérémie 31.31-35 ; Matthieu 28.19 ; Actes 28.25-26 à comparer à Esaïe 6.5, 9 et à Jean 12.39-41 ; 1 Pierre 1.2 ; 1 Pierre 3.18 ; Esaïe 48.16 ; Esaïe 63.8 -10). Le Saint-Esprit apparaît dans le Coran lors de l’incarnation de Jésus-Christ : "Nous envoyâmes vers elle (Marie) notre esprit. Il prit devant elle la forme d'un homme d'une figure parfaite" (Maryam,19.17). "Souviens-toi aussi de celle (Marie) qui avait conservé sa virginité, et en qui nous soufflâmes une partie de notre esprit..." (Al-Anbiyaa,21.91 ;At-Tahrim, 66.12). Jésus est " un esprit venant d'Allah" (An-Nisaa, 4.171). Il est encore fait mention de l’Esprit-Saint, en relation avec la descente du Coran. "Il (Allah) fait descendre les anges avec l'Esprit de son commandement" (An-Nahl,16.2). " L'Esprit de sainteté te l'a réellement apporté (le Coran) de la part de ton Seigneur ..."( An-Nahl,16.102 ; Ash-Shuaraa, 26.193). En Coran Al-Baqara,2.97, c’est Gabriel qui a fait descendre le Coran. Aussi, certains Musulmans identifient-ils l’Esprit avec Gabriel, appelé "le noble messager" (At-Takwir, 81.19).

XVI. 14 Il me glorifiera, parce qu'il prendra de ce qui est à moi, et vous l'annoncera.

XVI. 15 Tout ce que le Père a est à moi; c'est pourquoi j'ai dit qu'il prend de ce qui est à moi, et qu'il vous l'annoncera.

16.15 : Jésus a souvent parlé de l’identité de vue et de but entre son Père et lui; ici, il parle de la "communauté de biens" entre le Père et lui-même. (Voir aussi Jean XVII.10). Tout ce qui appartient au Père, appartient aussi au Fils et réciproquement. Jésus-Christ est donc l’héritier du Père, comme nous le lisons en Hébreux 1:2 :

" Dans ces derniers temps,(Dieu) nous a parlé par le Fils (littéralement : en fils), qu'il a établi héritier de toutes choses...". Or, Allah dit : "C'est nous (Allah) qui hériterons (narithou) de la terre et de tout ce qui existe sur elle..." (Maryam,19.40). "... nous seuls (Allah) héritons (al-wârithouna) de tout" (Al-Hijr,15.24). Comme le Coran identifie l’héritier avec Allah, il proclame indirectement que Jésus, l’héritier de toutes choses (Hé 1 :2) est Dieu.

XVI. 16 Encore un peu de temps, et vous ne me verrez plus; et puis encore un peu de temps, et vous me verrez, parce que je vais au Père.

XVI. 17 Là-dessus, quelques-uns de ses disciples dirent entre eux: Que signifie ce qu'il nous dit: Encore un peu de temps, et vous ne me verrez plus; et puis encore un peu de temps, et vous me verrez? et: Parce que je vais au Père?

XVI. 18 Ils disaient donc: Que signifie ce qu'il dit: Encore un peu de temps? Nous ne savons de quoi il parle.

XVI. 19 Jésus, connut qu'ils voulaient l'interroger, leur dit: Vous vous questionnez les uns les autres sur ce que j'ai dit: Encore un peu de temps, et vous ne me verrez plus; et puis encore un peu de temps, et vous me verrez.

XVI. 20 En vérité, en vérité, je vous le dis, vous pleurerez et vous vous lamenterez, et le monde se réjouira: vous serez dans la tristesse, mais votre tristesse se changera en joie.

XVI. 21 La femme, lorsqu'elle enfante, éprouve de la tristesse, parce que son heure est venue; mais, lorsqu'elle a donné le jour à l'enfant, elle ne se souvient plus de la souffrance, à cause de la joie qu'elle a de ce qu'un homme est né dans le monde.

XVI. 22 Vous donc aussi, vous êtes maintenant dans la tristesse; mais je vous reverrai, et votre coeur se réjouira, et nul ne vous ravira votre joie.

XVI. 23 En ce jour-là, vous ne m'interrogerez plus sur rien. En vérité, en vérité, je vous le dis, ce que vous demanderez au Père, il vous le donnera en mon nom.

XVI. 24 Jusqu'à présent vous n'avez rien demandé en mon nom. Demandez, et vous recevrez, afin que votre joie soit parfaite.

XVI. 25 Je vous ai dit ces choses en paraboles. L'heure vient où je ne vous parlerai plus en paraboles, mais où je vous parlerai ouvertement du Père.

XVI. 26 En ce jour, vous demanderez en mon nom, et je ne vous dis pas que je prierai le Père pour vous;

XVI. 27 car le Père lui-même vous aime, parce que vous m'avez aimé, et que vous avez cru que je suis sorti de Dieu.

XVI. 28 Je suis sorti du Père, et je suis venu dans le monde; maintenant je quitte le monde, et je vais au Père.

XVI. 29 Ses disciples lui dirent: Voici, maintenant tu parles ouvertement, et tu n'emploies aucune parabole.

XVI. 30 Maintenant nous savons que tu sais toutes choses, et que tu n'as pas besoin que personne t'interroge; c'est pourquoi nous croyons que tu es sorti de Dieu.

XVI. 31 Jésus leur répondit: Vous croyez maintenant.

XVI. 32 Voici, l'heure vient, et elle est déjà venue, où vous serez dispersés chacun de son côté, et où vous me laisserez seul; mais je ne suis pas seul, car le Père est avec moi.

XVI. 33 Je vous ai dit ces choses, afin que vous ayez la paix en moi. Vous aurez des tribulations dans le monde; mais prenez courage, j'ai vaincu le monde.

Injil - Chapitre XVII

XVII.1 Après avoir ainsi parlé, Jésus leva les yeux au ciel, et dit: Père, l'heure est venue! Glorifie ton Fils, afin que ton Fils te glorifie,

XVII. 2 selon que tu lui as donné pouvoir sur toute chair, afin qu'il accorde la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donnés.

XVII. 3 Or, la vie éternelle, c'est qu'ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ.

XVII. 4 Je t'ai glorifié sur la terre, j'ai achevé l'oeuvre que tu m'as donnée à faire.

XVII. 5 Et maintenant toi, Père, glorifie-moi auprès de toi-même de la gloire que j'avais auprès de toi avant que le monde fût.

XVII. 6 J'ai fait connaître ton nom aux hommes que tu m'as donnés du milieu du monde. Ils étaient à toi, et tu me les as donnés; et ils ont gardé ta parole.

XVII. 7 Maintenant ils ont connu que tout ce que tu m'as donné vient de toi.

XVII. 8 Car je leur ai donné les paroles que tu m'as données; et ils les ont reçues, et ils ont vraiment connu que je suis sorti de toi, et ils ont cru que tu m'as envoyé.

XVII. 9 C'est pour eux que je prie. Je ne prie pas pour le monde, mais pour ceux que tu m'as donnés, parce qu'ils sont à toi; -

XVII. 10 et tout ce qui est à moi est à toi, et ce qui est à toi est à moi; -et je suis glorifié en eux.

XVII. 11 Je ne suis plus dans le monde, et ils sont dans le monde, et je vais à toi. Père saint, garde en ton nom ceux que tu m'as donnés, afin qu'ils soient un comme nous.

XVII. 12 Lorsque j'étais avec eux dans le monde, je les gardais en ton nom. J'ai gardé ceux que tu m'as donnés, et aucun d'eux ne s'est perdu, sinon le fils de perdition, afin que l'Ecriture fût accomplie.

XVII. 13 Et maintenant je vais à toi, et je dis ces choses dans le monde, afin qu'ils aient en eux ma joie parfaite.

XVII. 14 Je leur ai donné ta parole; et le monde les a haïs, parce qu'ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde.

XVII. 15 Je ne te prie pas de les ôter du monde, mais de les préserver du mal.

XVII. 16 Ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde.

XVII. 17 Sanctifie-les par ta vérité:

ta parole est la vérité.

17.17 : Ici, Jésus qualifie la Parole de son Père de Vérité. Au verset 14, il affirme avoir apporté au monde la Parole du Père. En Jean 14:24 , Jésus avait déjà déclaré : "... la parole que vous entendez n'est pas de moi, mais du Père qui m'a envoyé". Les apôtres ont qualifié, en plusieurs endroits, l’enseignement de Jésus, c’est-à-dire l’Evangile, de "Parole de Dieu"(Luc 5.1 ; Actes 6.7 ; 1 Thessaloniciens 2.13...voir note 1.0).

Et la Bible déclare que la Révélation est close : "Après avoir autrefois, à plusieurs reprises et de plusieurs manières, parlé à nos pères par les prophètes, Dieu, / dans ces derniers temps, nous a parlé par le Fils (littéralement : parlé dans le Fils), qu'il a établi héritier de toutes choses, par lequel il a aussi créé le monde, / et qui, étant le reflet de sa gloire et l'empreinte de sa personne, et soutenant toutes choses par sa parole puissante, a fait la purification des péchés et s'est assis à la droite de la majesté divine dans les lieux très hauts" (Hébreux 1:1-3). "Bien-aimés, ... je me suis senti obligé de ( vous écrire), afin de vous exhorter à combattre pour la foi qui a été transmise aux saints une fois pour toutes" (Jude 3). L’apôtre Paul lance l’anathème contre quiconque annoncerait un évangile différent de l’évangile authentique : "Mais, quand nous-mêmes, quand un ange du ciel annoncerait un autre Evangile que celui que nous vous avons prêché, qu'il soit anathème!" ( Galates 1:8). Il déclare vaine une foi fondée sur une autre révélation : "Je vous rappelle, frères, l'Evangile que je vous ai annoncé, que vous avez reçu, dans lequel vous avez persévéré, / et par lequel vous êtes sauvés, si vous le retenez tel que je vous l'ai annoncé; autrement, vous auriez cru en vain" (1 Corinthiens 15:1-2). Le Nouveau Testament se termine par un sérieux avertissement contre tous ceux qui ajouteraient ou retrancheraient quoi que ce soit: " Je le déclare à quiconque entend les paroles de la prophétie de ce livre: Si quelqu'un y ajoute quelque chose, Dieu le frappera des fléaux décrits dans ce livre; / et si quelqu'un retranche quelque chose des paroles du livre de cette prophétie, Dieu retranchera sa part de l'arbre de la vie et de la ville sainte, décrits dans ce livre "(Apocalypse 22:18-19). De ce fait, les Chrétiens ne peuvent recevoir le Coran au même titre que l’Ancien et le Nouveau Testament. Mais ils reconnaissent que le Coran est parsemé de nombreuses réminiscences bibliques lesquelles sont accueillies sans réticences (revoir note 1.0).

XVII. 18 Comme tu m'as envoyé dans le monde, je les ai aussi envoyés dans le monde.

XVII.19 Et je me sanctifie moi-même pour eux, afin qu'eux aussi soient sanctifiés par la vérité.

XVII. 20 Ce n'est pas pour eux seulement que je prie, mais encore pour ceux qui croiront en moi par leur parole,

XVII. 21 afin que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et comme je suis en toi, afin qu'eux aussi soient un en nous, pour que le monde croie que tu m'as envoyé.

XVII. 22 Je leur ai donné la gloire que tu m'as donnée, afin qu'ils soient un comme nous sommes un, -

XVII. 23 moi en eux, et toi en moi, -afin qu'ils soient parfaitement un, et que le monde connaisse que tu m'as envoyé et que tu les as aimés comme tu m'as aimé.

XVII. 24 Père, je veux que là où je suis ceux que tu m'as donnés soient aussi avec moi, afin qu'ils voient ma gloire, la gloire que tu m'as donnée, parce que tu m'as aimé avant la fondation du monde.

XVII. 25 Père juste, le monde ne t'a point connu; mais moi je t'ai connu, et ceux-ci ont connu que tu m'as envoyé.

XVII. 26 Je leur ai fait connaître ton nom, et je le leur ferai connaître, afin que l'amour dont tu m'as aimé soit en eux, et que je sois en eux.

Injil - Chapitre XVIII

 

XVIII.1 Lorsqu'il eut dit ces choses, Jésus alla avec ses disciples de l'autre côté du torrent du Cédron, où se trouvait un jardin (le jardin de Gethsémané sur le mont des Oliviers) dans lequel il entra, lui et ses disciples.

XVIII.2 Judas, qui le livrait, connaissait ce lieu, parce que Jésus et ses disciples s'y étaient souvent réunis.

XVIII.3 Judas donc, ayant pris la cohorte, et des huissiers qu'envoyèrent les principaux sacrificateurs et les pharisiens, vint là avec des lanternes, des flambeaux et des armes.

XVIII.4 Jésus, sachant tout ce qui devait lui arriver, s'avança, et leur dit: Qui cherchez-vous?

XVIII.5 Ils lui répondirent: Jésus de Nazareth. Jésus leur dit: C'est moi. Et Judas, qui le livrait, était avec eux.

XVIII.6 Lorsque Jésus leur eut dit: C'est moi (littéralement : Moi : Je suis), ils reculèrent et tombèrent par terre.

XVIII.7 Il leur demanda de nouveau: Qui cherchez-vous? Et ils dirent: Jésus de Nazareth.

XVIII.8 Jésus répondit: Je vous ai dit que c'est moi. Si donc c'est moi que vous cherchez, laissez aller ceux-ci.

XVIII.9 Il dit cela, afin que s'accomplît la parole qu'il avait dite: Je n'ai perdu aucun de ceux que tu m'as donnés.

XVIII.10 Simon Pierre, qui avait une épée, la tira, frappa le serviteur du souverain sacrificateur, et lui coupa l'oreille droite. Ce serviteur s'appelait Malchus.

XVIII.11 Jésus dit à Pierre: Remets ton épée dans le fourreau

Ne boirai-je pas la coupe que le Père m'a donnée à boire?

18.11 : "Car tous ceux qui prendront l’épée périront par l’épée (Matthieu 26 :52)."...Si quelqu'un tue par l'épée, il faut qu'il soit tué par l'épée...." (Apocalypse 13:10) L’arme du chrétien ne doit être que "l’épée de l’Esprit, qui est la Parole de Dieu" (Ephésiens 6:17). Le chrétien est invité à combattre dans la prière (Romains 15:30 ; Colossiens 4:12), pour le maintien de "la foi transmise aux saints une fois pour toutes" (Jude 3). Il doit, d’une part "...faire des prières, des supplications, des requêtes, des actions de grâces, pour tous les hommes" (1 Timothée 2:1) et d’autre part, aimer, non seulement son prochain, mais même ses ennemis : "Mais moi (c’est Jésus, le Prince de la paix [Esaïe 9:5] qui parle ) , je vous dis: Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent (Matthieu 5:44). Le chrétien doit rechercher la paix (Hébreux 12:14). "Heureux ceux qui procurent la paix, car ils seront appelés fils de Dieu!"( Matthieu 5:9).

Le Coran, par contre, demande de tuer, de crucifier, de couper les mains et les pieds opposés aux ennemis d’Allah et du Prophète (Al-Maidah, 5.33), de faire la guerre aux incrédules et aux hypocrites (At-Tauba,9.20 ; At-Tahrim,66.9), de combattre et tuer les infidèles (At-Tauba, 9.123; Muhammad,47.4), de tuer les idolâtres (At-Tauba, 9.5) et les apostats (An-Nisaa,4.89). Mohammed devait exciter les siens au combat (Al-Anfal,8.65), mais en disant à ses combattants : "Ce n'est pas vous qui les tuez, c'est Allah. Quand tu lances un trait, ce n'est pas toi qui le lances, c'est Allah..."(Al-Anfal,8.17).

XVIII.12 La cohorte, le tribun, et les huissiers des Juifs, se saisirent alors de Jésus, et le lièrent.

XVIII.13 Ils l'emmenèrent d'abord chez Anne; car il était le beau-père de Caïphe, qui était souverain sacrificateur cette année-là.

XVIII.14 Et Caïphe était celui qui avait donné ce conseil aux Juifs: Il est avantageux qu'un seul homme meure pour le peuple.

XVIII.15 Simon Pierre, avec un autre disciple, suivait Jésus. Ce disciple était connu du souverain sacrificateur, et il entra avec Jésus dans la cour du souverain sacrificateur;

XVIII.16 mais Pierre resta dehors près de la porte. L'autre disciple, qui était connu du souverain sacrificateur, sortit, parla à la portière, et fit entrer Pierre.

XVIII.17 Alors la servante, la portière, dit à Pierre: Toi aussi, n'es-tu pas des disciples de cet homme? Il dit: Je n'en suis point.

XVIII.18 Les serviteurs et les huissiers, qui étaient là, avaient allumé un brasier, car il faisait froid, et ils se chauffaient. Pierre se tenait avec eux, et se chauffait.

XVIII.19 Le souverain sacrificateur interrogea Jésus sur ses disciples et sur sa doctrine.

XVIII.20 Jésus lui répondit: J'ai parlé ouvertement au monde; j'ai toujours enseigné dans la synagogue et dans le temple, où tous les Juifs s'assemblent, et je n'ai rien dit en secret.

XVIII.21 Pourquoi m'interroges-tu? Interroge sur ce que je leur ai dit ceux qui m'ont entendu; voici, ceux-là savent ce que j'ai dit.

XVIII.22 A ces mots, un des huissiers, qui se trouvait là, donna un soufflet à Jésus, en disant: Est-ce ainsi que tu réponds au souverain sacrificateur?

XVIII.23 Jésus lui dit: Si j'ai mal parlé, fais voir ce que j'ai dit de mal; et si j'ai bien parlé, pourquoi me frappes-tu?

XVIII.24 Anne l'envoya lié à Caïphe, le souverain sacrificateur.

XVIII.25 Simon Pierre était là, et se chauffait. On lui dit: Toi aussi, n'es-tu pas de ses disciples? Il le nia, et dit: Je n'en suis point.

XVIII.26 Un des serviteurs du souverain sacrificateur, parent de celui à qui Pierre avait coupé l'oreille, dit: Ne t'ai-je pas vu avec lui dans le jardin?

XVIII.27 Pierre le nia de nouveau. Et aussitôt le coq chanta.

XVIII.28 Ils conduisirent Jésus de chez Caïphe au prétoire: c'était le matin. Ils n'entrèrent point eux-mêmes dans le prétoire, afin de ne pas se souiller, et de pouvoir manger la Pâque.

XVIII.29 Pilate sortit donc pour aller à eux, et il dit: Quelle accusation portez-vous contre cet homme?

XVIII.30 Ils lui répondirent: Si ce n'était pas un malfaiteur, nous ne te l'aurions pas livré.

XVIII.31 Sur quoi Pilate leur dit: Prenez-le vous-mêmes, et jugez-le selon votre loi. Les Juifs lui dirent: Il ne nous est pas permis de mettre personne à mort.

XVIII.32 C'était afin que s'accomplît la parole que Jésus avait dite, lorsqu'il indiqua de quelle mort il devait mourir.

XVIII.33 Pilate rentra dans le prétoire, appela Jésus, et lui dit: Es-tu le roi des Juifs?

XVIII.34 Jésus répondit: Est-ce de toi-même que tu dis cela, ou d'autres te l'ont-ils dit de moi?

XVIII.35 Pilate répondit: Moi, suis-je Juif? Ta nation et les principaux sacrificateurs t'ont livré à moi: qu'as-tu fait?

XVIII.36 Mon royaume n'est pas de ce monde, répondit Jésus. Si mon royaume était de ce monde, mes serviteurs auraient combattu pour moi afin que je ne fusse pas livré aux Juifs; mais maintenant mon royaume n'est point d'ici-bas.

XVIII.37 Pilate lui dit: Tu es donc roi? Jésus répondit: Tu le dis, je suis roi. Je suis né et je suis venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité. Quiconque est de la vérité écoute ma voix.

XVIII.38 Pilate lui dit: Qu'est-ce que la vérité? Après avoir dit cela, il sortit de nouveau pour aller vers les Juifs, et il leur dit: Je ne trouve aucun crime en lui.

XVIII.39 Mais, comme c'est parmi vous une coutume que je vous relâche quelqu'un à la fête de Pâque, voulez-vous que je vous relâche le roi des Juifs?

XVIII.40 Alors de nouveau tous s'écrièrent: Non pas lui, mais Barabbas. Or, Barabbas était un brigand.

Injil - Chapitre XIX

XIX.1 Alors Pilate prit Jésus, et le fit battre de verges.

XIX.2 Les soldats tressèrent une couronne d'épines qu'ils posèrent sur sa tête, et ils le revêtirent d'un manteau de pourpre; puis, s'approchant de lui,

XIX.3 ils disaient: Salut, roi des Juifs! Et ils lui donnaient des soufflets.

XIX.4 Pilate sortit de nouveau, et dit aux Juifs: Voici, je vous l'amène dehors, afin que vous sachiez que je ne trouve en lui aucun crime.

XIX.5 Jésus sortit donc, portant la couronne d'épines et le manteau de pourpre. Et Pilate leur dit: Voici l'homme.

XIX.6 Lorsque les principaux sacrificateurs et les huissiers le virent, ils s'écrièrent: Crucifie! crucifie! Pilate leur dit: Prenez-le vous-mêmes, et crucifiez-le; car moi, je ne trouve point de crime en lui.

XIX.7 Les Juifs lui répondirent: Nous avons une loi; et, selon notre loi, il doit mourir, parce qu'il s'est fait Fils de Dieu.

XIX.8 Quand Pilate entendit cette parole, sa frayeur augmenta.

XIX.9 Il rentra dans le prétoire, et il dit à Jésus: D'où es-tu? Mais Jésus ne lui donna point de réponse.

XIX.10 Pilate lui dit: Est-ce à moi que tu ne parles pas? Ne sais-tu pas que j'ai le pouvoir de te crucifier, et que j'ai le pouvoir de te relâcher?

XIX.11 Jésus répondit: Tu n'aurais sur moi aucun pouvoir, s'il ne t'avait été donné d'en haut. C'est pourquoi celui qui me livre à toi commet un plus grand péché.

XIX.12 Dès ce moment, Pilate cherchait à le relâcher. Mais les Juifs criaient: Si tu le relâches, tu n'es pas ami de César. Quiconque se fait roi se déclare contre César.

XIX.13 Pilate, ayant entendu ces paroles, amena Jésus dehors; et il s'assit sur le tribunal, au lieu appelé le Pavé, et en hébreu Gabbatha.

XIX.14 C'était la préparation de la Pâque, et environ la sixième heure. Pilate dit aux Juifs: Voici votre roi.

XIX.15 Mais ils s'écrièrent: Ote, ôte, crucifie-le! Pilate leur dit: Crucifierai-je votre roi? Les principaux sacrificateurs répondirent: Nous n'avons de roi que César.

XIX.16 Alors il le leur livra pour être crucifié. Ils prirent donc Jésus, et l'emmenèrent.

XIX.17 Jésus, portant sa croix, arriva au lieu du crâne, qui se nomme en hébreu Golgotha.

XIX.18 C'est là qu'il fut crucifié, et deux autres avec lui, un de chaque côté, et Jésus au milieu.

XIX.19 Pilate fit une inscription, qu'il plaça sur la croix, et qui était ainsi conçue: Jésus de Nazareth, roi des Juifs.

XIX.20 Beaucoup de Juifs lurent cette inscription, parce que le lieu où Jésus fut crucifié était près de la ville: elle était en hébreu, en grec et en latin.

19.20 : Certains exégètes pensent que l’inscription en hébreu était ainsi libellée : "Yéshoua` (Jésus) Hanatzeri (le Nazaréen) Wemêlêkh (et le roi) Hayehoudim (des Juifs)"dont les initiales forment le tétragramme YHWH, c’est-à-dire le nom de Dieu : Yahweh, habituellement traduit par Eternel.

C’est peut-être la raison pour laquelle les principaux sacrificateurs (voir le verset suivant) demandèrent à Pilate de modifier l’inscription.

XIX.21 Les principaux sacrificateurs des Juifs dirent à Pilate: N'écris pas: Roi des Juifs. Mais écris qu'il a dit: Je suis roi des Juifs.

XIX.22 Pilate répondit: Ce que j'ai écrit, je l'ai écrit.

XIX.23 Les soldats, après avoir crucifié Jésus, prirent ses vêtements, et ils en firent quatre parts, une part pour chaque soldat. Ils prirent aussi sa tunique, qui était sans couture, d'un seul tissu depuis le haut jusqu'en bas.

XIX.24 (19-23) Et ils dirent entre eux: (19-24) Ne la déchirons pas, mais tirons au sort à qui elle sera. Cela arriva afin que s'accomplît cette parole de l'Ecriture: Ils se sont partagé mes vêtements, et ils ont tiré au sort ma tunique. "Ils se partagent mes vêtements, ils tirent au sort ma tunique" (Psaumes 22:19 ) . Voilà ce que firent les soldats.

XIX.25 Près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la soeur de sa mère, Marie, femme de Clopas, et Marie de Magdala.

XIX.26 Jésus, voyant sa mère, et auprès d'elle le disciple qu'il aimait, dit à sa mère: Femme, voilà ton fils.

XIX.27 Puis il dit au disciple: Voilà ta mère. Et, dès ce moment, le disciple la prit chez lui.

19.27 : Les frères de Jésus (2.12) ne croyaient pas encore en lui (Jean 7:5). Aussi, sachant qu’il allait bientôt mourir, Jésus rendit à sa mère son ultime devoir filial, celui de lui accorder, dans son épreuve, un soutien moral. Il demanda à Jean de prendre soin d’elle comme un fils le doit à l’égard de sa mère.

XIX.28 Après cela, Jésus, qui savait que tout était déjà consommé, dit, afin que l'Ecriture fût accomplie: J'ai soif.

XIX. 29 Il y avait là un vase plein de vinaigre. Les soldats en remplirent une éponge, et, l'ayant fixée à une branche d'hysope, ils l'approchèrent de sa bouche.

XIX.30 Quand Jésus eut pris le vinaigre, il dit:

Tout est accompli.

Et, baissant la tête, il rendit l'esprit.

19.30 : L’évangile de Matthieu précise qu’auparavant on avait présenté à Jésus du vin mêlé de fiel (Matthieu 27.34). Le mot "fiel" désigne, non seulement la bile, mais aussi diverses plantes amères, anesthésiantes. Marc précise qu’il s’agissait de "myrrhe" (Marc 15.23). Matthieu et Marc signalent qu’après en avoir goûté, Jésus n’en prit pas.

XIX.31 Dans la crainte que les corps ne restent sur la croix pendant le sabbat, -car c'était la préparation, et ce jour de sabbat était un grand jour, -les Juifs demandèrent à Pilate qu'on rompît les jambes aux crucifiés, et qu'on les enlevât.

XIX.32 Les soldats vinrent donc, et ils rompirent les jambes au premier, puis à l'autre qui avait été crucifié avec lui.

XIX.33 S'étant approchés de Jésus, et le voyant déjà mort, ils ne lui rompirent pas les jambes;

XIX.34 mais un des soldats lui perça le côté avec une lance, et aussitôt il sortit du sang et de l'eau.

XIX.35 Celui qui l'a vu en a rendu témoignage, et son témoignage est vrai; et il sait qu'il dit vrai, afin que vous croyiez aussi.

XIX.36 Ces choses sont arrivées, afin que l'Ecriture fût accomplie: Aucun de ses os ne sera brisé.

19.36 : "On ne la mangera (la Pâque) que dans la maison; vous n'emporterez point de chair hors de la maison, et vous ne briserez aucun os" (Exode 12:46 ; voir aussi Nombres 9 : 12 ; Psaume 34 :21). "... Christ, notre Pâque, a été immolé" (1 Corinthiens 5:7).

 

XIX.37 Et ailleurs l'Ecriture dit encore: Ils verront celui qu'ils ont percé.

19.37 : "Oracle, parole de l'Eternel :// Alors (au retour de Jésus) je répandrai sur la maison de David et sur les habitants de Jérusalem un esprit de grâce et de supplication, et ils tourneront les regards vers moi, celui qu'ils ont percé. Ils pleureront sur lui comme on pleure sur un fils unique, ils pleureront amèrement sur lui comme on pleure sur un premier-né" (Zacharie [520-480 av. J.-C.] 12:1, 10).

XIX.38 Après cela, Joseph d'Arimathée, qui était disciple de Jésus, mais en secret par crainte des Juifs, demanda à Pilate la permission de prendre le corps de Jésus. Et Pilate le permit. Il vint donc, et prit le corps de Jésus.

XIX.39 Nicodème (Voir Jean III.1 et ss), qui auparavant était allé de nuit vers Jésus, vint aussi, apportant un mélange d'environ cent livres de myrrhe et d'aloès.

XIX.40 Ils prirent donc le corps de Jésus, et l'enveloppèrent de bandes, avec les aromates, comme c'est la coutume d'ensevelir chez les Juifs.

XIX.41 Or, il y avait un jardin dans le lieu où Jésus avait été crucifié, et dans le jardin un sépulcre neuf, où personne encore n'avait été mis.

XIX.42 Ce fut là qu'ils déposèrent Jésus, à cause de la préparation des Juifs, parce que le sépulcre était proche.

19.42 : L’Ahmadisme, une dissidence de l’Islam, fondée par Mirza Gulam Ahmad (1838-1908), qui a fini par se proclamer Messie et Mahdi, et même réincarnation de Krishna, enseigne que Jésus n’était pas mort sur la croix, mais seulement évanoui et qu’il revint à lui dans la fraîcheur du tombeau. Il serait ensuite parti en Inde où il mourut de mort naturelle et sa tombe se trouverait à Srinagar au Cachemire. Or, le coup de lance (verset 34) confirmait la mort de Jésus. Mais, même en admettant qu’il n’était pas mort sur la croix, les environ cent livres de myrrhe et d'aloès (verset 39) auraient provoqué sa mort. L’Ahmadisme contredit l’Ancien et le Nouveau Testament.

Injil - Chapitre XX

XX.1 Le premier jour de la semaine, Marie de Magdala se rendit au sépulcre dès le matin, comme il faisait encore obscur; et elle vit que la pierre était ôtée du sépulcre.

XX.2 Elle courut vers Simon Pierre et vers l'autre disciple que Jésus aimait, et leur dit: Ils ont enlevé du sépulcre le Seigneur, et nous ne savons où ils l'ont mis.

XX.3 Pierre et l'autre disciple sortirent, et allèrent au sépulcre.

XX.4 Ils couraient tous deux ensemble. Mais l'autre disciple courut plus vite que Pierre, et arriva le premier au sépulcre;

XX.5 s'étant baissé, il vit les bandes qui étaient à terre, cependant il n'entra pas.

XX.6 Simon Pierre, qui le suivait, arriva et entra dans le sépulcre; il vit les bandes qui étaient à terre,

XX.7 et le linge qu'on avait mis sur la tête de Jésus, non pas avec les bandes, mais plié dans un lieu à part.

XX.8 Alors l'autre disciple, qui était arrivé le premier au sépulcre, entra aussi; et il vit, et il crut.

XX.9 Car ils ne comprenaient pas encore que, selon l'Ecriture, Jésus devait ressusciter des morts.

20.9 : "Car tu ne livreras pas mon âme au séjour des morts, Tu ne permettras pas que ton bien-aimé voie la corruption" (Psaume 16:10). Ce texte a été cité par l’apôtre Pierre dans sa prédiction le jour de la Pentecôte (Actes 2 : 31). La résurrection de Jésus est entrevue par Esaïe (740-680 av. J.-C.) "Il a plu à l'Eternel de le briser par la souffrance... Après avoir livré sa vie en sacrifice pour le péché, il verra une postérité et prolongera ses jours...

(Esaïe 53 : 10). Et Jésus lui-même, à maintes reprises, prophétisa sa propre mort, suivi de la résurrection (Matthieu. 17:23 ; 20:19; Jean 20:9).

XX.10 Et les disciples s'en retournèrent chez eux.

XX.11 Cependant Marie se tenait dehors près du sépulcre, et pleurait. Comme elle pleurait, elle se baissa pour regarder dans le sépulcre;

XX.12 et elle vit deux anges vêtus de blanc, assis à la place où avait été couché le corps de Jésus, l'un à la tête, l'autre aux pieds.

XX.13 Ils lui dirent: Femme, pourquoi pleures-tu? Elle leur répondit: Parce qu'ils ont enlevé mon Seigneur, et je ne sais où ils l'ont mis.

XX.14 En disant cela, elle se retourna, et elle vit Jésus debout; mais elle ne savait pas que c'était Jésus.

XX.15 Jésus lui dit: Femme, pourquoi pleures-tu? Qui cherches-tu? Elle, pensant que c'était le jardinier, lui dit: Seigneur, si c'est toi qui l'as emporté, dis-moi où tu l'as mis, et je le prendrai.

XX.16 Jésus lui dit: Marie! Elle se retourna, et lui dit en hébreu: Rabbouni! c'est-à-dire, Maître!

XX.17 Jésus lui dit: Ne me touche pas; car je ne suis pas encore monté vers mon Père. Mais va trouver mes frères, et dis-leur que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu.

XX.18 Marie de Magdala alla annoncer aux disciples qu'elle avait vu le Seigneur, et qu'il lui avait dit ces choses.

XX.19 Le soir de ce jour, qui était le premier de la semaine, les portes du lieu où se trouvaient les disciples étant fermées, à cause de la crainte qu'ils avaient des Juifs, Jésus vint, se présenta au milieu d'eux, et leur dit: La paix soit avec vous!

XX.20 Et quand il eut dit cela, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent dans la joie en voyant le Seigneur.

XX.21 Jésus leur dit de nouveau: La paix soit avec vous! Comme le Père m'a envoyé, moi aussi je vous envoie.

XX.22 Après ces paroles, il souffla sur eux, et leur dit: Recevez le Saint-Esprit.

XX.23 Ceux à qui vous pardonnerez les péchés, ils leur seront pardonnés; et ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus.

XX.24 Thomas, appelé Didyme, l'un des douze, n'était pas avec eux lorsque Jésus vint.

XX.25 Les autres disciples lui dirent donc: Nous avons vu le Seigneur. Mais il leur dit: Si je ne vois dans ses mains la marque des clous, et si je ne mets mon doigt dans la marque des clous, et si je ne mets ma main dans son côté, je ne croirai point.

XX.26 Huit jours après, les disciples de Jésus étaient de nouveau dans la maison, et Thomas se trouvait avec eux. Jésus vint, les portes étant fermées, se présenta au milieu d'eux, et dit: La paix soit avec vous!

XX.27 Puis il dit à Thomas: Avance ici ton doigt, et regarde mes mains; avance aussi ta main, et mets-la dans mon côté; et ne sois pas incrédule, mais crois.

XX.28 Thomas lui répondit:

Mon Seigneur et mon Dieu !

XX.29 (20-28) Jésus lui dit: (20-29) Parce que tu m'as vu, tu as cru. Heureux ceux qui n'ont pas vu, et qui ont cru!

XX.30 Jésus a fait encore, en présence de ses disciples, beaucoup d'autres miracles, qui ne sont pas écrits dans ce livre.

XX.31Mais ces choses ont été écrites afin
que vous croyiez que Jésus est le Christ,
le Fils de Dieu, et qu'en croyant
vous ayez la vie en son nom.

Injil - Chapitre XXI

XXI. 1 Après cela, Jésus se montra encore aux disciples, sur les bords de la mer de Tibériade (voir VI.1). Et voici de quelle manière il se montra.

XXI. 2 Simon Pierre, Thomas, appelé Didyme, Nathanaël, de Cana en Galilée, les fils de Zébédée, et deux autres disciples de Jésus, étaient ensemble.

XXI. 3 Simon Pierre leur dit: Je vais pêcher. Ils lui dirent: Nous allons aussi avec toi. Ils sortirent et montèrent dans une barque, et cette nuit-là ils ne prirent rien.

XXI. 4 Le matin étant venu, Jésus se trouva sur le rivage; mais les disciples ne savaient pas que c'était Jésus.

XXI. 5 Jésus leur dit: Enfants, n'avez-vous rien à manger? Ils lui répondirent: Non.

XXI. 6 Il leur dit: Jetez le filet du côté droit de la barque, et vous trouverez. Ils le jetèrent donc, et ils ne pouvaient plus le retirer, à cause de la grande quantité de poissons.

XXI. 7 Alors le disciple que Jésus aimait dit à Pierre: C'est le Seigneur! Et Simon Pierre, dès qu'il eut entendu que c'était le Seigneur, mit son vêtement et sa ceinture, car il était nu, et se jeta dans la mer.

XXI. 8 Les autres disciples vinrent avec la barque, tirant le filet plein de poissons, car ils n'étaient éloignés de terre que d'environ deux cents coudées.

XXI. 9 Lorsqu'ils furent descendus à terre, ils virent là des charbons allumés, du poisson dessus, et du pain.

XXI. 10 Jésus leur dit: Apportez des poissons que vous venez de prendre.

XXI. 11 Simon Pierre monta dans la barque, et tira à terre le filet plein de cent cinquante-trois grands poissons; et quoiqu'il y en eût tant, le filet ne se rompit point.

XXI. 12 Jésus leur dit: Venez, mangez. Et aucun des disciples n'osait lui demander: Qui es-tu? sachant que c'était le Seigneur.

XXI. 13 Jésus s'approcha, prit le pain, et leur en donna; il fit de même du poisson.

XXI. 14 C'était déjà la troisième fois que Jésus se montrait à ses disciples depuis qu'il était ressuscité des morts.

XXI. 15 Après qu'ils eurent mangé, Jésus dit à Simon Pierre: Simon, fils de Jonas, m'aimes-tu plus que ne m'aiment ceux-ci? Il lui répondit: Oui, Seigneur, tu sais que je t'aime. Jésus lui dit: Pais mes agneaux.

XXI. 16 Il lui dit une seconde fois: Simon, fils de Jonas, m'aimes-tu? Pierre lui répondit: Oui, Seigneur, tu sais que je t'aime. Jésus lui dit: Pais mes brebis.

XXI. 17 Il lui dit pour la troisième fois: Simon, fils de Jonas, m'aimes-tu? Pierre fut attristé de ce qu'il lui avait dit pour la troisième fois: M'aimes-tu? Et il lui répondit: Seigneur, tu sais toutes choses, tu sais que je t'aime. Jésus lui dit: Pais mes brebis.

21.17 : L’apôtre Pierre est mentionné 36 fois dans cet évangile; il fait partie, avec Jean et Jacques du trio des intimes de Jésus (Matthieu 10:2 ; 17:1 ; Marc 13:3 ; 14:33; Luc 8:51) (voir 13.25). Il prend facilement la parole (Luc 5:8 ;18 :8 ; Jean 6:68 ; 13:8 ; 21:21). C’est lui qui a reconnu en Jésus le Messie, en déclarant: "Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant"(Matthieu 16:16). A cette confession, Jésus répondit : "... Tu es heureux, Simon, fils de Jonas; car ce ne sont pas la chair et le sang qui t'ont révélé cela, mais c'est mon Père qui est dans les cieux. / Et moi, je te dis que tu es Pierre (en grec : Pétros, nom masculin), et que sur cette pierre (en grec : pétra, nom féminin) je bâtirai mon Eglise, et que les portes du séjour des morts ne prévaudront point contre elle. / Je te donnerai les clefs du royaume des cieux: ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux, et ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux" (Matthieu 16:17-19). Pour certains , ces paroles de Jésus auraient institué Pierre comme "vicaire" du Christ, c’est-à-dire comme son représentant sur terre, comme chef (tête) de l’Eglise. En fait, ce n’est pas sur "Pétros", mais sur "pétra" - qui est la confession en la messianité et en la divinité de Jésus - que se construit l’ Eglise, dont Jésus est, et restera lui-même, la tête : "Christ est le chef de l'Eglise, qui est son corps, et dont il est le Sauveur" (Ephésiens 1:22 ; 5:23). De plus, le sacerdoce de Jésus est intransmissible (Hébreux 7:24). Et Jésus recommande : "... n'appelez personne sur la terre votre père; car un seul est votre Père, celui qui est dans les cieux. /Ne vous faites pas appeler directeurs (guides, docteurs); car un seul est votre Directeur, le Christ" (Matthieu 23:9 -10). Jésus désapprouve donc les titres de Saint-Père ou Pape (qui signifie "père") donnés à un homme. Pierre lui-même ne s’est pas considéré comme supérieur aux autres (1 Pierre 5:1). Il n’était pas infaillible et Jésus a dû le reprendre vivement : "Arrière de moi, Satan! tu m'es en scandale; car tes pensées ne sont pas les pensées de Dieu, mais celles des hommes" (Matthieu 16.23). Même après l‘ascension de Jésus au ciel, Pierre n’était pas irréprochable (Galates 2:11). Ce n’est pas non plus lui qui ouvrit le premier concile de l’Eglise et c’est Jacques qui fit le discours de clôture (Actes 15:6, 13). Pierre et Jean furent envoyés par les autres apôtres en Samarie (Actes 8:14). Les clés du royaume des cieux, c’est-à-dire le pouvoir de lier et de délier, ont été confiés à tous les disciples (Matthieu 18:18). Le royaume de Jésus est de nature spirituelle et n’est pas de ce monde (Jean 18:36). Jésus n’était jamais le chef d’une cité terrestre. "Mais notre cité à nous - écrit l’apôtre Paul - est dans les cieux..." ( Philippiens 3:20). Ici, Jésus demande à Pierre trois fois s’il l’aime, parce qu’il l’avait aussi renié trois fois, lors de son arrestation (Jean 13:38 ; Matthieu 26: 69 -75). La mission de paître les agneaux et les brebis , qui est confiée à Pierre, est la mission de tous les anciens ( pasteurs, évêques) (Actes 20:28; 1 Pierre 5:2).

 

XXI. 18 En vérité, en vérité, je te le dis, quand tu étais plus jeune, tu te ceignais toi-même, et tu allais où tu voulais; mais quand tu seras vieux, tu étendras tes mains, et un autre te ceindra, et te mènera où tu ne voudras pas.

XXI. 19 Il dit cela pour indiquer par quelle mort Pierre glorifierait Dieu. Et ayant ainsi parlé, il lui dit: Suis-moi.

XXI. 20 Pierre, s'étant retourné, vit venir après eux le disciple que Jésus aimait (Jean), celui qui, pendant le souper, s'était penché sur la poitrine de Jésus, et avait dit: Seigneur, qui est celui qui te livre?

XXI. 21 En le voyant, Pierre dit à Jésus: Et celui-ci, Seigneur, que lui arrivera-t-il?

XXI. 22 Jésus lui dit: Si je veux qu'il demeure jusqu'à ce que je vienne, que t'importe? Toi, suis-moi.

XXI. 23 Là-dessus, le bruit courut parmi les frères que ce disciple ne mourrait point. Cependant Jésus n'avait pas dit à Pierre qu'il ne mourrait point; mais: Si je veux qu'il demeure jusqu'à ce que je vienne, que t'importe?

XXI. 24 C'est ce disciple qui rend témoignage de ces choses, et qui les a écrites. Et nous savons que son témoignage est vrai.

21.24 : L’apôtre Jean (voir 13.23), déporté " dans l'île appelée Patmos, à cause de la parole de Dieu et du témoignage de Jésus"(Apocalypse 1.9) est un témoin oculaire de ce qu’il nous a révélé :"Ce que nous avons vu et entendu, écrit-il dans son épître, nous vous l'annonçons, à vous aussi, afin que vous aussi vous soyez en communion avec nous. Or, notre communion est avec le Père et avec son Fils Jésus-Christ" (1 Jean 1:3). Selon la tradition, il aurait été libéré de sa déportation sous le règne de l’empereur Nerva, en 96 et serait retourné à Ephèse. Il écrivit son Evangile vers les années 80 à 90, peut-être même avant,

pour des lecteurs - comme nous l’avons déjà mentionné - sensés connaître le contenu des évangiles synoptiques (Matthieu, Marc, Luc). Polycarpe, Papias et Ignace suivirent l’enseignement de Jean ; Irénée, disciple de Polycarpe, déclara que Jean demeura à Ephèse jusqu'à sa mort, qui se produisit sous l’empereur Trajan, qui régna de 98 à 117.

XXI. 25 Jésus a fait encore beaucoup d'autres choses; si on les écrivait en détail, je ne pense pas que le monde même pût contenir les livres qu'on écrirait.

21.25 : S’agit-il ici d’une figure de style littéraire pour signifier qu’il est impossible de consigner tout ce que Jésus a fait? Mais, comme Jésus est le créateur (voir 1.3) de l’Univers, de l’infiniment petit et de l’infiniment grand, et des lois qui régissent le monde inerte et le monde vivant, qu’en lui tous les hommes ont la respiration, la vie, le mouvement et l’être (Actes 17 : 25, 28), l’affirmation de l’apôtre n’est guère exagérée.

Mais devant le Seigneur de l’Univers, ne nous sentons-nous pas comme écrasés ? Car le Tout-Puissant est aussi un Dieu infiniment Saint et infiniment Juste ! Qui pourrait subsister ? Nous avons déjà vu que le péché est une maladie universelle. L’homme est incapable de se purifier lui-même de ses péchés. Le psalmiste dit que l’homme ne peut "donner à Dieu le prix du rachat"(Psaume 49:8). "Quand tu te laverais avec du nitre, quand tu emploierais beaucoup de potasse, ton iniquité resterait marquée devant moi, dit le Seigneur, l'Eternel" (Jérémie [626-585 av. J. - C.]2:22).

Mais la Bible nous apprend aussi que "Dieu est Amour" (1 Jean 4 : 8 et 16). Et dans son amour, il a pourvu à notre salut en s’impliquant lui-même dans notre rachat : "Car Dieu était en Christ, réconciliant le monde avec lui-même, en n'imputant point aux hommes leurs offenses, et il a mis en nous la parole de la réconciliation. // Celui qui n'a point connu le péché, il l'a fait devenir péché pour nous, afin que nous devenions en lui justice de Dieu (2 Corinthiens 5: 19, 21). (voir aussi 8.24). Cette réconciliation s’obtient par la foi (voir Jean 6 : 47 et note 3.16 ).

Avec l’apôtre Paul, " nous vous en supplions au nom de Christ: Soyez réconciliés avec Dieu! " (2 Corinthiens 5:20).





Index des citations bibliques
par ordre alphabétique

La référence de la citation biblique cible est suivie de la ou des références de l'évangile de Jean concernées (en italique).

Actes des Apôtres :

1 :2 : 1.3
1 : 3 : 6.62
1 : 9-11 : 1.45 ;1.51 ; 6.62
1 : 14 : 2.5 ; 2.12 ; 7.5
2 : 4 : 14.17
2 :16 : 1.45
2 : 27 : 10.18
2 : 31, 32, 33 : 1.45 ; 20.9
2 : 41 : 1.33
3 : 14 : 8.46
3 : 19-21 : 6.62
3 : 22-23 : 14.17
4 : 5, 6, 15 : 10.22
4 : 12 : 14.6
5 : 3-4 : 16.13
5 : 21 : 11.47
6 : 7 : 17.17
6 : 8 : 1.14
6 : 15 : 11.47
7 : 3 : 2.12
7 : 14 : 2.12
7 : 51 : 16.13
7 : 52 : 8.46
7 : 59 : 14.14
8 : 14 : 8.46
8 :36-37 : 1.33
9 : 14, 21 : 14.14
10 : 24 : 2.12
11 : 26 : 2.11
12 : 1 : 15.20
16 : 14 : 1.33
17 : 31 : 3.17
18 : 18 : 1.33
20 : 28 : 1.2 ; 21.17
22 : 7 : 5.10
22 : 16 : 1.33
28 : 25-26 : 16.13

Aggée :

2:7-9 : 1.45

Amos :

8 : 9 : 1.45

Apocalypse :

1 : 9 : 21.24
5 : 8 :14.14
13 : 8 : 1.15
13 : 10 : 18.11
14 : 6 : 1.0
17 : 14 : 1.49
19 : 10 : 14.14
22 : 9 : 14.14
22 : 18-19 :17.17

Cantique des cantiques :
5 : 16 : 14.17

 
Colossiens :

1 : 15 : 1.2
1 : 16 : 1.3
2 : 9 : 1.2
2 : 12 : 1.33
2 : 16-17 : 4.24 ; 5.10
3 : 6 : 1.2
4 : 10 : 2.12
4 : 12 : 18.11

 
1 Corinthiens :

1 : 2 : 14.14
5 : 7 : 19.36
6 : 9-10 : 8.4
7 : 15 : 4.18
8 : 4 et 6 : 1.2 ; 14.14
9 : 5 : 2.12
10 : 19-20 : 14.14
11 : 24-25 : 6.56
15 : 1-2 : 1.0 ; 17.17
16 : 2 : 5.10

2 Corinthiens :

1 : 21-22 : 16.13
2 : 10-11 : 16.13
2 : 17 : 1.0
3 : 17 : 16.13
4 : 2 : 1.0
4 : 4 : 1.2
4 : 4 : 1.0, 1.2
5 : 17-21 : 1.2 ; 3.7 ; 21.25
5 : 19, 20, 21 : 1.2 ; 1.33 ; 8.24 ; 21.25
8 : 9 : 14.28
11 : 26 : 15.20
13 : 13 : 16.13

 
Daniel :

9 : 25-26 : 1.41

Deutéronome :

5 : 8 : 14.14
16 : 16 : 4.24
16 : 16 : 7.2
18 : 12 : 14.14
18 : 18-20 : 1.17 ; 14.7

Ecclésiaste :

12 : 1 : 1.3

Ephésiens :

1 : 4 : 1.15
1 : 13 : 1.0
1 : 22 : 21.17
2 : 2 : 1.2
2 : 8-10 : 3.16 ; 16.13
4 : 6 : 1.2
4 :8 : 1.45
4 : 30 : 16.13
5 : 6 : 1.2
5 : 23 : 21.17
5 : 18 : 2.10
6 : 15 : 1.0
6 : 17 : 18.11

Esaïe :

4 : 17 : 1.45
6 : 5, 9 : 16.23
9 : 5 : 1.2 ; 14.17 ; 14.28 ; 18.11
11 : 1, 2a : 1.45 ; 1.46
21 : 7-9, 13 : 14.17
24 : 4 : 1.17
29 : 18 : 1.45
32 : 4 : 1.45
35 : 5-6 : 1.45
40 : 3 : 1.8 ; 1.13 ; 1.45
41 : 24, 29 : 14.14
42 : 1-4 : 14.17
44 : 24 : 1.3
44 : 28 : 14.17
45 : 1 : 14.17
46 : 11 : 14.17
48 : 19-6 : 16.13
49 : 1-5 : 14.17
50.6 : 1.45
53 : 7 : 1.29
53 : 5-12 : 1.45 ; 20.9
53 : 9-10 : 10.18
61 : 1 : 1.41
63 : 8-10 : 16.13 ; 16.30
66 : 1 : 6.56

Exode :

3 : 14-15 : 1.17 ; 6.35
12 : 46 : 19.36
16 : 31 : 6.49
20 : 4 : 14.14
20 : 14 : 8.4
23 : 17 : 4.24
24 : 4 : 1.17
31 : 15-16 : 5.10

Ezéchiel :

34 : 11, 14, 15, 23 : 14.28

Galates :

1 : 8 : 1.0
3 : 7 : 8.33
3 : 16 : 8.33
3 : 29 : 8.33
4 : 6 : 16.13
4 : 10 : 5.10

Genèse :

1 : 1 : 1.3
15 : 18 : 8.33
16 : 10 :14.17
22 : 18 : 8.33

Hébreux :

1 : 2 : 1.3 ; 16.15
1 : 8-9 : 1.2
4 : 16 : 8.46
7 : 24 : 21.17
7 : 26 : 8.24
9 : 14 : 16.13
9 : 24 : 6.56
9 : 27 : 5.24
10 : 15-18 : 16.13

 
Jacques :

2 : 19 : 1.2
2 : 27 : 8.46


Jean :

1 : 1 : 1.2
1 : 27 : 8.46
3: 16 : 5.24
3 : 35 : 1.2
3 : 36 : 5.24
5 : 20 : 1.2
5 : 22 : 3.17
6 : 35 : 6.56
6 : 37 : 5.6
6 : 38 : 14.28
6 : 47 : 5.24 ; 21.25
6 : 54 : 5.24
8 : 12 : 1.5 ; 6.35 ; 6.56
9 : 24, 28, 58 : 6.35
9 : 31 : 14.14
10 : 7 : 6.56
10 : 11 : 6.35
11 : 25 : 6.35
14 : 6 : 6.35 ; 6.56
14 : 9, 10, 11 : 14.28
14 : 31 : 1.2
15 : 1 : 6.35 ; 6.56
15 : 26 : 14.28
16 : 2 : 14.28
17 : 10 : 17.10
17 : 24 : 1.2 ; 14.28
19 : 25 : 13.23
19 : 37 : 3.15
20 : 1 : 5.10
20 : 2 : 13.23
20 : 27-28 : 1.2 ; 3.15

1 Jean :

1 :3 : 21.24
4 : 8, 16 : 21.25

Jérémie :

2 : 22 : 21.25

Job :

33 : 4 : 1.3

Jude :

1 : 3 : 1.0

Luc :

1 : 28 : 1.14
1 : 47-48 : 8.46
1 : 68-79 : 1.8
4 : 38 : 2.23
5 : 12, 13 : 2.23
6 : 6 : 2.23
7 : 11, 14 : 2.23
8 : 41, 43 : 2.23
8 : 55 : 2.23
13 : 11 : 2.23
14 : 2 : 2.23
16 : 19-31 : 5.47
16 : 23 : 5.24
17 : 12 : 2.23
22 : 51 : 2.23

Malachie :

2 : 10 : 1.2 ; 1.3

Marc :

1 : 41 : 2.23
2 : 1 : 2.23
2 : 27 : 5.10
9 : 25 : 2.23
10 : 9 : 3.16
10 : 29-30 : 15.20

Matthieu :

3 : 3 : 1.8
3 : 14 : 8.46
4 : 2.23 : 2.23
5 : 10 : 15.20
5 : 32 : 4.18
8 : 3 : 2.23
8 : 28 ; 2.23
9 : 28 : 2.23
9 : 32 : 2.23
9 : 35 : 2.23
11 : 9 et 11 : 1.8 , 8.46
11 : 28 : 5.6
12 : 8 : 5.10
12 : 12 : 5.10
12 : 15 : 2.23
12 : 22 : 2.23
16 : 25-26 : 15.20
17 : 3 : 1.17
17 : 17 : 2.23
19 : 6, 8, 9 : 4.18
25 : 46 : 5.24

Nombres :

13 : 17 : 1.17
21.6-9 : 3.15
33 : 2 : 1.17

Philippiens :

2: 6 : 1.2

1 Pierre :

1 : 20 : 1.15
1.23 : 1.0

2 Pierre :

3 : 9 : 3.16

Proverbes :

30 : 4 : 1.2

Psaumes :

2 : 12 : 1.2
14 : 3 : 8.46
22 : 17 : 3.15
33 : 6 : 1.3
49 : 8 : 21.25
53 : 4 : 8.46
102 : 19 : 5.10
149 : 2 : 1.3

2 Rois :

18 : 4 : 3.15
Romains :

3 : 10, 12, 23 : 8.46
3 : 23-25 : 3.16
3 : 30 : 1.2
5 : 12 : 8.46
6 : 10 : 1.13
6 : 23 : 5.24
9 : 5 : 1.2
14 : 5-6 : 5.10

2 Thessaloniciens :

2 : 3 : 1.2

1 Timothée :

1 : 11 : 1.0
2 : 4 : 1.51 ; 3.16 ; 5.6
2 : 5-6 : 1.2, 14.6

2 Timothée :

3 : 12 : 15.20

Tite :

3 : 5 : 3.7

Zacharie :

12 : 11 : 3.15


Index des citations coraniques
par ordre numérique

Al-BaqaraAl-Imran
2.47 : 1.173.3 : 1.0
2.57 : 6.493.4-5 : 1.2
2.65 :4.103.37 : 2.5
2.75 : 1.03.39 : 1.2 ; 1.8 ;1.14
2.87 : 1.17; 3.153.42 : 1.51
2.116 : 1.23.45 : 1.2 ; 1.14 ; 1.41 : 1.51
2.127 : 1.23.46 : 1.33
2.136 : 1.03.48 : 1.0
2.216 : 1.23.49 : 1.3
2.226-230 : 4.183.52 : 2.11
2.242 : 4.183.55 : 3.15
2.253 : 1.143.65 : 1.0
2.177 : 1.2 , 2.53.78 : 1.0
2.195 : 1.23.90 : 1.2
2.196 : 4.243.108 : 3.16
3.129 : 3.16
3.133 : 3.16
An-NisaaAl-Maidah
4.3 : 2.25.13 : 1.0
4.36 : 1.25.17 : 1.41
4.43 : 2.105.21 : 1.17
4.46 : 1.05.40 : 3.16
4.110 : 1.05.41 : 1.0
4.124 : 3.165.44 : 1.5
4.157, 158 : 1.14 ; 1.41 ; 3.155.46 : 1.0 ; 1.2 ; 1.5
4.171 : 1.2 ; 1.14 ; 1.415.48 : 1.0
4.172 : 1.415.72 : 1.41
5.75 : 1.41
5.68 : 1.0 ; 1.45 ; 5.47
5.90: 2.10
5.110 à 112, 114 : 1.14 ; 2.11; 2.23
5.116 : 1.2
Al-AnamAl-Araf
6.34 : 1.07.160 : 6.49
6.85 : 1.8 ; 1.21
6.101 : 1.2
6.115 : 1.0
6.154 : 1.17
Al-Anfal At-Tauba
8.41 : 1.29.30-31 : 1.2 ; 1.41
9.60 : 1.2
Yunus
10.64 : 1.011
10.68 : 1.2
IbrahimAl-Hijr
14.4 : 3.1615.9 : 1.0
15.24(23) :16.15
An-NahlAl-Isra
16 : 32 : 3.1617.26 : 1.2
16.93 : 3.1617.104 : 1.17
17.111 : 1.2
Al-KahfMaryam
18.4 : 1.219.7 : 1.8
18.27 : 1.019.15 : 3.15
19.19 : 1.2 ; 8.46
19.21 : 1.14
19.33 : 3.15
19.35 : 1.2
19.40 : 16.15
19.88 : 1.2
19.91, 92 : 1.2
TahaAl-Anbiyaa
20.80 : 6. 49 21.26 : 1.2
21.58 : 3.16
21.90 : 1.8
21.91 : 2.5
Al-HajjAl-Muminun
22.27 : 4.2423.49 : 1.17
23.91 : 1.2
Al-Furqan
24 25.2 : 1.2
2627
Al-Ankabut
2829.21 : 3.26
 
Ar-Rum
30.38 : 1.231
Al-Ahzab
3233.50 : 2.2
33.62 : 1.2
Fatir
3435.8 : 3.16
As-Saffat
3637.101 : 1.2
37.123 : 1.21
37.130 : 1.21
Az-Zumar
3839.4 : 1.2
Az-Zukhruf
4243.61 : 1.14
Al-Fath
48.14 : 3.1649
48.23 : 1.0
Az-Zariyat
5051.28 : 1.2
Al-Hadid
5657.27 : 1.0; 1.2
Al-Hashr
58 59.7 : 1.2
As-Saff
6061.14 : 2.11
6263
At-Talaq
6465.1-2 : 4.18
At-Tahrim
66.12 : 2.5
68
70
72
Al-Muddathir
74.31 : 3.16
76
78
80
Al-Mutaffifo
8283.25 : 2.10
Al-Gashiya
88.91-92 : 2.1

Index alphabétiques des notes

Abraham : 1.29, 8.33Adorateurs (vrais) : 4.24
Adultère : 8.4, 8.6Agneau : 1.29
Allah : 1.3 Altération des Ecritures : 1.0
Anges : 1.51Ansârou Allahi : 2.11
Antichrist : 1.14Ascension : 6.62
Baptême : 1.33 , 3.23Béthanie :11.1
Bethléhem : 1.16 ; 1.33
Cène (sainte) : 6.51 ; 6.56Chemin : 14.6
Christ : 1.49Créateur : 1.3
Crucifixion : 3.15
Dédicace : 10.25Denier : VI.7
Disciples : 2.11Divinité de Jésus : voir Trinité
Divorce : 4.12
Ecritures : 1.0 , 1.45Elevé (le Fils de lhomme) : 3.15
Elie : 1.21Elohim : 1.3
Enfant de Dieu : 1.13Epée : 18.11
Eternel : 1.17Eucharistie : 6.51 ; 6.56
Evangile : 1.0
Falsification des Ecritures : 1.0Filialité divine de Jésus : 1.2
Fils de Dieu : 1.2Foi : 3.16
Frères de Jésus : 2.12 ; 19.27
Galilée : 4.5Ghoulâm : 1.2
Grâce (plein de) : 1.14Guérisons : 5.6
Hadj : 4.24 al-hawâriyyoûna : 2.11
Héritier de toutes choses :16.15
Ibn : 1.2Ibnou Allahi : 1.2
Ibrâhima : 8.33Ilyas : 1.24
Inaccessible : 14.28Incarnation : 1.2 ; I:14
Injil : 1.0
Jacob : 1.57 Jean (l’apôtre) : 13.23 , 19.27 ; 21.25
Jean-Baptiste : 1.8 ;1.23 "Je suis" : 1.17 ; 6.35 ; 8.24
Judas : 6.71 Judée : 4.5
 
Kalima : 1.2 Kalimatullah : 1.2 ; 1.8 ; 1.14
Khalaqa : 1.3Al-Khâliq : 1.3
Lévites : 1.19 Logos : 1.2
Lumière : 1.5
Manne : 6.49 Mariage : 2.2
Marie : 2.5 ; 2.12 ; 19.27 al-Massih : 1.41
Messie : 1.41 Miracles : 2.23
Mission de Jésus : 1.13 Moïse : 1.17 ; 5.47
Monogamie : 2.2Monothéisme biblique : 1.2
Mort de Jésus : 3.15al-Moutakabbir : 14.28
Naissance virginale : 2.5 Nathanaël : I.45 et ss
Nazareth : 1.16 Narithou : 16.15
Néhuchstan :3.15 Nés de Dieu : 1.13
Nicodème : 1.19 ; III.1 ; 4.9 ;VII.50 ; XIX.39
Nom de Dieu : 1.17Nous : 1.3
Nouvelle création : 1.13 ; 3.7Nouvelle naissance : 1.13 ; 3.7
 
Pain de vie : 6.51 Pape : 21.17
Pâque : 2.13 Parole de Dieu : 1.0
Parole : 1.1 ; I.14Pâque :2.13
Péché (Jésus sans -) : 8.46Pèlerinage : 4.24
Père : 1.2 Persécution : 15.20
Pierre : 21.17Plein de grâce : 1.14
Polygamie : 2.2 Préexistence de J.-C. : 1.15
Prières : 14.14Prophète : 1.17
Prophéties messianiques : 1.45
Répudiation : 4.18 Résurrection : 20.9
Retour de Jésus-Christ : 6.56 Royauté de Jésus : 1.49
Sabbat : 5.10Sacrificateurs : 1.19
Sainte-Cène : 6.51 ; 6.56 Saint-Esprit : 15.13
Salut gratuit : 3.16 , 21.25 Samarie, Samaritains : 4.5 ; 4.24
Sanhédrin : 11.47Scribes : VIII .3
Serpents brûlants : 3.15 Singes : 5.10
Soeurs de Jésus : 2.12
 
Tawaffa : 3.15 Tibériade : VI.I
Transsubstantiation : 6.56Trinité (= Tri-unité) : 1.2 ; 1.3 ; 8.24 ; 14.28 ; 16.15
 
Verbe : 1.1 Vin : 2.10
Virginale (naissance) : 2.5
Walad : 1.1 Al-wârithoûna : 16.156
Yahia : 1.6 ; 1.8
YHWH (Yahvéh): 1.17, 19.20

Ce livre de l'injil n’est pas destiné à la vente ;
mais il peut être prêté, offert ou photocopié.
Veuillez prier pour la personne
à qui vous le prêtez ou à qui vous l’offrez,
afin qu’elle y trouve la Vérité et le Salut
que Dieu nous a offert en Jésus-Christ.
Que Dieu vous bénisse!

R.S. Abd-al-Haqq

Texte intégral de l'injil (Indjil ou évangile) de Jésus le Messie